I. VouziERS : 3i™e (j^Q Lamballe, p
Tout cet appareil de charité nous fait un peu sourire ou nous fatigue, parce que tous les panég-yristes des princes, à l'aube du romantisme, l'ont vanté jusqu'à l'abus, en des livres attendris et pompeux... On met donc une certaine pudeur à ne point faire le dénombrement minutieux des aumônes de la princesse. Mais quand on songe que, jusqu'à sa mort, elle ne se lassera jamais et recherchera toujours l'occasion de pratiquer une charité discrète et sans ostentation qui, celle-là, n'est pas encore très conforme aux habitudes du temps et du monde dans lequel elle vivait, le sentiment se dégage de plus en plus nettement de sa haute valeur morale.
Celte valeur morale allait être mise à une rude épreuve quand, quelques semâmes plus tard, le duc d'Orléans, rentré en grâce, réintégra Paris...
Mais avant de l'y suivre, accompagnons la princesse ailleurs. En parlant de ses nombreux déplacements, j'en ai passé plusieurs sous silence. Ce sont les séjours prolongés qu'elle faisait plusieurs fois par an chez son père, « qui était son guide en tout^ » Il serait fastidieux de tracer son itinéraire annuel et de noter chacune de ces villégiatures, car depuis l'époque du mariage de sa fille jusqu'en 13789, la cour du duc de Penthièvre ne change pas d'une manière appréciable. Arrêtons-nous donc un moment dans la marche des événements pour connaître un peu cette cour — sans souci des dates —
I. C'est l'expression qu'elle emploie en parlant de lui (Archives particulières).
et pour dire dans quelle atmosphère la duchesse d'Orléans allait chercher un peu de détente auprès d'un homme que nous avons connu jeune et que nous retrouvons maintenant mûri par l'âge et les chagrins.