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n effet le plafond est décoré de trianules, de nuées, d'œils symboliques auxquels, profane, je n'avais d'abord attaché aucune importance,
Des le premier mot, le chef politique nous met à l'aise et, comme tout bon fonctionnaire, enchanté de jouer un tour à ses collevues de Mexico, nous assure qu'on ne viendra pas nous prendre tant que nous serons sous sa vurde,
Nous passons ainsi deux jours sans bouger et enfin nous recevons avis de Mexico que tout est arrangé avec Dame Justice et que, Si nous arrivons, nous serons admis à caution de suite sans difficulté, en attendant le procès,
Le soir même nous rentrions à Mexico et le lendemain nous nous présentions à la Diputacion où le juge chargé de l'enquête
nous attendait.
Après avoir donné nos dépositions, on
nous demande chacun SE000 de caution
pour la inise en liberté.
Le chiffre était un peu fort pour des jour-
nulistes, surtout au retour d’une expédition
du genre de celle que nous avions entre-
prise et je pense que nous serions encore à
pourrir sur la paille humide des cachots, si
le juge n'eût facilité la chose en acceptant
pour nous le cautionnement de deux gref-
fiers qui eurent pitié de notre sort.
Un mois après nous passions en jugement
tous les sept, le combattant qui avait
eu la vie sauve, les quatre témoins et les
deux médecins.
Tous les sept, nous fûmes acquittés haut
la main.
C'est éval, je ne suis pas prêt à recom-
inencer !
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De taille moyenne, bien campée, le buste bien sorti, droite comme une lame d'acier, flexible comme une épée de Tolède, souvent brune, rarement blonde, promenant $ à cui iminois rose éclairé par des yeux toujours beaux, quelquefois raagnifiques, la Canadienne arpente d'un pied sûr, Montréal son
domaine.
LA CANADIENNE o1
La tête est bien rejetée en arrière, le nez
est tendu au vent et elle s'avance crânement, les mains dans les poches. A sa seule vue on sent qu'un homme entier ne lui fait pas plus peur qu'à son ancêtre Serpolette.
Le costume fait bien ressortir les qualités de la race, Le manteau de drap, de coupe un peu homme peut-être, la toque hardiment plantée sur l'oreille, dénotent bien le sang des vaillantes petites françaises qui en cent ans ont presque deux fois déceuplé la population franco canadienne.
Tout dans la canadienne respire la santé et la gaité, C'est là d'ailleurs le fond de son caractère, Caractère un peu insouciant peut-être comme celui de toute la jeunesse heureuse, née sur un continent neuf où elle n'assiste pas aux duretés, aux luttes, aux misères, aux chagrins du s/ruggle for life
‘ de l'ancien continent,
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L'avenir Jui apparait tout en beau, elle
sent autour d'elle sa patrie qui grandit chasd ° ,, . . , . .
que Jour, qui s'élargit, qui s'enrichit chaque
année et son esprit se détend insoueiant pour
s'épanouir en toute liberté.
Sa gaieté, son entrain éclatent maluré elle. Voyez les canadiennes sortant le samedi de x matinée et descendant en ville
pour faire un tour de rue St-Jacques.
Vous les rencontrez par bandes dans Île Beaver Hall qu'elles descendent de front, en caquetant et déchirant à pleines dents Îles passants qui les croisent ou ceux qui Îles dépassent.
Malheur à celui qui s'expose à cet aréopage ou que la malchance amène à affronter ces juges implacables.
D'aussi loin que lessaim espiègle la
aperçu, il est passé en revue par trois ou
quatre paires d'yeux malins qui ne pardonnent pas.
De la pointe de ses bottes au sommet de son chapeau, il est saisi, coté, mesuré, apprécié et Jugé.
Le pauvre passant incapable de soutenir sans broncher l'inspection dont il est l’ob- Jet, mâchonne son cigare, baisse les yeux et renfonce ses gants.
Tout-à-coup un éclair à traversé la bande.
