‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 120 sur 168 · Abbé Lambert. Fort aire : Op. cit · texte numérisé non relu

Abbé Lambert. Fort aire : Op. cit

Et quel souci de l'étiquette quand il les reçoit ! Combien il éprouve le besoin d'être « rassuré » sur le moindre de ses gestes î

Il conviendrait, pour s'en rendre compte, de lire les innombrables billets raturés, corrigés, modifiés, qu'il rédige au sujet du moindre cérémoniai, quand il demande conseil à M. de Lastic ou à son ami le comte de Pons Saint-Maurice, premier gentilhomme de la chambre du duc d'Orléans. Assurément le protocole est alors affaire d'état,, mais personne ne le respecte mieux que ce grand seigneur un peu « tatillon » K

c( La tradition des leçons de la royale institutrice [M°^6 de Maintenon] s'était gardée, nous dit le comte Beugnot — un admirateur du prince cependant — dans cette branche détournée de la famille de Louis XIV. Elle n'était pas encore perdue pour la vertueuse famille de M. le duc de Penthièvre^

I, Dans la série K. 5;-, Archives nationales, on trouve nombre de ces lettres. Elles sont d'ailleurs d'un joli ton. Par exemple, il écrit à M. de Pons, le 28 novembre 1760, à mimarge, suivant sa coutume, « de vouloir bien marquer ci à costé ce qui se pratique relativement à la livrée des Princes lorsqu'ils vont se promener aux Thuileries. Mon lils peut se trouver dans ce cas, et même il se pourrait que ma décrépitude allast se chauffer l'hiver au soleil, sur la terrasse des Capucins. Ce qui se pratique aux Thuileries a-t-il lieu au Luxembourg, auprès duquel ma mère va loger ? » En 1783, on lui apporte le procès-verbal de la translation à Dreux des^ restes de sa famille. Son profond chagrin ne l'empêche pas d'écrire au sujet d'une couronne ducale qui décorait la boîte enfermant le cœur du prince de Lamballe : « Il devait y avoir une couronne de fleurs de lys I » Il écrit lui-même de longs mémoires sur les visites de deuil qu'il a faites ou reçues, marque les révérences faites ou non faites, répond très exacte-^ ment lui-même et avec beaucoup d'ordre à toutes les lettres de condoléances.

qui, facile dans le commerce de la vie, n'en affectait pas moins sur certains points des prétentions exagérées sans vouloir reconnaître qu'elles n'étaient pas du tout de saison ^ »

Lorsqu'en 1768 il reçut chez lui le roi de Danemark, on ne saurait imaginer le mal qu'il se donne ! D'ailleurs, il est alors mal secondé, car sa tille est encore au couvent, tandis que M^^ de Lamhalle, en deuil de son mari, n'apparaît point et reçoit seulement « dans son lit entre deux draps, tous les rideaux fermés », car a les princesses veuves doivent recevoir les rois dans leur lit et non sur leur lit - ».

Enfin, le duc de Penthièvre — plus tard — accueille souvent Louis XVI et Marie- Antoinette. C'est même chez lui que la duchesse d'Orléans peut voir sans contrainte la reine, qu'on reçoit naturellement avec grand apparat en la servant dans la magnifique vaisselle en or donnée par Louis XIV au comte de Toulouse, service dont par respect on ne fait jamais usage en temps habituel \

Mais ce sont là les grands jours de Sceaux,

1. Beugnot ; Op. cit., p. Sg. Beugnot nous donne d'amusants détails sur la réception faite par le duc de Penthièvre à l'aventurière M"" de Lamothe et sur le cérémonial des réceptions. Les gentilshommes dînaient avec le prince, les autres avec M. du Authier. On se retrouvait au café, et les premiers regardaient les seconds avec un peu de hauteur. Malgré le rigorisme du prince, le ton à la seconde table était, suivant l'abbé Lambert, assez léger. Sur les intrigues amoureuses chez le duc de Penthièvre, on trouve de plaisants détails. Voir l'intrigue du sieur Fouassier, son chef de cuisine, avec la D " Beroud. B. X, Manuscrits français 11, 358, pp. io4-io5.

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