ACTE II. TABLEAU F, SCÈNE VI
Tu petix chasser la honte ol jh'ux sauver mon Ame,
Et qu’elle t’entourât de ses bras, cette femme ,
(Rite l’entoure amoureusement de ses bras.)
Qui te dirait : Le ciel, loi seul [teiix me l’ouvrir;
La vertu, dans mon cœur, par toi peut refleurir;
Le veux-tu, Ferdinand?
(Elle détourne son visage, et continue en sanglotant.)
Oh ! si tu la repousses,
Si tu fermes le ciel où les voix sont si douces.
Si tu laisses tomber ces besoins de vertu.
L’enfer va se rouvrir... réponds, que ferais-tu?
FERDINAND, se dégageant de ses bras et trèà-oppressé.
Que dites-vous? Il faut...
MILADY
Ne réponds pas, de grâce!
Non, par Dieu qui m’entend, par tes mains que j’embrasse. Dans ce moment horrible où Je sens le remord Me déchirer le cœur... c’est la vie ou la mort.
Oh! non, ne réponds pas, Ferdinand, daigne attendre :
Je n'ose, je ne peux, je ne veux pas t’entendre.
FERDINAND
En venant, je me suis étrangement mépris ;
J’ai cru ne voir en vous qu’un objet de mépris.
Je l’espérais ; enfin j’avais la conscience D’emporter votre hqjne en vous laissant l’offense.
Heureux si mon projet. Madame, eût réussi.
J’ai lu dans voire cœur, écoutez donc aussi,
Et lisez dans le mien : J’aime une jeune fille De naissance bourgeoise et de pauvre famille.
Le père est organiste et rien ne la défend Contre votre courroux.
(MiUd; détourne la tète.)
J’ai perdu cette enfant...
Tai déchiré, lady, sa robe d’innocence;
C’est une lâcheté. La voix de la prudence M’ordonne de la fuir, de ne plus la revoir;
Mais Je n’écouterai que la voix du devoir.
De l'amour à l’honneur que la lutte s’engage,
D’avance je connais le vainqueur... mon doùrage Est plus fort à lui seul que tous les préjugés !
Mon Dieu !
HILADT.
FEnOINAND.
Qu’en dites-vous?
MILAOY.
Rien. Que vous nous jugez; Que vous venez, Walter, de signer la sentence Qui nous frappe tous trois.
FERDINAND
Tous trois...?
MILAD Y.
Oui ! plus j’y pense,
Moins je vois le bonheur possible pour nous deux ;
Car la main, sans le cœur, n’est qu’un marché hideux.
Le cœur ne suivra pas celte main qu’on me donne.
Sans amour... forcément.
FERDINAND
Que le ciel me pardonne !
Je crois comprendre enfin... Vous comptez donc avoir La main, malgré le cœur, sans le cœur ; recevoir Le mari sans l’amant !.. Non, vous qui, tout à l’heure...
Non, vous ne voudrez pas, milady, qu’elle meure.
Je suis son univers... elle n’a, cette enfant.
Qu’un cœur qui lui répond, qu’un bras qui la défend ;
C’est mon bras, c’est mon cœur, voulez-vous tout lui prendre?
MILADY
Je le dois.
(Avec force, et sérieusemeat.)
Mon amour aurait pu vous entendre;
Hier, il vous eût dit oui; mais hélas! maintenant Mon honneur vous dit non. Vous savez, Ferdinand,
Que la chose est publique et qu’elle-nous enchaîne Fatalement tous deux. Tous les traits de la haine Sont dirigés sur moi ; sur mon front vont peser Les regards de la foule ; oser me refuser.
C’est publier ma honte et me rendre odieuse !
(Av*c prière.)
Vous ne le ferez pas, je suis trop malheureuse !
(voyant Ferdinand se détourner sans répondre.)
Ce mariage, au reste, il doit être... il sera...
Je ne vous retiens plus.