‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 59 sur 168 · I. M°»e d'OBKRKiRCH : Op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

I. M°»e d'OBKRKiRCH : Op. cit., t. II, p

ment ce pauvre vieillard amoureux encore à son Age et dominé comme un petit garçon. Il faisait l'admiration de la Cour et de la ville. »

La duchesse de Chartres aimait son beau-père. Elle était humiliée pour lui de cet état de choses, et les années ne la désarmeront jamais complètement, même quand le duc d'Orléans sera mort. Aussi un étranger pourra t-il, en i [789, écrire ces lignes à la suite d'une visite chez M^^^ de Chastellux : « La veuve du duc d'Orléans arrive... et après son départ elle embrasse la duchesse [actuelle], selon l'usage : je fais la remarque que les Parisiennes sont très portées à manifester publiquement leur tendresse mutuelle. Gela provoque de la part de Son Altesse Royale sur la personne qui vient de sortir des observations donnant lieu de croire qu'un baiser ne dénote pas toujours une grande affection ^.. »

Les griefs de la princesse contre sa belle-mère étaient d'ailleurs multiples. Pendant de longues années, en effet, M'^^^ de Montesson, par esprit de vengeance, ne manqua jamais l'occasion de dénigrer le duc de Chartres, et elle ne fut pas étrangère à la mauvaise réputation dont il jouira quand il deviendra duc d'Orléans.

... Cependant, le grand événement qui s'annonçait pour elle au moment du mariage de M^^ de Montesson, consolait assez la duchesse de Chartres des incidents actuels. Si son beau-père, par une mésalliance secrète, ternissait un peu le blason des

1. Governor Morris : Mémorial. Edition Gandais, t. I, p. 2i5.

d'Orléans, à elle était réservé l'honneur de donner à cette maison un nouveau lustre.

Au retour d'un second voyage à Forges, une grossesse s'était déclarée. Cette fois elle fut heureuse, et le 6 octobre l'j'jS, elle accoucha d'un fils qui devait être un jour le roi Louis-Philippe.

Plus tard, un singulier bruit courra sur la foi d'une de ces invraisemblables légendes qui enveloppent souvent le berceau des princes ; on affirmera, dans certains milieux, que Louis-Philippe est un enfant substitué. Quelques détails ne sont donc pas inutiles ici pour rétablir les faits et démontrer l'absurdité du conte :

Dans la nuit du 5 au 6 octobre ijjS \ la princesse ressentit les premières douleurs. Immédiatement des pages sont envoyés aux princes et aux princesses pour les prévenir du « travail » auquel ils sont conviés d'assister. Le duc d'Orléans, la duchesse de Bourbon et le prince de Conti, qui sont à la campagne, arriveront trop tard, mais le duc de Chartres, le duc de Penthièvre et le prince de Condé, accompagnés de plusieurs personnes de leur suite, assistent à la naissance.

L'enfant est ondoyé de suite dans « le grand cabinet de l'appartement » de la princesse, par l'abbé Gaubert, aumônier du Palais-Royal. La cérémonie, très simple, a lieu devant le curé de la paroisse Saint-Eustache et seulement deux valets qui ont été témoins de l'accouchement ^.

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