‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 144 sur 168 · I. GOURDEMANCIIK : Op. Cit., p · texte numérisé non relu

I. GOURDEMANCIIK : Op. Cit., p

Ihièvre ne peut plus demeurer en place. Son besoin de locomotion est plus maladif que jamais et, en 11789 et 1790, il va sans cesse d'une terre à l'autre sans y séjourner. Bien mieux, il songe à aller en Suisse, en Italie... et quoi qu'on en ait dit, je me demande si ces projets — jamais exécutés, bien entendu, puisque nous sommes en face d'un valétudinaire qui n'a plus ni décision ni volonté — ne cachent point quelque projet d'émigration.

Le 4 juillet 1789, il a écrit de Paris au Cardinal de Bernis : « Je ne suis qu'un passant dans le lieu d'où j'écris cette lettre, ma santé qui éprouve toujours quelques malingreries m'oblige de me tenir éloigné du tumulte. Mon Esculape avait envie de m'envoyer en Italie, croyant qu'un climat plus chaud pouvait m'ètre utile. Si j'étais par hasard dans le cas d'user de ce remède, j'espère que vous ne me chasseriez pas de chez vous... ^ »

Le prince n'a pas usé de ce remède. Il a été à Vernon, à Anet, à Armainvilliers, à Nogent-sur- Seine, à Chàteauvillain, où son beau frère, l'innocent prince de Conli, terrorisé par les événements, est venu lui demander l'hospitalité, car c'est seulement auprès d'un grand seigneur aussi populaire qu'il espère trouver le salut. Puis, après de nouveaux déplacements, le duc de Penthièvre est revenu en coup de vent à Paris. Il a été voir sa tille au Palais-Royal le i^^ août 1789 et, « la trouvant dans le foyer même des agitateurs », il a fui épou-

I. Lettres inédites conservées dans les archives de la famille de Bernis. Communication de M. Frédéric Masson, de l'Académie française.

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vanté, « se gardant bien de revenir^ par le jardin dont la vue était effrayante », et dès le lendemain, après avoir passé la nuit en prières, il a gagné, Aumale et Eu où l'a rejoint M^^ de Lamballe. C'est là qu'il a reçu, le 7 octobre, à neuf heures du soir, la nouvelle foudroyante des événements du 5 et du 6 octobre.

— Oh! mon papa, s'est écriée M"^^ de Lamballe, quel horrible événement ! Il faut que je parte surle-champ - !

A minuit, la princesse s'est mise en route pour rejoindre la reine, « par un temps affreux et la nuit la plus obscure ». Exténué, le duc de Penthièvre l'a rejointe le 10 à Paris. Chaque jour il a vu le roi, la famille royale et sa tille. Celle-ci, qui avait déjà plusieurs fois visité son père à Chàteauvillain, à Anet et à Sceaux pendant le courant de Tannée, l'a suivi avec ses enfants et M"^^ de Lamballe à Chàteauneuf-sur-Loire, où il est arrivé le 19 décembre.

Pour un long séjour? Certes non. Le 12 janvier, il est dans son château d'Amboise, où sa fdle vient le voir également, et, le 19, il écrit de nouveau au Cardinal de Bernis : « Ma santé m'a obligé de demander au Roi de vouloir bien me permettre de passer l'hiver dans la demeure que j'ai acquise sur les bords de la Loire. J'ai des étouffements fort incommodes que ma Faculté dit n'être pas dangereux, mais qui ne me permetteni point de fréquen-

1. Honoré Bonhomme : Op. cit., p. i3i. Fortaire : Op. cit., p. 220.

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