Angleterre . Correspondance, 5-3, p
2. Le récit de cette aventure extra-conjugale nous entraînerait trop loin de la duchesse d'Orléans. Je ne puis d'ailleurs la citer que sous loute réserve, bien qu'ayant eu entre les mains un manuscrit fort curieux, relatant cette intrigue avec un luxe de détails romanesques peut-être trop précis pour ne pas en attribuer certains à la fiction. Ce manuscrit, rapportant des faits connus en Angleterre au siècle dernier, était jadis en la possession de feu M^^"* de R., tenant de près à l'héroïne du roman et morte à Sens dans un âge très avancé.
humilié Tamant : nécessairement politique de vengeance. Comment M"^^ de Buffon, qui est « très exaltée dans les idées révolutionnaires - » qui croira plus tard au complot de la cour dans la journée du 10 août, qui déteste Marie-Antoinette, qui parlera des chevaliers du poignard et de « leur gros chef mis au Temple - », serait-elle sans ascendant sur un prince émotif et nécessairement esclave de celle qui le conduit par les sens?
Et pendant que l'amant et la maîtresse sont à Londres, où leur séjour se prolonge, pendant qu'ils s'aigrissent — puisqu'ils vivent en outla<i\s — contre toute cette vieille société traditionaliste, si chère à la duchesse d'Orléans, celle-ci demeure de plus en plus confinée, chaque jour plus triste, chaque jour plus humiliée. Elle commence à sentir très lourdement le poids du nom qu'elle porte et elle n'ose plus se montrer à la cour, craignant d'y être mal reçue. Il fallut, pour la décider à faire cet effort, que la « princesse de Lambaile redoublât de pitié et d'affection pour sa belle-sœur, allât souvent souper chez elle et lui dît que Leurs Majestés ne la rendaient nullement responsable des torts de son mari et la recevraient très bien
1. Cf. Marie-Antoinette de Concourt et les curieuses lettres de M nie de Buffon à Lauzun. Miss Elliott et Tilly sont les seuls contemporains qui parlent de la mauvaise influence de M'"*^ de Buffon sur le duc d'Orléans. Je ne fais nullement état des mémoires de Miss Elliott, bien qu'ils soient si souvent et sérieusement cités. Mais Tilly connaissait bien le duc d'Orléans.