Jean Harmand : Op. cit
Avec le temps, ces difficultés qui assombrissent la cour de Villers-Cotterets s'aplaniront un peu. ]V£me (Je Montesson, qui ne manque ni de tact ni d'esprit, comprendra qu'elle ne peut pas occuper la première place là où est la fille du duc de Penthièvre, et qu'elle a tout intérêt à tenir sa petite cour ailleurs. Elle choisira la charmante retraite de Sainte-Assise où le duc d'Orléans la suivra docilement pour y vivre souvent auprès d'elle de manière si peu princière qu'on l'accusera « de s'être fait Monsieur de Montesson ». Le duc et la duchesse de Chartres iront parfois dîner ou souper à Sainte-x\ssise, mais entre M"^^ de Montesson et eux, un sentiment d'animosité sourde persistera toujours. Des scènes presque burlesques en résulteront. Le duc d'Orléans, désolé de voir l'hostilité du duc de Chartres contre la Marquise, s'ingénie à l'adoucir. Il abdique même toute dignité et il charge de cette délicate négociation la nièce de ^{me de Montesson, la comtesse de Genlis K En eff'et, il n'ignore point que cette dernière — nous le verrons par la suite — a tout pouvoir sur le cœur de son fils. Mais voilà que M^^® de Genlis se montre très piquée et répond avec hauteur au pauvre duc d'Orléans qu'elle ne se reconnaît « aucun droit sur M. le duc de Chartres ». Cependant, elle consent à le faire sermonner. Par qui? Par la femme légitime, la pauvre duchesse de Chartres, qui assume les tâches les plus ingrates et à laquelle on fait volontiers jouer le rôle de dupe.