I. Cf. J. Harmand : Op. cit., p
d'Orléans a passés en Angleterre, celle-ci a eu ses élèves à Bellechasse, à Saint-Leu, au château de La Croix, près Eu, loué pour la circonstance*, et elle ne les a livrés à leur mère — en des instants — que pour mieux laisser à celle-ci le temps de les regretter.
Anticipons un moment. Lisons plutôt le journal du duc de Chartres : A la date du 7 octobre 1790 il écrit : « Voilà mon petit voyage de Chàteauneuf fini... Quoique j'aie été très heureux de passer le temps avec ma mère et mon grand-père, cependant j'ai éprouvé une vive peine à me séparer de tous ceux avec qui j'ai le bonheur de vivre depuis si longtemps et en particulier de mon amie [M°^® de Genlis], que je regarderai toujours comme une seconde mère, et de mon père que je n'avais jamais quitté. J'ai bien senti dans le cours de ce petit voyage combien tout ce qui est à Bellechasse m'est cher, et combien il m'en coûtera de m'en séparer pour longtemps. J'oubhais de dire que, quel que fut mon bonheur de revenir avec ma mère, comme elle paraissait un peu souffrante, je m'étais opposé à ce qu'elle revînt avec moi ; je serais revenu dans le cabriolet... Mais elle a préféré passer la nuit et revenir avec moi : d'ailleurs elle dort en voiture ^ »
1. Cf. Archives de la Municipalité d'Eu. On montre encore à la Croix un puits duquel Mn^^de Genlis faisait tirer de l'eau au duc de Chartres. J'adresse ici à S. A. R. Monseigneur le comte d'Eu l'hommage de ma gratitude profondément respectueuse pour la grande bienveillance avec laquelle il a bien voulu guider mes recherches en m'accueillant au château d'Eu et en m'ouvrant ses archives.
2. G. Lenotkb : Les fils de Phi Lippe-Égalité pendant la Terreur, p. 2a,
Ces lignes en disent long...
Et plus loin (lei décembre 1790) : « J'ai diné chez mon grand-père à l'hôtel Toulouse. Ma mère y dînait aussi. Je suis revenu à Bellechasse à quatre heures et quart. Quoique je sois enchanté de dîner souvent avec ma mère, tout ceci ne va point comme je l'espérais avant... Sur trois jours de la semaine, je ne peux en donner que deux à mon cher Belle- Chasse. Cela me fait beaucoup de peine... »
Puis encore (i3 décembre) : « Hier, j'ai été dîner au Palais-Royal... (avec sa mère)... Il n'était question que de jeu, on y mêlait des plaisanteries d'une aristocratie dégoûtante. »
Dans tout le journal du duc de Chartres, M^^^ de Genlis tient une place débordante, extraordinaire...
Tout s'explique. Le prince — il F avouera plus tard — est amoureux d'elle avec l'effervescence d'un cœur d'adolescent chaste. Il l'appella sa « seconde mère » ... C'est entendu: ... Mais comme cela est bien dans le goût du temps et combien cette maternité dans l'amour est à la mode depuis Rousseau et M^^ de Warrens !
N'exagérons rien toutefois.
On a trop accablé M^^ de Genlis en l'accusant d'avoir eu des bontés pour son élève. Il apparaît bien que leur intimité demeura honnête, et le journal du prince nous le représente aussi solide chrétien qu'il était ardent patriote ^ Mais — détail combien touchant et qui est tout à l'honneur de notre princesse — quand il parle de la religion qu'il a reçue, c'est vers la vraie mère que —