‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 145 sur 168 · Fortaire : Op. cit., p · texte numérisé non relu

Fortaire : Op. cit., p

ter le grand monde. Je ne suis pas venu dans le lieu d'où j'écris cette lettre sans avoir l'ait ma €Our à Leurs Majestés depuis qu'Elles sont aux Tuileries... »

Et le 26 janvier : « Mon prétendu voyage à Rome est de même classe que mon soi-disant voyage en Suisse de l'automne dernier, qui a fait une explosion fort au-dessus de mes mérites ; ce qu'il y a de réel est que ma santé dérangée depuis dix mois, comme vous avez pu le voir dans les lettres dont je vous ai importuné, et non raffermie par l'état de convulsion, très opposé à mon caractère, dans lequel nous nous trouvons, pourrait demander un voyage d'un moment à l'autre, mais je ne porterai pas mes pas vers Rome sans m'être préalablement concerté avec vous. Je ne demande point à Votre Éminence de confier au papier ce qu'elle ne croit point devoir mettre par écrit. Je souhaiterais seulement qu'elle voulût bien me mander si les obstacles à mon voyage de Rome prennent naissance dans cette ville ou viennent de ma patrie... »

« Je prête demain le serment civique devant la municipalité de la ville d'Amboise, dont j'habite le château ; cette maison est fort mal décorée en comparaison de Chanteloup, mais la vue en est superbe. J'enverrai tout de suite le procès-verbal de ma prestation de serment au district de Saint- Honoré, sur le territoire duquel se trouve l'hôtel de Toulouse. La commune de Paris semble mettre quelque prix à cette démarche de ma part. Je crois devoir m'y porter, le Roi ayant accepté la consti-

tulion nouvelle et Monsieur ayant prêté le serment que l'on désire de moi. J'ai rendu compte à Sa Majesté, ainsi que le devoir me le prescrivait, de la conduite que je tenais...' »

Le duc de Pentlnèvre, on le voit, se soumet à la Révolution tant que ses devoirs de sujet de Sa Majesté le lui permettent-. Il en déplore les conséquences terribles qu'il pressent avec une grande netteté de vue. Mais — cette fois encore — il est le type parfait du grand seigneur qui sait vivre avec son temps et qui, sans aimer la Révolution, a senti la nécessité dune évolution. Les bornes de celte étude ne me permettent pas de dire combien sa popularité est grande, quelles ovations l'attendent partout où il passe, même en ces temps si troublés. Ces égards sont touchants. A Sceaux, écrit-il à Bernis, le 5 avril 1790, le maire s'absente pendant les jours saints « pour éviter de prendre le pas sur lui dans les cérémonies de la semaine ».

De Chàteauneufil écrit encore, le 3o mai 1790 : « Nous avons eu une petite émotion à Amboise pour un motif trop peu à redouter dans le temps qui court. Le peuple d'une des paroisses de cette ville voulait faire rétablir la troisième fête de la Pentecôte, supprimée depuis plusieurs années : cette émotion a pris fm d'une manière touchante pour moi. Le curé envers qui on commençait à user de menaces a dit que les émeutes étaient un moyen de m'éloi-

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