‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 40 sur 168 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Le chàlcau de Villers Cotterets. — Les fèlcs qui suivent le mariage. — Portrait physique et moral de la duchesse de Chartres. — Sa bonté. — Sa candeur. — Sa naïveté. — Sa charité. — Indécision de son caractère. — Sa faiblesse de constitution. — Anecdote de M. de Moriolles.

Le château de Yillers-CoUerets, mis à leur disposition par le duc d'Orléans, abrita les premières amours du duc et de la duchesse de Chartres. L'architecture assez froide de la vaste demeure encerclée de toute part par les haules futaies qu'égayaient à peine les frondaisons du printemps, le silence solennel des grandes salles médiocrement meublées et souillées encore du souvenir des « nuitlées » du Régent... tout cet ensemble formait pour la circonstance un décor assez grave... en même temps qu'assez léger.

Il semble cependant, d'après la tradition, que la princesse s'y soit plu. Son intime et très fragile bonheur était en harmonie avec les premières joies de la nature. Des fenêtres de son appartement, elle voyait chaque matin ce qui constituait alors la suprême beauté de la résidence favorite des d'Orléans : les fameux jardins de Yillers-Cotterets avec ses caisses d'arbres rares et ses parterres multicolores dont l'ordonnance était superbe.

Dans sa chambre à coucher tapissée de coton blanc à fleurs, simplement meublée de bergères et

de chaises semblables et ornée de deux encoignures de « bois violet à dessus de marbre griotte de Flandre ^ », elle reçut avec affabilité de nombreuses visites. Bientôt, nous la verrons féliciter tout le monde sur la belle ordonnance de la maison, depuis le premier officier de la bouche jusqu'au dernier jardinier, tandis que le prince fera servir « des bons entremets, des vins de toutes sortes et des liqueurs en abondance » à toutes les députadons qu'il recevrai

A Villers-Cotterets, les d'Orléans sont populaires. Le père du duc de Chartres « aime à connaistre les petits bruits du bourg que lui rapporte son vallet de chambre », à jouer publiquement à la paume, à régaler ses hôtes grâce aux talents variés de ses « officiers de haute maitrise ès-art de la cuysine et du cellier^ ». x\ussi bien fète-t-on maintenant la jeune princesse qui n'a qu'à se féliciter de ses premiers contacts avec le peuple et qui, d'autre part, prend grand plaisir aux premières distractions champêtres qu'on lui offre. En son honneur, on courre plusieurs fois le cerf; et le nom de Penthièvre est donné à l'un des carrefours de la forêt en souvenir de sa visite '*.

1. Inventaire du château de Villers-Cotterets. Bulletin de la Société historique de Villers-Cotterets. Année 1909, p. 290.

2. De Vertus : Histoire de Fère-en-Tardenois,p. i5. Michaux: Histoire de Villers-Cotterets. Idem, par E. Roch. Bulletin cité, passim.

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