‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 64 sur 168 · Celui-ci présidait alors les Etats de Bretagne · texte numérisé non relu

Celui-ci présidait alors les Etats de Bretagne

2. A Eu, le f2o juin 1779, la loge de la Parfaite Union est fondée par 6 gentilshommes et 2 chanoines. Elle progresse rapidement. En 1-84, elle compte 35 membres, dont 10 chanoines et plusieurs nobles qui fréquentent chez le duc de Penthièvre : les Vaillant de Beauséjour, les Gaillard d'Auberville, les Gueroult du Valmet, etc. En 1786, la loge est réduite à 16 membres. Aucun membre du clergé n'en fait plus partie. Le haut clergé a fait des remontrances. Pour la franc-maçonnerie à Eu et le rôle de la duchesse de Chartres dans la loge La Candeur, Cf. LEGnrs : Histoire de la ville d'Eu et Histoire générale de la Franc-Maçonnerie de Normandie, de 1789 à 1875, par le F.', de LouRCKLLES, Dieppe. Imprimerie du F.-. E. Delevoye, Année 5.875.

Dans les entours mêmes du duc de Penthièvre, et malgré son hostilité, la franc-maçonnerie gagnait jusqu'au clergé. Enfin, raison suprême, le Grand- Maître de la franc-maçonnerie en France, depuis 1771, était le duc de Chartres; et la princesse l'aimait! Aussi bien Delille a-t-il pu écrire : « Quoique cette cérémonie ne fût point dans ses goûts, la princesse, toujours empressée d'obéir et de plaire à son époux, voulut bien y consentir. »

La Folie-Titon, située rue de Montreuil, où le duc de Chartres venait souvent « s'amuser » et rarement « battre maillet », et qui devait plus tard servir de magasin à l'infortuné Réveillon * servait parfois de local à diverses loges. C'est là qu'eut lieu, le 28 février 1773, l'initiation de la duchesse. La salle avait été magnifiquement aménagée par MM. de Seignelay, de Séguin et de Gardanne, sur les ordres du duc de Chartres, et l'initiation, rehaussée par des fêtes superbes auxquelles assistèrent les personnalités les plus en vue, eut une aractère tout à fait mondain. Le i3 mars suivant, la nouvelle initié contribuait à la fondation de la loge d'adoption de La Candeur avec la princesse de Lamballe et la duchesse de Bourbon, qui s'exaltait pour la franc-maçonnerie.

Par une antithèse facile, on a souvent représenté la fille du vertueux duc de Penthièvre figurant

I. Répétant une erreur de Delille (op. cit., p. 22), tous les historiens ont écrit que la duchesse de Chartres avait été initiée le 28 février 1776 à la loge de la Folie-Titon. Il y a là double erreur. L'initiation eut lieu le 28 février 1773, et il n'y eut jamais de loge de la Folie-Titon.

parmi les dignitaires de la Maçonnerie et encourageant, par cette inconscience même, son œuvre néfaste. Au vrai, le rôle maçonnique de la duchesse de Chartres est dérisoire. En consultant les registres de la Loge La Candeur, on ne relève mention de sa présence qu'au 5 février 1778, au 20 janvier 1780 et au 16 mars 1781 K

...L'année 1775 réservait à la princesse une vraie joie. Elle désirait vivement un second fils, et, le 3 juillet, elle mit au monde le duc de Montpensier -. Après cet événement, elle fut se reposer au château d'Anet, dont son père venait d'hériter; mais sa santé exigeait alors un changement d'air plus radical, et M^^^^ de Lamballe l'engagea de nouveau à voyager avec elle. M™e de Genlis, dame de la princesse, qui conservait bon souvenir d'un déplacement en Hollande, lui conseilla de visiter les Pays-Bas. Le duc et la duchesse de Chartres partirent avec M^ne de Lamballe et celle-ci emmena sa dame d'honneur, la marquise de Broc.

A ce voyage, il faut peut-être chercher une autre cause que la santé de la duchesse de Chartres. Entre le dauphin devenu Louis XVI et le duc de Chartres ne régnait aucune sympathie. Si Louis XV avait témoigné quelque tolérance pour les légèretés de celui-ci, il n'en était pas de même de son petit-lils. Il n'y avait point de terrain commun sur lequel le souverain traditionaliste put se rencontrer avec le partisan des idées nouvelles et des

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