Renseignement particulier
3. The Princess de Lambalte, by Sir Francis Montefîohb, Bar". London, 1896.
DVCHE-'^E D'ORLÉAXS 277
C'est au fond du Palais-Royal, entourée de quelques intimes, de M^^^*^ de Rully, de plus en plus « coquette avec tout le monde », nous dit Governor Morris, de M. d'Osmond, de M"^"^ de Chastellux surtout, que la duchesse d'Orléans passe le meilleur de ses tristes journées.
Mais elle subit aussi une influence qui, pour la première fois de sa vie. provoque autour d'elle de perfides commentaires.
Installé au Palais-Royal comme chez lui, familier héréditaire, en quelque sorte de la maison, un homme irrésistible qu'on surnomme le « Lovelace du jour » rôde autour d'elle.
C'est le vicomte de Ségur, auteur de chansons, de vers et de comédies qui auront aux jours de sa ruine assez de succès pour le faire vivre. Mais dans l'instant, de cœur sec et d'esprit ironique, c'est un causeur de salon et un coureur d'alcôve, digne de figurer dans les Liaisons dangereuses, tant il se fait un jeu de compromettre les femmes.
Leur intimité date de loin. Par son aïeule Angélique de Froissy, tille légitimée du régent, Ségur n'est-il pas le cousin issu de germain du duc d'Orléans ? Ne possède-t-il pas cet esprit si souple et si tin, héritage de famille, auquel la princesse ne demeure jamais insensible ? Sans défiance, elle l'a laissé prendre dans sa vie — cette faible créature qui toujours s'appuie sur quelqu'un — une place qui devient un peu scabreuse, quand le mari voyage outre-mer, et les médisances suivent maintenant leur cours habituel. Avec la mentalité que nous lui connaissons, Governor Morris, sans les
accréditer tout à fait, croit, bien entendu, aux sentiments tendres de la princesse. Il nous a dit,naguères, qu'elle avait peut-être « besoin d'être aimée». Et quand il voit Ségur à ses côtés, il risque des insinuations : « Je pense, écrit-il, que les attentions de ce dernier lui plaisent plus qu'elle ne veut l'avouer », ou bien encore : « J'ai acheté à Londres ^ un gros chien de Terre-Neuve pour la duchesse d'Orléans. Je l'emmène aujourd'hui au Palais- Royal où je vais dîner et Je présente à Son Altesse Royale, qui paraît bien contente. Le vicomte de Ségur le prend en amitié. Cela s'entend. »
Un peu plus tard, des libelles anonymes ou des correspondances apocryphes se font les échos des basses médisances, telles ces lettres à Laclos qu'on prête fort gratuitement au duc d'Orléans : « On m'a écrit ici une grosse calomnie sur la duchesse. Je ne crois pas du tout ce qu'on me mande, mais dites-lui de ne pas permettre que Ségur soit si assidu auprès d'elle. Nos ennemis observent tout. On la fait passer pour ce qu'elle n'est pas et cette opinion peu{sic) trop bien servir la grande dame -. Faites-lui sentir cela ^ «, ou encore cette allusion aux assiduités de Ségur : « ... Agnès [de Buffon]