Comte Ducos : La mère du duc d'Enghien, p
3. On trouve de curieux détails au Ministère des Affaires étrangères ^France. Documents et Mémoires 3ig) sur l'inimitié du duc d'Orléans et de M"^® de Montesson contre M^^^ ^g Genlis. M"s de Montesson réjouit fort le duc d'Orléans en lui écrivant de Bruxelles, le 22 mai 1773, que M^"^ de Genlis « s'y est fait détester ».
4. « Je n'ai à vous présenter aucun de ces caractères, aucune de ces actions éclatantes qui semblent prêter le plus au pouvoir de l'éloquence », s'écria l'abbé Maury en parlant du feu Prince (Grimm. Correspondance littéraire, t. XIII, p. 53). A Bellechasse, l'abbé Bourlet de Vauxcelles, lecteur du Comte d'Artois, prononça un autre discours (conservé à la Bibliothèque Nationale. Imprimés) dans lequel il ne parle pas non plusdu duc de Chartres.
interdit la publication et Timpression du discours et, avec force compliments, il invita le second à sa table.
Le piquant de l'histoire est que si le premier de ces prêtres était l'abbé Maury, qui devait un jour devenir si célèbre, le second n'était autre que Claude Fauchet, le futur évêque constitutionnel du Calvados, qui, après avoir été son ami intime, devait se ranger un jour parmi les ennemis implacables de Philippe-Égalité, et lui écrire cette lettre injurieuse et peu digne :
« Philippe, tu as voté le supplice de Louis Capet : il est mort sur l'échafaud ; tu jouis. Je veux troubler ta joie par le seul moyen qui puisse toucher ton cœur. Tu me dois douze cents livres, depuis l'oraison funèbre que j'ai faite de ton père : je te les demande. D'après le désir que tu manifestas, je distribuai dans ta maison six cents exemplaires de cet ouvrage sur papier de Hollande. Les exemplaires en papier commun se vendaient trente sous, ceux-ci valaient dix sous de plus. Tu ne m'as pas offert une épingle. Paie-moi les cinquante louis dont tu m'es débiteur, si tu ne le fais pas, j'imprimerai cette lettre et j'annoterai ton silence ^ »
La lettre est assez curieuse pour nous avoir engagé à anticiper un moment sur les faits. Revenons en arrière, et nous retrouverons le duc et la duchesse de Chartres titrés maintenant duc et duchesse d'Orléans, en possession d'une grande fortune.
I. Lettre en date du 22 janvier i-gS. L. Dard : Choderlos de Laclos, p. 38o.
DUCHESSE D'ORLÉAXS 171
Propriétaire du Palais-Royal « Louis-Philippe- Joseph » vient d'hériter de Bagnolet, du Raincy et de Yillers-Cotterets, et les rentes du ménage princier, qui dépassent deux millions, vont rapidement s'accroître. Cette grande puissance que donne l'argent ne sera pas étrangère à la popularité que le duc regagnera peu à peu et qui ne cessera de croître à partir de son exil à Villers-Colterets.
Il est temps pour lui de la reconquérir, car il a singulièrement baissé dans l'estime des Parisiens. On l'a jugé sévèrement dans la haute société et même dans le peuple, quand il a affecté de demeurer au mieux avec le comte d'Artois, qui s'est assez mal conduit vis-à-vis de sa sœur la duchesse de Bourbon, et on trouve fort peu galantes les plaisanteries cruelles de blasé auxquelles il se livre à Monceaux. Des chansons ont couru Paris sur certain pont tournant dont un mécanisme ingénieux jetterait à l'eau les honnêtes passants, et sur un pauvre abbé convoqué à un dîner presque
lubrique ^ Mais tout cela s'atténuera peu à peu
dans la brume dupasse, et vraiment, si ce n'était la douleur intime qui lentement consume la duchesse d'Orléans, on pourrait dire que, de 1^85 à 1789, elle va mener une vie dont les trompeuses apparences pourraient sembler enviables.
I. Cf. Le Marquis de Bièvre, par le comte Mareschal, de Biè- VRE. Paris, 1910, p. 162. Correspondance de M™^ dn Deffand, 1866, t. II, p. 325, Mémoires de l'abbé Morellet, 1822, 1. 1, p. 272.