‹ Louisiane, Mexique, Canada [microforme]Chapitre 16 sur 53 · STE VE · texte numérisé non relu

STE VE

malédictions le profane qui a osé dépasser le seuil de la maison de Dieu.

À part ces réflexions qui rappellent beaucoup plus la Favorite et Robert le Diable, que la vieille Inquisition, le voyageur n'a plus rien à craindre au Mexique de l'intolé- “ance religieuse des races espagnoles.

Ces pensées, qui inquiètent le voyageur en arrivant à Zacatecas sont promptement dissipées à la vue des magnifiques travaux modernes de mines dont l'activité contraste singulièrement avec le calme qui règne dans le centre.

En continuant la route, on passe à Fresnillo.

Fresnillo, un des points principaux du chemin de fer Central, était autrefois ur centre minier d’une merveilleuse richesse, d’où sont sorties des quantités énormes

d'argent, maïs où ies travaux ont dû être

interrompus faute de machines d’une “force sufisante et faute de moyens de transport.

Aujourd'hui, le chemin de fer permettra d'amener à meilleur marché des pompes et des outils perfectionnés, et on peut prédire sans doute que Fresnillo sera bientôt appelé à revoir ses anciens jours de splen-

deur.

De Fresnillo, nous atteignons Villa Lerdo, ville sans importance, puis Chihuahua, ca-

pitale de l'Etat du même nom.

Chihuahua est, à proprement parler, la première ville d’une certaine importance, qu'atteint le chemin de fer en venant des Etats-Unis. Le peu de temps depuis lequel elle est reliée aux Etats ne lui a pas encore permis de prendre tout le développement que l’on est en droit d'espérer mais déjà ses

mines et entre autre celles de Santa Eulalia

font Prévoir 1es progres auxquels elle peut prétendre.

En partant de Chihuahua, une ligne de montagnes innnenses, derniers contreforts de la Sara Madre repose la vue et l’arrête sur un arriei ©! n vraiment orandiose.

Peu à peu cevt elle vue fait place à un paysage plus triste,

Un sable fin d’une blancheur éclatante {: | fatioue Poil en réflétant les rayons d’un 1 soleil ardent, seuls quelques cactus inter- L rompent la monotonie de ce paysage que le train traverse à toute vitesse en soulevant des tourbillons de poussière.

C’est ainsi que le voyageur arrive à Paso del Norte.

Paso del Norte est la ville mexicaine sur le Rio Bravo et en face est ET Paso la ville

américaine,

Les deux villes sont reliées l’une à l’autre

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par un immense pont international qui assure les communications et laisse passer les trains des Etats-Unis.

La population d'El Paso s'est élevée en trois années de 500 à 5,000 âmes.

Le désordre, le crime,le jeu qui y régnaient en maîtres en ont été promptement expulsés et depuis, la ville s’est rapidement développée. Des rues et des maisons ont été construites, l’eau est distribuée maintenant à haute pression dans toute la ville, les rues sont éclairées à la lumiere électrique.

Un tramway qui unit aujourd'hui EI Paso et Paso del Norte a donné l’année dernière 30/ de dividende,

Enfin, chaque jour, d'immenses magasins s'établissent pour le trafic avec le Mexique et la ville d'EI Paso est destinée à un avenir des plus florissants,

Paso del Norte à profité également des

causes qui ont favorisé le développement d'El Paso. |

Cette ville est situé au centre d’une région riche, fertile et particulièrement apte à la culture de la vigne ; elle produit actuellement une grande quantité de vin dont il serait facile l'améliorer la qualité.

Paso del Norte est en outre parfaitement situé pour l'établissement des industries qu'il est plus avantageux d'établir au Mexique même, comme celle des conserves en

boîtes, On pourrait facilement y fabriquer

des conserves de bœufs du Chihuahua ou de

fruits Mexicains.

Voici la frontière, voici la douane amé-

ricaine et il ne reste plus qu'à résumer

brièvement ce que nous avons vu dans

cette longue route et les conclusions que

l'on peut en tirer maintenant que l’on parle

plus que jamais de relations commerciales entre le Mexique et le Canada.

Il n’y a pas longtemps encore, on représentait le Mexique comme un pays sauvage, barbare, et toujours en révolution, il est temps d'en finir avec ces billevesées.

Les idées et les choses ont bien changé pendant ces derniers temps. Les hommes marquants n'ont pas cessé, sans doufe, d’être anbitieux ; mais cette ambition semble se borner désormais à être utiles à le pays et à lui faciliter le développement de ses richesses et de ses ressources. L'expérience du passé a été profitable à tous ; les auteurs de pronunciamientos ne trouvent plus aussi facilement des dupes qui se sacrifient à leurs ambitions égoïstes. Une des plaies vives du Mexique était le nombre de ces généraux et de ces colonels sans troupes qui ne recevaient du

gouvernement que des salaires intermittents,

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et dont l’industrie était, s’il est permis de dire ainsi, la production du désordre. Aujourd’'hui les cadres de l’armée régulière ont été grandement réduits ; les officiers maintenus dans ces cadres sont régulièrement soldés, tandis que ceux qui ne leur appartiennent plus reçoivent des subsides jusqu'à leur mise à la retraite, ou de l'emploi dans les services civils

Les finances, longtemps gaspillées, s'y gerent Maintenant d’une façon plus prudente, et il semble bien que si l'ère des troubles intérieurs se ferme définitiment, le Mexique pourra, avec un peu d'efforts, faire face à des obligations extérieures qu'il a répudiées au grand détriment de sa bonne réputation financière comme de ses intérêts mêmes, en tant qu'Etat nouveau qui a

besoin, pour le développement de ses res-

DE MEXICO À LA FRONTIÈRE AMÉRICAINE 135 sources latentes, du savoir et du capital des vieux pays.

On a tout à fait tort de considérer le Mexique comme unenationfatalement vouée à la banqueroute, “ une nation incapable

d'offrir un liard d'intérêt pour une livre

prêtée—uwnable to offer « furthing in the pound.” ses ressources sont immenses comme l'a dit Humboldt, “ ce vaste empire convenablement cultivé produirait à lui seul tout ce que le commerce demande au reste du

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Par une belle journée de Novembre 1883, le Tout-Mexico était réuni à l’hippodrome de Peralvillo où le Jockey Club Mexicain donnait ses courses d'automne. Une foule élégante garnissait les tribunes et l’affluence était telle que beaucoup de personnes, qui n'avaient pu y trouver place avaient dû se résigner à rester debout dans le prome-

noir qui longe les gradins,

Tout à coup, au moment où la cloche des juges faisait évacuer la piste et rentrer les curieux dans l'enceinte qui leur était réservée, un tumulte attire l’attention générale vers la tribune de gauche où tout le monde est levé pour voir entraîner par les gardes ruraux, un jeune homme bien mis suivi de plusieurs amis qui protestent tous contre l'excessive brutalité déployée à l'égard d’un citoyen paisible. |

Renseignement pris, il s'agissait d'une simple difficulté à propos de siéves laissés inoccupés dans l'intervalle de deux courses par un spectateur et dont un nouveau vena s'est emparé par erreur.

Malheureusement la chose qui eût pu être réelée en deux mots, s'est envenimée par des insultes réciproques et le ticulaire primitif des siéges a cru devoir appuyer sa

réclumation de l'intervention officielle qui a

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