‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 98 sur 168 · I. Cf. G. Maugras : M"^^ de Custine,passiin · texte numérisé non relu

I. Cf. G. Maugras : M"^^ de Custine,passiin

comtesse Potocka, la malheureuse princesse de Monaco, née Choiseul-Stainville, dont on connaît la fin tragique pendant la Révolution. D'agréables plaisanteries égayent la princesse et son entourage. Le duc de Liancourt compose dans les règles les plus classiques, une romance insipide pour la fête de la duchesse d'Orléans, il signe « Delille » et il la fait insérer dans une contrefaçon à six exemplaires de la Gazette de Lej'de. Désespoir de l'abbé, qui s'imagine que toute l'Europe se gaussera de lui. La princesse ayant été malade et les eaux de la Sauvinière lui ayant fait du bien, M°^e de Genlis, qui multiplie ses efforts pour lui être agréable, organise une superbe fête avec ses enfants. Elle l'a trop minutieusement décrite elle-même pour qu'il soit utile d'y revenir longuement, et quelques mots suffiront ici pour évoquer l'image d'une de ces fêtes de la fin de l'Ancien Régime, attendrissantes, c'est entendu, mais dont le « symbolisme », si totalement dénué de naturel, déroute un peu nos modernes esprits. Avec une rare diligence, les princes, auxquels le « gouverneur » a donné Texcellente habitude des travaux manuels et du lever matinal, défrichent les <( lieux sauvages » qui entourent la source et transforment un « affreux bois » en une (( promenade délicieuse ». Puis, M'^^ de Genlis fait élever un autel de marbre blanc... Enfin, le grand jour arrive. On place « artistement » dans les allées les plus jolies femmes de Spa, vêtues de blanc, la duchesse d'Orléans arrive en voiture, ignorant ce qu'on lui veut. Elle trouve ses enfants « tenant des râteaux, pour marquer qu'ils avaient

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achevé eux-mêmes cette promenade ». Et, tandis que la musique du Vauxhall joue éperdument, elle se rend à Tautel où ses enfants immobiles ont déposé des fleurs tandis que M. le duc de Chartres ^ assis « tient un style et parait écrire sur l'autel le mot Reconnaissance ». Enfin, sur un signal donné, tous se jettent dans les bras de leur mère, et — successivement — « tout ce qui est là fond en larmes ».

Sur le désir du duc d'Orléans, le voyage à Spa fut suivi dune visite à M. de Valence -, qui commandait à Givet, et d'un séjour d'une quinzaine à Sillery,chez M. et M^^ de Genlis. M. de Genhs — ou plutôt M. de Sillery, comme on l'appelait alors — avait « du monde ». Il donna force divertissements et il se montra galant envers la princesse et Md^^ de Genlis, et aimable vis-à-vis du duc d'Orléans, son maître.

A Sillery, sous l'œil bienveillant de la duchesse, se dénoua un petit roman dont l'issue devait lui procurer une amitié sûre et fidèle.

Le duc d'Orléans avait amené avec lui à Spa un de ces gentilshommes éclairés et instruits dont le caractère est fait pour démentir l'accusation de futilité souvent prêté par un système de généralisation trop facile à tous les courtisans de l'Ancien Régime : le chevalier de Chastellux, bien connu en son temps par la place qu'il occupa dans la société et à l'Académie françaises.

1. Le duc de Valois avait pris le titre de duc de Chartres à la mort du duc d'Orléans.

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