ArchUes Bernis
2. « Mon serment civique est prêté et remis au district de Saint-Honoré. Ma conduite a reçu l'approbation du Roi. >> Lettre à Bernis du 5 mars 1790.
DUCHESSE D'ORLÉAXS -ZSô
gner d'Amboise, et tout le monde s'est retiré sans rien dire. »
Est-il atteint par quelque mesure révolutionnaire ? Il s'efforce d'en sourire.
En avril 1790, il a écrit à Bernis : « L'étiquette est devenue pour moi une langue étrangère : Ma plus belle dignité maintenant est celle de maire de Fevrolles, village de Brie où j'ai du bien, à laquelle mes concitoyens de ce lieu m'ont élu avec une unanimité et une amitié dont j'ai été touché jusqu'au fond du cœur. »
Après le décret du 19 juin, il écrit encore qu'il est maintenant « un pauvre goujat à la veille de devenir décrotteur à la royale », et il ajoute plus loin : « M. de Bourbon Penthièvre (c'est le nom que je porte maintenant)... fait encore usage de son cachet et il continuera à s'en servir jusqu'à ce que le décret du 19 juin soit en vigueur. Seulement il contresigne Amiral. »
Force-t-on ses gens à ne plus porter livrée à ses couleurs?
«J'obéis, dit-il, au reste je ne puis que me louer de l'amitié que le peuple me témoigne. Pourquoi me voudrait-il du mal? J'ai toujours pensé que le rang élevé analogue à ma naissance me dévouait à me sacrifier pour lui'. »
I. Lettres inédites. Archi^-es Bernis. Pour bien comprendre les idées sociales et politiques du duc de Penthièvre, il faudrait lire le cahier des réformes que le bureau présidé par lui présenta en 1787 à l'Assemblée des Notables (Arch. Xat. K 6;8). C'est un modèle d'esprit large, tolérant et éclairé. Le prince ne fut nullement étranger à sa rédaction, comme le prouvent plusieurs annotations de son écriture. 11 demande qu'on donne
Cette phrase résume bien l'attitude du duc de Penthièvre au moment de la Révolution. Tel est le prince dont la duchesse d'Orléans subit forcément l'influence, pendant que son mari est au loin. Entre le beau-père et le gendre il y a un abîme. Et quand le duc d'Orléans revient enfin d'Angleterre, en juillet 1790, ulcéré par la procédure ouverte en son absence au Chàtelet sur les journées des 5 et 6 octobre, froidement accueilli par tout le monde de l'Ancien Régime, traité déjà comme le bouc émissaire d'un parti, la princesse, plus partagée que jamais entre deux courants contraires, hésite, chancelle, atermoie... puis se décide.
la moitié des places au tiers état. Il demande qu'à tout prix on évite les nouveaux impôts, il implore avec véhémence des mesures d'économie, crie contre le luxe, la masse des impôts, etc. « Un bruit sourd, écrit-il, se répand déjà jusqu'aux extrémités du royaume ; le respect étouffe le murmure, mais la conliance est déconcertée et le silence de la nation semble être lexpression de son découragement et de ses alarmes... La iidélité du bureau ne permet pas de dissimuler à Sa Majesté que les peuples tant de fois déçus dans leurs espérances, ces peuples nombreux dont les tributs arrosés de sueurs et de larmes entretiennent l'opulence et les délices de la capitale et de la Cour... seraient réduits au désespoir si ils ne voyaient disparaître tant d'otTices, tant de charges frivoles et sans dignité qui ne s'arrêtent un moment sur la tête de leurs titulaires que pour les soustraire aux charges publiques... »