Cf. Ducos : Op. cit., p
en visite, à son amie M'^^de Genlis ^ : « Vous voyez, Madame, combien je suis exacte à tenir mes paroles, mais dans cette occasion-ci, je trouve trop de plaisir pour y avoir du mérite... » Et la lettre se continuait affectueuse et presque tendre...
Telle est donc cette M'^^e de Genlis à laquelle la duchesse a promis de confier sa fille dès sa naissance. Très ingénue, aveuglée par l'amour, elle ne se doute pas plus alors qu'en 1773 du rôle que celle-ci joue dans l'existence de son mari, mais — avant même que de souffrir dans son cœur de femme — elle souffre tout au moins dans son cœur de mère. Pendant sa grossesse, M^^ de Genlis lui représente chaque jour la nécessité d'éloigner sa fille, si elle en a une, et elle lui vante le couvent de Bellechasse, dans l'enceinte duquel on construira un pavillon pour la gouvernante et l'élève. La princesse écoute, soupire et se résigne.
La résignation, telle sera maintenant et de plus en plus la qualité nécessaire à son existence et dominante de son caractère.
« Tous ces projets, écrit M^e de Genlis, furent tenus secrets entre M^e la duchesse de Chartres et moi. Notre séparation lui faisait beaucoup de peine, mais elle en sentait tout l'avantage. Elle se promettait bien de venir passer avec moi une partie de ses journées. Elle désirait avec passion une fille ; elle me confia qu'elle l'avait demandée à Dieu dans toutes les églises d'Italie. »
La princesse fut exaucée avec une appréciable