Il avait perdu son père le i^^ décembre i^S
plus grands périls avec une vaillance exemplaire et où il fait preuve d'une grande netteté de vues. C'est l'apogée — et aussi la fin — de sa carrière de soldat. Il a légitimement acquis une solide renommée de courage personnel, et ce bagage lui suffira pour se livrer désormais à ses goûts, sans être taxé de couardise. Son oncle, le maréchal, n'a-t-il point écrit à Louis XV après la bataille de Fontenoy : « Si Monsieur le duc de Penthièvre veut, il peut devenir un jour un grand capitaine. Sans y mettre la moindre prétention, il a bien voulu me donner un conseil qui annonce du génie qui m'a fort bien réussi. La modestie de ce prince cache en lui des talents précieux ainsi que de grandes vertus qui le rendent surtout cher aux Française »
L'éloge sans doute est mérité, mais reconnaissons-le, toutes les tendances du prince devaient faire de lui un « pacifique », voire même un timide et un hésitant, et les lettres qu'il écrivit de Bretagne, où il alla présider les États, au maréchal de Noailles deux ans après Fontenoy, sont à cet égard curieuses et significatives. Déjà le duc de Penthièvre est ce qu'il sera toute sa vie. un « défiant de soi-même - ».