‹ Louise Miller drame en cinq actes en vers traduit de SchillerChapitre 23 sur 90 · I. E s E R V ITEURj irooique · texte numérisé non relu

I. E s E R V ITEURj irooique

« Oh ! rien, ou peu de chose.

MILADY

« Comment, rien!., es-tu fou?

(Elle recule.)

« Est plus dur qu’un reproehe; il me perce îecœun^**”^"'^ « guoi, rien! ces diamants d’une valeur immense ?

SERVITEUR, de même.

« Hier, sept mille enfants sont partis pour la France « Ils vont en Amérique, où la mort les attend :

« Madame, ils ont payé ces bijoux en partant.

„ . MILADY

« Mais tu pleures... qu’as-tu?

LE serviteur, regardant l’écrin.

/, , « Ce sont de belles pierres.’

(Avec UQ fÿuglot contenu.)

« J’ai deux fils là-dedans...

MILADY, i part.

„ 1 ^.,^ 1-11 , “ pleurs, de prières '

« Que le ciel n’entend pas! ’ '-pnures.

(Haut.)

„ , « Dis-moi la vérité.

« Employa-t-on la force?..

LE SERVITEUR, de même.

I r .. . .. Oh! non, leur volonté

« Les a fait s exiler! c’est une chose unique,

« Que leur empressement à gagner l’Amérique.

« Quelques-un.s, il est vrai, mais des enfants perdus “ T qui avait vendus ; ^

« R^r père;

Bref, combien .s achetaient les hommes à la paire- « Des fous ! Le colonel a dit au régiment : ^ ^

« Fusillez ces bavards... Les soldats, bravement « Ont execute l’ordre, et Ton a vu les dalles ’

« Se couvrir de leur sang sous la grêle 'des balles !

« Lest horrible, mon Dieu! Je n’ai rien entendu !

« Vous étiez a la chasse, et vous avez perdu ;

« C’était un beau spectacle où l’on voyait des mères « Se meltre à doux genoux, et de larmes amères « Couvrir de ces lajurreaux la main teinte de sang.

« Oh! c’était 1111 siiectacle unique, intéressant !

« Où vieillards, jeunes gens, l'oimnes et jeunes filles,

« Agiles ou perclus, portes par des béciuilles,

« N’étaient qu’une prière immense; où les parents « r.laçaient les speclaleurs de leurs cris déchirants.

« Mais le tambour battait et couvrait la jirière.

« Le cœur qui ne veut pas entendre se fait pierre.

« La consigne exigeait, et le pauvre soldat « Fit peut-être en pleurant ce qu’on lui commanda.

« C’était un beau spectacle...

MILADY

» « Horrible! épouvantable !

(Rejetant l’écrin.)

« Point de ces diamants qui me rendraient coupable « Dccet assassinat... Mon Dieu! j’ai trop sotillert;

(Repoussant l’écrin du pied,]

M Ils lancent dans mon cœur les flammes de l’enfer.

(Uu repos.)

« Et l’on m’a dit pourtant que j’étais adorée,

« Que je séchais les pleurs de toute la contrée ;

U Une lumière affreuse a lui !... J’y vois enfin !

« De ces atrocités quelle sera la lin ?

(Au serviteur. )

« Va... disait prince... Non, je lui dirai raoi-mème.

(a part.)

« Et cet homme pourtant peut penser que je l’aime !

(Haut.)

« Prends cela pour m’avoir appris la vérité.

(Elle jette une bourse pleine d'or dans le cbapeau du serviteur.) LE SERVITEUR ; il rejette la bourse avec dédain.

« Gardez, gardez cet or... je n’ai pas mérité « Cette insulte, lady.

(il sort en courant.)

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