Il avait un fils naturel, le chevalier d'Arcq
2. Louis de Pardaillan, marquis de Gondrin, brigadier des armées, mort en i>i2, à l'âge de vingt-trois ans, était le fils de Louis-Antoine duc d'Antin et de Julie-Françoise de Crussol d'Uzès et petit-fils de Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, mari de la favorite. 11 avait épousé, le 22 janvier 170-, Marie-Françoise-Victoire de Noaiiles, remariée depuis au comte de Toulouse. 11 en avait eu trois enfants : le duc d'Épernon ou duc d'Antin, le marquis de Gondrin et un fils mort jeune.
de haute Aaleur morale, un peu ambitieuse, assez économe, et Louis XV reconnaît volontiers le mariage. Plus tard, la comtesse de Toulouse deviendra l'une de ses amies..., au sens le plus honnête du mot, car le ménage Toulouse est exemplaire. « Pendant quatorze ans de mariage, nous dit le duc de Luynes S les deux époux ont toujours couché dans le même lit, et je ne crois pas que l'on put trouver, dans ces quatorze ans, huit jours qu'aucun événement les ait séparés. »
De cette union, un tîls unique naquit : M. de Penthièvre, dont la figure mérite de nous arrêter
Le duc de Penthièvre, qui ne fut point un homme heureux, fut poursuivi par la malchance jusqu'après son trépas. En effet, il n'a pas eu de biographes, et on ne lui connaît que des panégyristes. C'est là un sort déplorable, car on se méfie quelque peu, en liltérature historique, du genre édifiant qui accumule sur la tète d'un seul homme les qualités de l'humanité tout entière et qui se refuse obstinément à lui reconnaître le moindre des défauts. Le duc de Penthièvre valait mieux que cela. Il est de taille à supporter la critique sans que sa mémoire en soit pour cela accablée, et d'une étude impartiale sur son compte, se dégagerait incontestablement la physionomie attachante du grand seigneur-type et du modèle de l'honnête homme.
Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, de Damville, de Rambouillet, de Ghâteauvil-
I. Cf. Luynes : Mémoires, I, p. 408. Saint-Simon, passiin , elc.
lain, prince de Lamballe, comte de Guingamp, pair, amiral et grand veneur de France, chevalier des ordres, gouverneur de Bretagne, naquit le i6 novembre 1720. Il fut élevé sous les yeux de ses parents, dont il reçut cette éducation de l'exemple qui, au total, est la meilleure de toutes, et c'est ainsi que, tout naturellement, il contracta de vertueuses habitudes, dont il eut le bon esprit de ne se jamais défaire.
Dès l'enfance, on lui donna une instruction très soignée et on essaya de faire de lui un marin. On amena de Bretagne un certain nombre de barques pontées dont la direction fut confiée à de vieux loups de mer, peut-être un peu étonnés de leur rôle, car cette flottille improvisée sur laquelle le jeune prince essayait son courage n'affronta jamais d'autres périls que ceux des étangs de Rambouillet'. En sorte que ce système ne fit jamais du duc de Penthièvre qu'un marin en miniature.
A cette époque, le petit prince est d'instinct colère. Il lui échappe un jour de dire à son secrétaire : c( Vous me croyez doux de caractère ? eh ! bien, je suis né violent ! » De son côté, M. de Lescure a fort bien remarqué qu'il « avait parfois les saillies d'un tempérament sanguin et quelque peu violent à la façon bourbonienne- ».
Cependant, dès l'enfance, le duc de Penthièvre est au demeurant un « doux ». Il montre les dispositions d'une âme mélancolique et dominée par