‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 26 sur 168 · M""«^ Campan, M. de Moriolles, Bacliaumont · texte numérisé non relu

M""«^ Campan, M. de Moriolles, Bacliaumont

L'accusation d'un pareil crime, dont Laclos, plus tard, n'aurait même osé charger ses personnages, suppose de la part des accusateurs une haine de parti ou une psychologie assez courte. Même après la Révolution, le prince de Ligne — cet admirateur de Marie-Antoinette — défendit hautement Philippe-Egalité en écrivant : « Le duc de Penthièvre ne Ta jamais accusé d'avoir entraîné M. de Lamballe, son fils, dans la débauche, car M. le duc d'Orléans ne l'a jamais voulu avoir dans sa société ^.. »

Le mariage de M^^e de Penthièvre et du duc de Chartres ne fut pas déclaré de suite. Pour quelques mois encore la princesse retourna à Montmartre, engagée seulement aux yeux de son père.

Ici se place un épisode qui souligne une fois de plus la nature romanesque de la princesse. M^i^ de Montigny fut de suite la confidente de la grande nouvelle. Leurs jeunes imaginations marchèrent. Elles firent mille plans d'avenir, parlèrent de leurs mariages futurs, et elles décrétèrent avec une certitude un peu prématurée que chacune d'elles aurait une fille.

— Avec quel plaisir je nommerai ma fille Eugène ! dit la princesse à M^ie Eugène de^Iontigny. Ce nom me rappellera toujours celui de mon amie.

— Moi également je croirai toujours jouir de la

I. Œiwres choisies du maréchal prince de Ligne, Paris. Chaumerot, 1800, pp. 2, 3, 4- Suivant Rouzet de Folmon, dont on parlera plus tard, le mauvais génie du prince de Lamballe était un certain M. de ^Yargemont que le duc de Chartres ne connaissait même pas.

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présence de ma compagne en appelant ma fille Adélaïde, répliqua ]\P« de Monligny.

On verra par la suite comment la princesse tint parole K

Au mois de novembre 1768, M"^ de Penlhièvre obtint un nouveau congé pour la cérémonie du baptême. Elle n'avait été qu'ondoyée par suite d'une tradition de rigueur dans la maison de France. Tout prince et toute princesse appartenant plus ou moins au « sang » n'était baptisé qu'à l'âge de la présentation à la Cour. On estimait qu'il était nécessaire d'attendre cette époque pour leur permettre d'apprécier l'auguste parrainage qui était de règle, c'est-à-dire celui du roi, de la reine ou des enfants de France. Le Saint-Siège, en raison des services rendus par saint Louis et par ses descendants à rp]glise, avait autorisé cette dérogation aux règles habituelles du baptême.

Voilà donc la princesse embrigadée dès maintenant sous les lois de l'éliquelte qui régnait à Versailles. On verra une fois de plus, parle récit de son baptême et de son mariage -, combien elles étaient inexorables et pénibles :

Le 29 novembre 1768, le duc de Penthièvre demande au Roi les honneurs de la présentation pour sa fille. Sa Majesté répond qu'elle sera présentée le 5 décembre et baplisée le 6. Le Dauphin sera son parrain, car Sa Majesté a déclaré qu'Elle ne tiendrait plus Elle-même aucun enfant sur les Fonts.

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