scène qui venait de se passer
Une voiture attendait devant la porte;
Jy montai et les agents me conduisirent à la Diputacion qui est le poste central de police. Je fus alors amené devant l’inspecteur général de police, M. Lagarde qui me dit simplement qu'il avait un ordre particulier du président de la République de n'arrêter et de me mettre à la disposition
du ministre de la guerre.
On me fit monter dans une autre voiture et l’on me conduisit à la Caserne des Y LA + , , , , Sapeurs, où je fus emfermé au corps de garde avec force sentinelles et livré à mes tristes réflexions. J’avouerai sans peine qu'à ce moment elles n'étaient pas toutes
ge Ne couleur de rose et que, certainement, J'avais
une peur terrible d'être fusillé illico ; avec
rh 6 CET LES À MN ER)
gens de la trempe du général Gonzalez on pouvait s'attendre à tout,
Il n’en fut rien heureusement, et vers les dix heures du soir, M. Lagarde, accompagné d'un colonel de l'état major du président, venait de nouveau me chercher pour me conduire à la Gendarmerie de l’armée où je passai la nuit.
Le dimanche, 22 juin, à quatre heures du matin, une escorte spéciale de sapeurs venait me prendre et j'étais mis dans le train de Veracruz avec une garde de vingt hommes
et deux officiers. J'avais une sentinelle de
chaque côté de mon siège, toutes les fe-
nêtres du wagon étaient fermées et il m'était défendu de communiquer avec âme qui vive.
Raconter les atroces tortures de ce voyage qui a duré jusqu'à huit heures du soir serait
vraiment trop long. La chaleur, l'odeur
DER re PE LE SA
r2 ss A
exhalée par la maréchaussée mexicriue répugnerait à la plume la plus naturaliste.
Enfin, une partie de ce supplice cessa en arrivant à Veracruz où je fus conduit au Quartier du 18e d'infanterie.
Après une nuit passée sur la paille humide des cachots, le lundi matin, à huit heures, le major de la place de Veracruz, M.
le colonel Camacho, un charmant homme, soit dit entre parenthèses, vint me chercher pour m'emmener au fort de San Juan de Uloa où je passai la journée; le soir il vint encore me chercher pour me conduire en rade à bord du bateau de guerre mexicain Libertad qui, par une singulière ironie, devait être ma prison définiti * jusqu'à mon départ.
Enfin, le vendredi 27, la chaloupe de la
Place de Veracruz venait me prendre et me
déposait à bord du City of Washington sur
lequel je quittai le Mexique, en lui disant un adieu passablement mêlé d'amertume.
Nous ferons de même, mais pour dire adieu à Mexico, nous nous dirigerons maintenant vers la frontière Nord et ce trajet formera la dernière partie de ce voyage * toute vapeur,
IT
Pour partir de Mexico et se diriger vers la frontière américaine il y à maintenant deux lignes de chemins de fer : l’une, le Central, sortant du Mexique par El Paso, l’autre le National, sortant par Laredo.
C’est la première qui est de beaucoup la plus ancienne et la plus intéressante, c’est celle que nous prendrons pour sortir de la République Mexicaine. Cette ligne, cons-
truite par des Américains, à été inaugurée
au mois d'avril 1883 dans des circonstances assez bizarres pour être racontées.
Afin de faire un certain éclat au sujet de cette inauguration, la compagnie avait invité de nombreux excursionnistes à prendre place dans des wagons luxueux. On peut dire que ces malheureux touristes ont lavé la ligne nouvelle de leur sang. Les magnifiques palace-cars, avec restaurant somptueux, bourré de champagne, de truffes et de toasts internationaux, ont été violemment couchés sur le flanc et les inaugurateurs trop pressés ont pour tout festin mordu la poussière !.. Ce premier accident a été suivi de plusieurs autres.
Une autre fois, les Indiens enlevèrent les éclisses et les boulons reliant les rails jetés sur un pont, Ils attachérent ensuite des cordes à ces rails et attendirent sur leurs
chevaux l'arrivée du train, Dès que celui-ci
nS-
fut en vue du pont, ils enroulèrent le bout des cordes autour du pommeau de leurs selles et partirent au triple galop, en retournant la tête pour jouir du spectacle inédit d’un train express roulant dans une rivière. Cela devenait un vrai sport que de faire dérailler
ces excursionnistes entêtés.
Le gouvernement mexicain autorisa les agents de la Compagnie américaine à faire pendre ou fusiller, sans aucune forme de procès, tout dérailleur pris sur le fait.
Quoique le “ flagrant délit” ne fût pas d'une constatation facile, la Compagnie s'empressa de profiter de l'occasion pour faire un exemple, et elle fit fusiller dixhuit individus de mauvaise mine.
Quelques jours après, on pendit quatre gaillards, haut et court, dans l'espoir que
leurs corps, se balançant dans le vide à
À 24 k fl \ Hi ÿ 7: ht ëf, i ep F1 4 } ; ! ji } È ; k ! | À À Î We É [ î {4 : Œ:
Ê on * 4 14 : « Î Fan | #4) © 141 , fi ‘À HR ER : | Fr L A ‘ ne ; a 1 4 (hi Û Î n Î À Ë i M.
, À “46% +] nn f ET: