‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 160 sur 168 · février i-ci. Idem · texte numérisé non relu

février i-ci. Idem

il ne peut y avoir de schisme de droit lorsque le plus grand nombre des évêques se trouvent réunis, mais il y en a de fait quand le pouvoir suprême empêche les minisires orthodoxes de remplir leurs fonctions et les fait exercer par des intrus; j'aurai recours à vous si les circonstances le requièrent... » Et enfin : « ... Il ^ arrive ce que j'avais prévu relativement au schisme : l'Eglise de France est très catholique, la grande majorité des évêques tenant à l'unité, mais, de fait, le schisme s'établit en ce pays, le pouvoir administratif liant les mains aux ministres légitimes et faisant exercer leurs fonctions par des instrus. Votre Éminence m'a mandé qu'il ne serait pas impossible de me procurer le moyen de vivre chez moi dans la catholicité au milieu de l'hétérodoxie... »

Bientôt, c'est le duc de Penthièvre qui va diriger la conscience religieuse de sa fille et de ses petitsenfants, et leur dicter la conduite à tenir vis-à-vis des prêtres jureurs. On comprend donc qu'après un séjour à Chàteauneuf-sur-Loire \ la duchesse d'Orléans reprise à nouveau par le passé craigne plus que jamais l'avenir et qu'ayant subi l'influence d'un homme imbu des principes héréditaires de respect à l'Eglise et à la Monarchie, elle retrouve à Paris ses répugnances plus fortes contre M"^^ de Genlis et son entourage suspect.

Aussi bien, sur Tordre de son mari, a-t-elle une explication définitive avec M"^*^ de Genlis au début

. 23 mars 1791. Idem, t. Cf. plus haut.

du mois de mars 1791. Elle ne peut plus supporter l'empire de cette femme... Elle va le lui faire connaître à Bellecliasse.

Voici ce que nous dit IVI^^e de Genlis : « Elle [la duchesse d'Orléans] s'avança brusquement, écritelle S m'imposa silence, tira de sa poche un papier en me disant du ton le plus impérieux qu'elle allait me déclarer ses intentions. Aussitôt elle me fit à haute voix et avec une extrême volubilité la lecture de l'écrit du monde le plus surprenant.

« M^^^ la duchesse d'Orléans me signifiait dans cet écrit que, vu la dift'érence d'opinions, je n'avais d'autre parti à prendre, si fêtais honnête, que de me retirer sans délai. »

Devant un ordre aussi positif, il n'y avait qu'à s'incliner. M^^e de Genlis fixa son départ au mois suivant... Encore fit-elle une réserve, grâce à cette ténacité peu commune qui n'était pas la moindre de ses vertus, car elle se croyait encore assurée de la victoire. Elle ajouta au duc d'Orléans qu'elle partirait... « à moins que M^^^ d'Orléans ne me demandât elle-même de rester ».

Mais la duchesse tint ferme.

« En vain, écrit J. Harmand-, son mari déployat-il tous les moyens de persuasion : alléguant l'éducation inachevée, l'opinion publique, la santé de Mademoiselle. En vain dépêcha-t-il son fils, le duc de Chartres, pour unir les larmes aux prières. \jme d'Orléans ne céda point. »

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