‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 89 sur 168 · M™e DE Gexlis : Op. cit., t. IV, p · texte numérisé non relu

M™e DE Gexlis : Op. cit., t. IV, p

parlé plus haut, et M'^^e ^q Lamballe. L'astre de celle-ci est, il est vrai, au déclin, mais elle aime tendrement la reine et elle amène souvent à sa belle-sœur, ses amies ... innombrables elles aussi ... les Luynes, les Guiche, les Balleroy, les Langeron, les Brunoy, qui appartiennent à l'immédiat entourage de Marie- Antoinette.

A peine peut-on citer dans la société de la duchesse de Chartres, deux ennemies de « l'Autrichienne », M°ie de Coigny et M"^^ ^e Buffon, mais encore celles-ci sont-elles de l'intimité de son mari et non de la sienne.

Il ne faut pas croire, d'après ce qui précède, que la duchesse d'Orléans s'entourât seulement de femmes. Elle ne dédaignait point la société masculine, et le discernement avec lequel elle choisit, dans des sphères différentes, quatre hommes d'esprit pour en faire ses amis de chaque jour, prouve assez qu'elle n'était ni sotte, ni prude.

Tout d'abord c'est le charmant et bien connu Carmontelle — fils d'un savetier — mais qui par son art, son talent de « metteur en scène », d'auteur de charades et délicieux aquarelliste, est devenu l'indispensable du Palais-Royal, puis M. d'Osmont, un vieux célibataire original, distrait au-delà du possible, joueur effréné, mais si homme de cœur, qu'il ne survivra pas aux malheurs de la princesse pendant la Révolution ^ Chaque jour il déjeune chez la duchesse d'Orléans, et le duc d'Orléans le

I. Cf. Mémoires de M-^^ de Boicxe, t. I. passim, et Durtort DE Cheyekny : Mémoires, t. U, pp. 4I et suivantes.

surnomme « le mari de ma femme ». Il y a encore M. de Mornay\ un octogénaire, ancien page du Régent, qui a de la poésie dans l'àme et les mots les plus égrillards de la Régence sur les lèvres. Chaque jour il apporte des fleurs à la princesse. Enfin, il y a le spirituel vicomte de Ségurque nous retrouverons plus tard.

... La duchesse d'Orléans a du goût pour le théâtre. Serait-elle de son temps si elle ne l'aimait pas ! Elle protège Joseph Chénier, pour lequel on ne partage pas son engouement. C'est ainsi que, le 3 novembre 1^86, la Cour, sur ses instances, fait jouer à Fontainebleau la tragédie d'Azémire, qui tombe de la manière la plus scandaleuse, au milieu des rires immodérés et des coups de sifflets -. Plus tard", elle imposera chez le vicomte de Ségur une lecture à haute voix de Charles IX, par Chénier lui-même. Assistance nombreuse, mais résultat médiocre. « Personne n'a été ému, beaucoup ont bâillé et tous se sont écriés que c'était admirable », nous dit M. de Luchet^ ».

La princesse ne se fait pas faute d'encoura* ger l'essor des théâtres qui se sont groupés autour des jardins du Palais-Royal, de ceux principalement qui sont de nature à distraire ses enfants. Il y a là tout un pimpant décor, et l'animation règne joyeuse autour des « petits théâtres » : les Variétés

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