I. Duc DES Cat.s : Mémoires, t. II, p. laS
lui en termes peu flatteurs : « Quant à M. de Penthièvre, il est plus triste et plus ennuyeux que tout ce que l'on peut dire. Il n'ouvre pas la bouche. Hier, il passa la soirée à tortiller un éventail entre ses doigts. Cela tient de ^i[nbécillité^ »
Ne nous étonnons pas de cette attitude. Le duc de Penthièvre, mù par son extrême politesse, a accepté une invitation qui lui coûte et dont il subit fort mal la contrainte :
Il y a là Bathilde d'Orléans, maintenant duchesse de Bourbon, qui se montre assez tendre pour sa « marâtre », ce qui ne l'empêchera pas de dire de celle-ci « qu'elle se roule sur les fleurs de lis et le manteau d'hermine avec des mules éculées et des bas de coton » ; la comtesse de La Marche, nièce de feu Henriette de Gonti, duchesse d'Orléans, qui accable de tendresse iM"^^ de Montesson, « la remplaçante », et M^^^^de Boufllers, maîtresse du prince de Conti, qui joue cependant la pruderie et qui reçoit les caresses et les baisers de cette même comtesse de La Marche, fille de son amant; il y a là enfin toute la nécessaire hypocrisie mondaine dont le fardeau pèse sur les épaules du duc de Penthièvre, qui, dans l'atmosphère de cette cour si différente de la sienne, se plonge, par esprit de réaction, dans ses méditations d'ascète.
Cependant les caquets vont leur train. Le duc et la duchesse de Chartres viendront-ils à Villers- Cotterets? C'est la grande question dont la réponse à venir laisse M™® de Montesson dans l'angoisse,