‹ Louise Miller drame en cinq actes en vers traduit de SchillerChapitre 17 sur 90 · ACTE I, TABLEAU 11. SCWJE III · texte numérisé non relu

ACTE I, TABLEAU 11. SCWJE III

LE PRÉSIDENT

Que veut dire ceci, que je ne t’aime pas?

Mais on lit mon amour dans chacun de mes pas. Est-ce pour moi, réponds, qut de ma conscience Je me suis exilé? Dans mon impatience De te faire plus grand, je me serais Tendü.

Mes crimes, mes remords, et mon repos pehlti, N’est-ce rien que cela? c’est plus qu’on ne suppose : C’est l’enfer dans un cœur, c’est le regard qui n’ose Sonder les profondeurs de l’abime où Ton va...

Et c’est tqn bonheur seul que mon amour rêva.

FERDINAND recule d’effroi.

Oh ! ne me dites pas que c’est pour moi, de gr;\ce !

Le reflet de ce crime, en me touchant, me glace.

Il vaudrait mieux mourir sans prêtre à ses côtés,

Que de servir d’excuse à tant de lâchetés!

LE PRÉSIDENT

Misérable !... Mais non, achève, c’est justice,

Que pour punir un crime un crime s’accomplisse; Que le père coupable, en son fils innocent Trouve un juge sévère. O Seigneur tout-puissant! Vous l’entendez !... Pour lui j’aurais vendu mon àme. Et c’est lui qui m’accuse! et c’est lui qui me blâme ! h se fait juge enfin de mon triste passé...

Pour qui, mon Dieu, pour qui fûtes-vous offensé ?... Quand mon cœur se déchire, il se pose en victime;

11 reçoit la fortune et me laisse le crime !

FERDINAND

Gardez votre héritage!... Oh! solennellement J’y renonce.

Tais-tûi ! c’est un dur châtiment Que de trouver son fils en travers de sa route... Tais-toi... n’exerce pas ma patience... écoute :

Si les choses suivaient ton espoir, insensé,

Tu ramperais bientôt dans la fange... chassé Par tous les hommes forts qui camnaissent la vie.

FERDINAND

Les honneurs, à ce prix, ne me font point envie.

Plutôt pour une aumône implorer le passant, l'iatter le m.alheuivux que flatter le puissant.

LE PRÉSIDENT

C'est superbe, d’honneur! et c’est d’un homme liabile

FERDINAND

Entre deux actions, je choisis la moins vile.

LE PRÉSIDENT

MagniPiquc 1 mon fils me donne une leçon!

C’est traiter un vieillard un peu trop sans façon.

C’est fâcheux ! à mon âge on a la tète dure.

Et dans une leçon on ne voit qu’une injure.

Nous ne comprenons pas.. le cerveau se fait lent ; Mais, pour ne pas laisser se rouiller ton talent,

Avant qu’un nouveau jour, Ferdinand, ne se lève.

Je veux, pour l’exerrer, te donner une élève,

Tu prendras une femme... oh! tu t’y résoudras !

Mon père !

FERDINAND

LÉ PRÉSIDENT

Dis ou fais tout ce que tu voudras...

On a porté ta carte à la grande-duchesse;

Tu t’y présenteras...

FERDINAND

Commettre une bassesse Aussi grande, mon père... Aller chez la Milford !

Vous ne le pensez pas...

LE PRÉSIDENT

Mais si, j’y pense fort.

‘FERDINAND

Mais vous n’ignorez pas ce qu’a fait cette femme?

Les piloris sont là pour dire : elle est infâme !

Sou nom est une injure, et dans tout le duché... Mais je suis fou, vraiment, d’en paraître fâché.

Vous m’avez fait, mon père, une peur incroyable; Voudriez-vous avoir pour fils le misérable Qui, connaissant Milford, lui donnerait son nom?.. Une prostituée être ma femme !... non...

J’ai pris au sérieux une plaisanterie...

LE PRÉSIDENT

Peux-tu. m’ôter vingt ans? c’est moi qui me marie... Le misérable, alors, c’est moi ! Mc diras-tu Que je suis un cœur lâche, une âme sans vertu?

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