Mémoires de doiii Gouhdemanche, p
2. Le château de Châteauneuf appartient actuellement à M. Saint-Gilles. Cf. Châteauneuf et ses développements, par labbé Bardin. Orléans, 1864.
3. Cf. pour les séjours du prince à Sceaux, l'excellente Histoire de Sceaux, parE. Adviclle, Sceaux, i883.
assiste toujours, et il ne néglige rien pour que le lieu de plaisance paraisse agréable au public.
Au sujet de Sceaux, nous avons d'ailleurs sa profession de foi, laquelle, il faut en convenir, est — poussée jusqu'à la suprême puissance — celle des Grands de l'époque, qui, on doit le reconnaître, pratiquaient très noblement l'iiospitalité la plus large.
« Ce que je fais à Sceaux, dit-il, n'est pas pour moi, mais pour le public ; car le séjour de Sceaux ne me convient pas. Il est bon, il est même nécessaire que cette immense quantité d'habitants de Paris, de tant de classes et de fortunes différentes, trouve, à des distances rapprochées et sur différents points, des lieux de réunion qui lui offrent des objets d'agrément et de curiosité. Il n'y a que les Maisons Royales ou celles des princes qui puissent remplir ces vues d'agréments publics ; il ne faut pas négliger une chose aussi nécessaire, quand on se trouve en état de le faire. Il y a encore une autre considération, c'est à l'égard des étrangers, pour qui la France, et surtout Paris, sont des objets de curiosité ; il faut que chacun contribue à les maintenir dans cette disposition, et les engage à venir nous visiter, en nous faisant aimer par notre politesse, et notre goùt^ »
Il serait fastidieux de nous promener dans tous les châteaux du duc de Penthièvre, de le suivre à Crécy-en-Brie -, à Brie-Gomte-Robert, à La Ferté-
1, FORTAIRE, p. 120.
2. Le duc de Penthièvre venait assez rarement dans ses terres de Brie (Cf. Le dernier Seigneur de Brie-Comte-Robert, par
Vidame, à Armainvilliers, à Amboise qu'il achètera, et où la duchesse d'Orléans, ne fit que de rapides séjours, à Yernon et à Eu, où nous retrouverons le père et la fille dans la suite de cet ouvrage, et nous ne nous arrêterons qu'à Anet.
Le château d'Anet, s'il en faut croire Florian, fut un des lieux de prédilection de la duchesse d'Orléans.
Et c'est à Anet que son père se laissait le moins aller à la mélancolie. Il avait hérité du comte d'Eu^ cette magnifique demeure, à laquelle le nom de Diane de Poitiers restera toujours attaché.
Il était vraiment d'aspect enchanteur, ce château d'Anet, qui cachait au milieu des peupliers et des aunes ses cheminées blasonnées de lis et d'acanthe, et qui conservait toute la grandeur des châteaux féodaux, sans en avoir aucune des sévérités. Les plus admirables artistes delà Renaissance s'étaient donné le mot pour en faire un chef-d'œuvre. Sur
G. Drouix, 1910, et Le duc de Penthièvre, derrder seigneur de Crécy~en-Brie, par G. Hussox. (Almanacli historique de Seineet-Marne, 191 1), car ses châteaux n'étaient guère en état de le recevoir. A Crécj-, il descendait dans un couvent (Le Paire : Le Comté de Crécy, 1910). Le prince était très populaire dans ces contrées. Son portrait est conservé à la mairie de Grécyen-Brie.
En 1784, il acheta La Ferté- Vidame qu'il destinait à la
I. En réalité, il serait plus exact de dire que le duc de Penthièvre n'hérita point directement de son cousin, dont Louis XV avait racheté tous les biens, pour la somme de douze millions. Mais la considération de sommes considérables dues au duc de Penthièvre, par suite de l'achat et de l'arrérage des rentes, lit prendre le parti de céder à ce prince le marché de Louis XV avec le comte d'Eu. Le contrat fut passé devant Armand, notaire, le 28 août 17-5.
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les fenêtres des salles, Jean Cousin avait raconté les fables de l'antiquité, Palissy, ou l'un de ses élèves, avait orné les tables et les crédences de ses faïences magnitiques, aux chiffres de Henri II et de Diane, dont l'image régnait partout « couverte d'habits grecs à l'antique, la jambe adornée de son fin caleçon de soie florence, et l'arc turquois en main * », et Philibert Delorme avait dessiné les portiques, accouplé les colonnes, détaché sur le ciel les crêtes aux arabesques dorées et les lucarnes, oii se retrouvaient encore, inévitables, les croissants et les chiffres de la belle et voluptueuse maîtresse du Roi de France -.
Enfin, autour du château, c'étaient partoutdes terrasses immenses, des pavillons discrets, des fontaines jaillissantes et des divinités ciselées par Jean Goujon, qui, dans la verte pénombre des bois, souriaient encore de leur immobile sourire de marbre.
Ce château, où planait encore troublant le souvenir de la grande amoureuse qui l'avait somptueusement meublé, et où plus tard le duc de Vendôme avait mené joyeuse vie, en attendant que le duc du Maine en fût possesseur, ce château, enfin, qui semblait prédestiné à tout le « côté gauche » de la Maison de France, le duc de Penthièvre le purifia par sa présence, comme nous l'a ditFlorian en des vers assez faciles :