I. E s E R V ITEURj irooique
« Oh ! rien, ou peu de chose.
MILADY
« Comment, rien!., es-tu fou?
(Elle recule.)
« Est plus dur qu’un reproehe; il me perce îecœun^**”^"'^ « guoi, rien! ces diamants d’une valeur immense ?
SERVITEUR, de même.
« Hier, sept mille enfants sont partis pour la France « Ils vont en Amérique, où la mort les attend :
« Madame, ils ont payé ces bijoux en partant.
„ . MILADY
« Mais tu pleures... qu’as-tu?
LE serviteur, regardant l’écrin.
/, , « Ce sont de belles pierres.’
(Avec UQ fÿuglot contenu.)
« J’ai deux fils là-dedans...
MILADY, i part.
„ 1 ^.,^ 1-11 , “ pleurs, de prières '
« Que le ciel n’entend pas! ’ '-pnures.
(Haut.)
„ , « Dis-moi la vérité.
« Employa-t-on la force?..
LE SERVITEUR, de même.
I r .. . .. Oh! non, leur volonté
« Les a fait s exiler! c’est une chose unique,
« Que leur empressement à gagner l’Amérique.
« Quelques-un.s, il est vrai, mais des enfants perdus “ T qui avait vendus ; ^
« R^r père;
Bref, combien .s achetaient les hommes à la paire- « Des fous ! Le colonel a dit au régiment : ^ ^
« Fusillez ces bavards... Les soldats, bravement « Ont execute l’ordre, et Ton a vu les dalles ’
« Se couvrir de leur sang sous la grêle 'des balles !
« Lest horrible, mon Dieu! Je n’ai rien entendu !
« Vous étiez a la chasse, et vous avez perdu ;
« C’était un beau spectacle où l’on voyait des mères « Se meltre à doux genoux, et de larmes amères « Couvrir de ces lajurreaux la main teinte de sang.
« Oh! c’était 1111 siiectacle unique, intéressant !
« Où vieillards, jeunes gens, l'oimnes et jeunes filles,
« Agiles ou perclus, portes par des béciuilles,
« N’étaient qu’une prière immense; où les parents « r.laçaient les speclaleurs de leurs cris déchirants.
« Mais le tambour battait et couvrait la jirière.
« Le cœur qui ne veut pas entendre se fait pierre.
« La consigne exigeait, et le pauvre soldat « Fit peut-être en pleurant ce qu’on lui commanda.
« C’était un beau spectacle...
MILADY
» « Horrible! épouvantable !
(Rejetant l’écrin.)
« Point de ces diamants qui me rendraient coupable « Dccet assassinat... Mon Dieu! j’ai trop sotillert;
(Repoussant l’écrin du pied,]
M Ils lancent dans mon cœur les flammes de l’enfer.
(Uu repos.)
« Et l’on m’a dit pourtant que j’étais adorée,
« Que je séchais les pleurs de toute la contrée ;
U Une lumière affreuse a lui !... J’y vois enfin !
« De ces atrocités quelle sera la lin ?
(Au serviteur. )
« Va... disait prince... Non, je lui dirai raoi-mème.
(a part.)
« Et cet homme pourtant peut penser que je l’aime !
(Haut.)
« Prends cela pour m’avoir appris la vérité.
(Elle jette une bourse pleine d'or dans le cbapeau du serviteur.) LE SERVITEUR ; il rejette la bourse avec dédain.
« Gardez, gardez cet or... je n’ai pas mérité « Cette insulte, lady.
(il sort en courant.)