Le i3 janvier
4. Les GoxcouRT : La société française pendant la Révolution , p. 45.
amusantes, le spectacle des wsiisfantoccini italiens, le théâtre des ombres chinoises, celui des Pygmées français \ et surtout le spectacle des petits comédiens du comte de Beaujolais -, où la princesse accompag-ne volontiers ses fils quand on les lui confie par hasard. Assurément, le décor tout doré de cette dernière salle de comédie, le plafond qui représente le Ciel, où des groupes d'enfants forment des guirlandes, le spectacle joué par des enfants substitués ^ aux marionnettes de trois pieds et demi de haut, le choix des pièces S tout cela a quelque chose de naïf et d'honnête, qui séduit la princesse.
Au plaisir du théâtre se mêle celui des réceptions. La duchesse d'Orléans ne manque guère les grands soupers du Palais-Royal, qui ont lieu les soirs de représentation d'Opéra. Ces jours-là, la porte du Palais est ouverte à toutes les personnes qui ont été présentées et dont le bon plaisir est de venir diner chez les Princes sans autre forme d'invitation... Voilà bien les grandes traditions de la courtoisie française. Elles sont à leur apogée et viendront bientôt à leur déclin, quand la Révolution aura fermé les grilles des grands seigneurs devant la marée montante de la démocratie, et quand les nécessités de la vie auront développé
1. Thierry : Guide des amatews et des étrangers voyageant à Paris, 1786.