Allusion probable à la Reine
3. La Faction d'Orléans mieux dévoilée. Londres, lo mai ijgo. « La publication de plusieurs de ces nombreux libelles parus alors coïncide précisément avec le séjour de M™« de Genlis à Bury et à Londres. Ses relations suivies avec les amis de la Révolution, notamment avec J.-IL Stones, puis avec Fox et Shéridan, conduisent à supposer qu'elle ne fut peut-être pas complètement étrangère à certaines allusions peu sympathiques à la duchesse d'Orléans.» (Communication de M. JeanHarmand.)
me fait là-dessus de bonnes épigrammes ; l'autre jour en revenant de la chasse, elle m'appela son cher Actéon. »
Ces commérages vulgaires méritent d'être signalés, mais, certes, il ne convient point d'y ajouter foi. La vive affection de la princesse, cette abandonnée, pour Ségur se nuança-t-elle à son insu d'un sentiment plus tendre? Doit-on le classer dans les cas réservés d'amitié amoureuse ? C'est là un problème psychologique bien délicat. Il faudrait, pour le résoudre, savoir exactement où finit l'affection et où commence l'amour, point obscur, que personne, à commencer en général par les intéressés eux-mêmes, n'a jamais pu éclaircir avec une précision mathématique.
Ajoutons encore que Ségur aimait alors M"^e de Chastellux, ce qui n'exclurait point chez lui un sentiment pour la princesse, mais qu'on verrait mal la vertueuse fille du duc de Penthièvre s'accommoder de ce partage; et n'hésitons point à reconnaître qu'elle demeura une honnête femme fortement éprise de son mari, et que Ségur ne fut pas ce que dans l'aimable langage du temps on aurait appelé son « greluchon ». Avec son habituelle loyauté, elle nous édifiera d'ailleurs ellemême sur ce point, quand elle écrira à son mari, au moment des réformes du Palais-Royal, cette lettre demeurée inédite ^ : « ... Quant à ce qui me regarde, je suis décidée à loger M. d'Osmont et à
I. Cf. plus loin l'historique de ces lettres conservées à la Bibliothèque de l'Institut (XS. LI.)
laisser l'appartement de M^^ deCharost au vicomte de Ségur. J'étais bien sûre, quand je vous l'ai proposé, que cela ne pourrait vous déplaire, et quant à ce que cela pourra être trouvé extraordinaire, je n'ai de ma vie balancé entre un propos et un service à rendre à quelqu'un sur l'attachement duquel je pouvais compter ; je pense d'ailleurs comme vous, qu'il faut les mépriser quand on n'a pas de reproche à se faire : j'ai, de plus, l'amourpropre de croire que je suis fort au-dessus de ceux que l'on pourrait tenir et que. comme les personnes qui s'en permettraient auraient des raisons pour cela, ils n'en tomberaient que plus vite. Au demeurant, comme je vous l'ai déj à dit, les méchancetés ne m'arrêteront jamais ; j'ai toute ma vie eu ce système, et je ne m'en suis jamais repentie. »
Et d'ailleurs quand la princesse se sent trop isolée, c'est chez son père qu'elle va chercher un soutien moral un peu plus sur peut-être que celui du vicomte... Pour mieux dire, la duchesse d'Orléans et le duc de Penthièvre s'appuient mutuellement l'un sur l'autre, et leur sort mutuel rappelle celui de l'aveugle et celui du paralytique. Tous deux sont très souffrants. Les soucis de la politique s'ajoutant à leurs chagrins personnels, ils font assaut de misères nerveuses et le père se plaint de ses a malingreries » tandis que la fdle souffre de ses (( crispations » et que tous deux se soignent comme ils peuvent, au baume de la Mecque ou au térébinthe de Judée *. Dans cet état, le duc de Pen-