‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 13 sur 168 · Delille : Op. cit., p · texte numérisé non relu

Delille : Op. cit., p

conjugaux. Tout enfant, M^i*? de Penthièvre avait cette nature sensible, aimante et passionnée, qui devait, dans la vie, la faire si vivement souffrir. Elle était bien petite — huit ans à peine — lorsqu'elle remit un jour k la jeune Montigny un bijou qui venait de sa mère et qu'elle conservait sur elle avec vénération.

— Garde-le toujours, lui dit-elle, atin que tu aies en mon absence une partie de moi-même *.

C'est à cette époque que M^^^ de Penthièvre éprouva son premier chagrin violent : M^^ de La Rochefoucault mourut le 9 décembre 1760.

Pour l'enfant, c'était presque une mère d'adoption. Il fallut tous les raisonnements et toute la consolation religieuse de Mii- de Montigny, petite personne déjà raisonnable et très pieuse, pour mettre un frein à sa douleur.

Au reste, M^^^ de La Rochefoucault ne fut pas mal remplacée, et M"'^ de Montmorency-Laval, qui lui succéda, continua ses fortes traditions -. Vouée dès l'enfance à l'état religieux, elle était alors dans la force de l'âge — trente-six ans — et sa grande intelligence, sa piété éclairée, lui conquirent l'affection des religieuses et des pensionnaires, en même temps que sa ferme direction assurait la prospérité de l'abbaye. Fort bien apparentée, elle sut faire de son couvent « le rendez-vous des

1. Cette phrase est textuellement rapportée par Deiille (p. 4), qui ajoute en parlant des deux compagnes : « Depuis, elles ne se quittaient jamais sans se laisser réciproquement, pour adoucir le chagrin de l'absence, les choses auxquelles elles étaient le plus attachées. »

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