‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 3 sur 168 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les ancêtres de la duchesse d'Orléans. — Le comte de Toulouse. — Le duc de Penlhièvre. — Son mariage. — Mort de la duchesse de Penthièvre. — Douleur du duc. — yV^^ de Penthièvre à ^Montmartre.

Expliquer les morts par les vivants, considérer l'hérédité comme un inéluctable fardeau dont on ne peut se dégager, serait singulièrement attenter à la loi de la liberté humaine ; mais on doit reconnaître cependant la solidarité indéniable qui relie les générations les unes aux autres et l'empreinte mystérieuse qu'elles laissent sur un individu.

Il n'est donc pas inutile de dire un mot ici des ancêtres de l'héroïne de cet ouvrage, Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans, qui naquit à l'hôtel de Toulouse, à Paris, le i3 mars 1^53, du mariage de Louis de Bourbon, duc de Penthièvre, et de Marie-Thérèse-Félicité d'Est.

Ascendance curieuse en vérité. Le grand ancêtre, c'est Louis XIY, — mais un Louis XIV qui est le bisaïeul de l'enfant, grâce à Athénaïs de Mortemart, marquise de Montespan, et son trisaïeul par le fait de Louise de La Yallière K Donc, au premier chef une gloire — et une double tache.

I. La duchesse de Penlhièvre, née d'Est, était, par sa mère, petite-fille du Régent et de M"^ de Blois, fille légitimée du roi Louis XIV et de M '^ de La Vallière.

Puis, ensiiile, il semble bien que — du côté Penthièvre — les descendants de ce commerce illégitime aient grand souci de leffacer, celte tache. Car celle qui sera la duchesse d'Orléans a pour aïeul et pour père deux hommes vertueux : le comle de Toulouse et le duc de Pentliièvre, qui, par surcroit, épousent des femmes vertueuses. Elle possède donc derrière elle une heureuse hérédité dont elle sera toujours digne.

Le comte de Toulouse, fils de Louis XIV et de >Ime (le Montespan, est un « honnête homme » au double sens du mot, tel qu'on l'entendait au xviie siècle et qu'on l'entend maintenant ; mais c'est un taciturne, un « triste », — de cette tristesse bizarre qui assombrira sans distinction — on ne l'a pas assez remarqué, — tous les descendants légitimés de Louis XIY. Après quelques rares aventures d'amour \ il épouse secrètement, à l'âge de quarante-cinq ans, le 22 février 1728, la marquise de Pardaillan de Gondrin. Celle-ci est Noaiiles en son nom, et veuve du petit-fils légitime de M^^^e de àNIontespan -, en sorte que nous la voyons tour à tour la femme du neveu et de l'oncle. Elle est charmante, de beaucoup d'esprit,

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