Ce portrait est conservé au Musée Condé, à Chantilly
4. Lenotre : Le fils de Philippe-Égalité. Paris, Perrin, 1907,
DUCHESSE D'ORLÉAXS 71
La princesse, il est vrai, n'est pas très grande, mais elle fait impression parla « majesté » de ses attitudes, par ses « moindres mouvements qui sont pleins de grâces », et tout le monde remarque ses mains « qui sont les plus belles mains du monde ^ ».
Au total, le physique est fait pour plaire. Il a séduit tous les contemporains. Et le moral est à l'avenant.
Incontestablement, chez la princesse, les qualités du cœur priment celles de l'esprit. Elle a hérité — jusqu'à la faiblesse — l'excessive bonté de son père. En cette fin du xviif siècle où il y a une souveraine qui domine tout, qui dirige tout, qui est partout : la femme, elle ne pratique point le culte du soi, elle ne domine pas, elle ne dirige pas elle n'est... nulle part, pourrait-on dire, tant sa modestie effarouchée et un peu timide l'éloignent de la « scène », tant elle aie souci de s'oublier ellemême pours'absorber dans l'amour du prochain.
Cet amour est triple, l'amour de son père pendant sa jeunesse, l'amour des pauvres pendant toute sa vie, et — surtout ! — l'amour de son mari, qui l'absorbera presque tout entière, qui sera le sentiment impérieux, dominateur, autour duquel graviteront toutes ses pensées et tous ses actes, amour, en un mot, qui la consumera, jusqu'au jour où, allant d'humiliations en humiliations, d'écœurements en écœurements, elle aura compris qu'elle s'est trompée dans son choix et qu'elle a mal placé son cœur.