‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 152 sur 168 · mai · texte numérisé non relu

mai

2. Ceux qui ont fréquenté les princes de la Maison d'Orléans savent que le roi Louis-Philippe — tout eîi reniant la politique de son père — vantait volontiers à ses fils les qualités paternelles de « Bon Papa Égalité ». Le journal du duc de Montpensier contient l'éloge de ce trop faible mais « malheureux et excellent père ».

Et le duc de Chartres n'est cependant pas celui qu'elle préfère. C'est alors un grand garçon, un peu gauche, assez timide, très renfermé, remarquablement intelligent, mais sans vivacité ni fantaisie dans le caractère. C'est un « raisonnable » et — comme aîné — il diverge depuis plus longtemps que les autres des voies suivies par sa mère ; Montpensier est un artiste, et Beaujolais un charmant petit prince qui promet déjà d'être plus Ancien Régime que les autres. N'en doutons point : quand il est livré à sa mère, elle doit consciencieusement chercher à le détacher de M^e de Genlis, à le faire « sien » et le gâter sans mesure.

Governor Morris nous l'a bien fait voir. Il a conseillé à la princesse — qui sans doute ne l'a pas beaucoup écouté — de lui donner le goût des affaires : « Ce charmant enfant, note-t-il, se présente avec très bonne grâce. Il est enjoué et empressé. Je l'embrasse plusieurs fois. Il me le rend avec effusion. Ce sera un charmant garçon, dans dix ou douze ans d'ici, pour les petites maîtresses d'alors K »

En un mot, on peut établir la situation en disant que la duchesse d'Orléans aime sincèrement Chartres, tendrement Montpensier et passionnément Beaujolais.

Depuis longtemps, donc, elle supporte la « petite guerre » que lui fait M^^ de Genlis, qui, comme on le sait, a également beaucoup éloigné d'elle ]\pie d'Orléans, jeune personne très sensible sous

Page 1