On sait que c'est le nom porté alors par M=°* de Genlis
revenir sur le passé, ainsi que je vous l'ai dit. Les torts que je reproche à M'«e de Sillery existent et ne peuvent être détruits ni par son journal ni par tout ce qu'elle pourra vous dire : c'est moi qui ai çuet entendu tout ce qui m'a déplu. Ce n'est donc que l'avenir qui peut me faire revenir sur son compte. Elle ne peut pas se justifier; mais elle peut réparer, et, si je vois que sa manière d'être et celle de mes enfants est telle que j'ai droit de l'attendre et de l'exiger, je suis juste et je serai bien aise d'oublier les sujets de plaintes qu'elle m'a donnés. Voilà, mon cher ami, ce qui est dans mon cœur et ce que j'ai déjà commencé à éprouver. Mme de Sillery a eu dernièrement de l'humeur ; je l'ai supportée ; mais le lendemain elle a eu une attention pour moi, elle m'a écrit un billet honnêle ; je l'ai fait remercier par ma fille, et je lui ai répondu d'une manière dont vous avez été aussi content qu'elle; enfin ce sera sur sa conduite que je réglerai la mienne ; que pouvez-vous désirer de mieux, cher ami? Je ne dis pas que je lui rendrai mon amitié, ma confiance ; quand elles ont été blessées à diverses reprises, il est impossible qu'on puisse se rapprocher à un certain point ; mais M^e de Sillery peut compter sur tous les égards, les marques d'attention possibles. Je serai bien aise de pouvoir témoigner de la considération à la personne qui élève mes enfants; ainsi ce ne sera pas de ma faute si cela n'est pas. Vous devez être content de moi ; je l'attends de votre justice, mais encore une fois ne discutons plus sur ma manière de juger M^^ de Sillery, je le puis moins à présent qu'autrefois,
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car, antérieurement, lorsque je m'éloignai d'elle, vous n'essayâtes pas de la justifier ; vous me dites seulement que vous aviez des raisons essentielles qui vous faisaient tenir à elle. Je jouissais du moins de vous faire un sacrifice que vous sentiez, mais à présent, vous me dites que M°ie de Sillery fait votre bonheur, quelle m'aime. Je vous assure que quand vous me dites ces choses-là, elles me tuent. Éloignons, bien cher ami, ce qui pourrait troubler noire union et soyons, comme toujours, sans gène, sans embarras l'un pour l'autre. Vous savez trop bien que vous ne pouvez avoir une meilleure amie que moi pour que je le répète ; mais j'espère que vous l'avez toujours pensé ; et que personne ne pourrait détruire la confiance que j'attends de vous. J'ose dire que je l'ai toujours méritée : et je serais bien afl^ectée de penser que vous avez pu soupçonner un instant que j'étais changée. Ceux qui vous ont mandé cette nouvelle avaient certainement des raisons pour accréditer une chose démontrée par toute ma conduite; car assurément il ne s'est pas passé un seul jour pendant votre absence, où je n'aie prouvé mon attachement pour vous. Mais, comme vous me l'avez dit, on avait peut-être le projet de nous désunir. Ce que je puis vous dire avec vérité, c'est que personne n'a jamais essayé de m'éloigner de \ous. Je ne sais pas comment pensent tous mes amis pour vous. Ce qui est bien sur, c'est que, vis-à-vis de moi, ils sont comme je puis le désirer. Ils me sont attachés. Ils savent qu'ils m'affligeraient sans remplir d'autre objet. Ils savent d'ailleurs que je trouverais très mauvais
qu'ils me parlassent de vous avec légèreté. Aussi, soit qu'ils vous approuvent, soit qu'ils ne vous approuvent pas, leur conduite est uniforme et on ne peut plus placée ^ On vous a mandé que j'éloignais des gens qui vous appartenaient, que je les renvoyais, vous savez que vous avez été le premier instruit des changements que je projetais et que je ne les aurais pas faits si vous les aviez désapprouvés. Sauvan - était beaucoup trop cher pour remplir mon objet, et il me fallait un officier qui remplît la place des quatre qu'il avait sous lui. Tous ces gens étaient habitués à trop de gaspillage pour pouvoir me convenir. Obligée de perler l'économie sur les plus petits objets, j'ai réformé la petite Dutilleul, mais c'est après vous avoir écrit cinq ou six fois que c'était mon intention, que cependant je la garderais si vous le désiriez, mais que, dans la nécessité de faire des retranchements, celui-là se ferait moins apercevoir que les autres, parce que j'avais des femmes de reste. Et, en dernier lieu, je vous mandai que si vous ne me répondiez pas sur cet objet, je regarderais votre silence comme un acquiescement. J'étais donc bien fondée à croire que c'était une chose qui vous était absolument indifférente. Comme je désire si vivement qu'il n'y ait plus le moindre nuage et que vous soyez parfaitement à votre aise