‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 148 sur 168 · Bibliothèque de l'Institut. F^ d'Orléans, précité · texte numérisé non relu

Bibliothèque de l'Institut. F^ d'Orléans, précité

2. Lettres dont, contrairement à l'habitude des publications critiques, j'ai du moderniser l'orthographe parfois un peu fantaisiste.

3. Cf. La Correspondance dite de Métra, Paris, i886, t. II, p. 4o2.

M"^^ de Lamballe ', demeurée en très bons termes ofticiels avec son beau-frère, est cependant du même avis et elle se charge du rôle délicat d'intermédiaire^ Enfin, M^^ de Ghastellux, M. de Ségur et sans doute Governor Morris l'ont engagée dans la même voie :

« M°ie (Je Cliastellux m'explique la situation de cette famille, a écrit Morris dès le 22 octobre 1789. Nous discutons la ligne de conduite que devrait suivre la duchesse, et, comme elle est entre les mains du vicomte de Ségur et de M°^^ de Ghastellux, je pense qu'elle agira avec plus de raison et de fermeté qu'elle n'en a naturellement -. »

Donc, au début, la princesse ne songe qu'à une séparation de biens pour sauvegarder ses intérêts matériels.

Mais nous arrivons maintenant à toucher le point le plus douloureux de son être intime, et c'est dans un véritable drame de famille qu'il faut

I. Ce rôle apparaît clairement dans une correspondance qui sera publiée dans le second volume de cet ouvrage. Il a été déjà révélé dans ses Mémoires par la duchesse de Tourzel. Celle-ci — on l'a dit — reflétant les opinions outrées de son parti, écrira même que Philippe-Egalité, par rancune contre sa belle-sœur, ordonna sa mort {Mémoires de 3/°"^ de Tourzel, 1. 1, p. 200). Ceci est insoutenable, mais on sait avec quelle froideur le prince apprit la mort delà princesse. Vindicatif comme il l'était devenu, on peut se demander s'il n'en voulait pas cruellement à M°*e de Lamballe d'avoir soutenu la duchesse d'Orléans contre lui. Le 3 septembre 1791, M''' de Lamballe, après une rupture définitive, écrira à son beau-frère : « Vous avez porté les choses au point que nous ne pourrons plus nous voir. Adieu, mon frère, je souhaite que vous puissiez être heureux après avoir fait le malheur de toute notre famille. » L'historiographe Moreau (Op. cit., p. 210) dit que le chevalier de Talleyrand fut dans la circonstance le conseil de M. de Penthièvre.

2 Governor Morris : op. cit., p. 109.

chercher la cause de sa prochaine séparation de corps.

Là encore apparaît la femme néfaste dont les manœuvres vont définitivement démolir un édifice devenu bien fragile : l'union conjugale du duc et de la duchesse d'Orléans.

Les faits sont connus. M^^^^ de Genlis s'est chargée de les expliquer à sa manière avec une prolixité déplorable, les historiens en ont parlé, et le dernier volume paru sur le « Gouverneur » nous a édifié sur ce chapitre si pénible de la vie de notre princesse K Je n'y reviendrai donc que pour apporter au procès de nouvelles pièces bien significatives - :

Depuis le voyage d'Angleterre, M'^"^ de Genlis, abandonnant un peu le duc d'Orléans, avait placé toutes ses ambitions sur le duc de Chartres, dont elle espérait faire un chef de parti. Sa mainmise sur lui, sa sœur et ses frères, était, semble-t-il, définitive et absolue. Elle avait écarté la mère pour prendre sa place d'une manière encore plus formelle et plus bruyante que par le passé, et le duc d'Orléans avait laissé faire avec une complaisance reconnaissante et attendrie. On l'a dit plus haut, Mme de Genlis les avait parfaitement élevés, ces enfants, et l'instruction qu'elle leur avait donnée était en tous points remarquable. Mais — en admettant même qu'elle l'ait reconnu — je ne sache pas que ceci ait pu lui concilier la gratitude de la duchesse d'Orléans.

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