J. Harmand : Ouvrage précité
2. D'après le fond d'Orléans, cité plus haut, et quelques pièces d'archives particulières.
C'est, auprès d'une femme délaissée, un titre de gloire bien cliétif pour la maîtresse du mari d'avoir mieux réussi dans une telle tâche qu'elle l'aurait fait elle-même. Dans certaines circonstances il existe des supériorités qu'on n'aime point.
Et puis, surtout, il y avait les fameuses opinions politiques! Ces principes égalitaires à la Jean-Jacques, le Ça ira, qu'on chantait à Bellechasse, la fréquentation quotidienne des hommes de la Révolution, tels qne Barère, David, Desmoulins, Pétion..., les opinions exaltées du duc de Chartres..., tout cela blessait à chaque instant le cœur de la duchesse d'Orléans, laissant des traces qui ne s'effacent point.
Le 9 février 1790, les trois princes ont prêté au district de Saint-Roch le serment patriotique auquel rien ne les oblige. Je ne crois pas, — bien qu'on en ait dit, que ce soit là un des principaux griefs de leur mère — car elle se modèle en tout sur son père qui, détail assez curieux, l'a, comme on l'a vu, prêté lui-même d'assez bonne grâce. Mais il y a pis. Quelle doit être son indignation, par exemple, quand on lui met sous les yeux, au mois de mars suivant, le Journal de Marat S contenant une profession de foi patriotique et incendiaire qui n'est point signée. Elle a reconnu : le style c'est celui du duc de Chartres. Elle fait venir son fils qui rougit et qui renie son article. Mais une mère ne s'y trompe pas.
D'ailleurs, partout et toujours elle sent la main de Mme (Je Genlis. Pendant les huit mois que le duc