L'upe des promeneuses à poussé le coude de sa voisine et soufflé un mot,
Comme une traînée de poudre, le mot fait le tour de la bande et tous les yeux se sont fixés impitoyables sur le point défectueux de la personne où de la toilette du pauvre passant.
Le malheureux à sins doute le nez rouge où le nœud de sa cravate est mal fait.
Il ne s’en doute pas ct continue à s'avan-
cer sous une batterie de rewards narquois.
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Les joues sont tendues, les yeux brillent, toutes se serrent l'une contre l'autre pour ne pas laisser échapper l'envie de rire qui les étouffe.
La victime est passée et tout-à-coup part comme une fusée un éclat de rire moqueur qui se communique de l’une à l’autre et fait retentir les échos de sons argentins qui sortent de ces jolies bouches impitoyables.
Le malheureux passant cherche et recherche quel est le point qui a pu faire rire ces Jeunes têtes et celles-ci qui se sont retournées sans pitié continuent encore à se délecter de la déconvenue de leur victime.
Mais comment se fâcher, elles rient de si bon cœur et montrent de si jolies dents !
Si la canadienne est rieuse et espiègle elle a aussi d'autres qualités plus sérieuses.
Elevée dès son jeune âge dans la liberté la plus grande. elle se fait vite aux exi-
vences de la société.
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Encore toute jeune fille, fillette quelquefois même, elle sait recevoir au salon avec ur aplomb et une facilité vraiment charmante. Elle sait déja intéresser les visiteurs, faire l part de chacun, accorder à l’un le mot désiré, à l’autre le regard convoité.
C'est de cette agréable habitude contractée fort Jeune que résulte le grand charme des réceptions canadiennes.
C’est à cette liberté que nous devons, nous autres étrangers, de nous trouver tout de suite à notre aise dans toutes les familles où les jeunes filles secondent si bien leur mère dans la lourde tâche de recevoir les visiteurs et trouvent moyen d'accorder à tous leurs amis anciens OU nouveaux, jeunes ou vieux, laïids ou jolis garçons, niais ou spirituels, les mêmes attentions et les mêmes prévenances.
Avec quelle finesse, la canadienne, pareille
à un général dirigeant ses troupes, voit tout, observe tout, fuit cesser les conversations qui s’éternisent, réchauffe les froids, encourage les timides et finit par accorder à chacun les cinq minutes réglementaires.
La canadienne dans sa conversation se
ressent de sa liberté d'éducation, elle est
quelquefois un peu entière et autoritaire.
Habituée à avoir dans sa famille les cou- , Q . \ . A dées franches elle continue à agir de même :
avec les étrangers.
Quelques-uns ont parfois la maladresse
de se plaindre de cette franchise, ce sont
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Le Fa 624 :
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des grincheux.
Quant à moi, tout en la constatant je ne m'en plaindrai, car je dois avouer que, comme la lance d'Achille, elle sait guérir les blessures qu'elle cause et si elle vous vaut quelquefois un attrapage sur les défauts des
Français, elle à l'attrait de nous procurer
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bien des compliments que nous n'aurions pas osé espérer.
Malgré cette indépendance d’allures, la canadienne est fervente catholique. Elevée des sa plus tendre enfance dans la stricte observation d'une religion qu'elle sait être la garantie de sa nationalité elle marche dans la vie avec l'âme tranquille et le calme de la croyante.
Elle repousse les idées d’émancipation ou de révolte et traverse les mille incidents de l'existence le front haut et le cœur reposé.
De ce mélange de liberté sociale et de retenue morale, résulte un être charmant, un peu bizarre, peut-être, difficile à analyser, tout extérieur, tout en dehors, mais si aimable, si entraînant que l’on ne veut pas approfondir et que l’on craindrait de briser l'idole en le ramenant au sérienx de l’exis-
tence,
L'hiver est surtout l’époque où ce tempérament de feu se montre dans toute sa force,
La canadienne est la créole du nord. S'il
faut aux unes les bananiers et le hamac, il faut aux autres la neige.
Aussitôt que la terre à recouvert son blanc manteau, une femme nouvelle apparait.
La canadienne est dans son élément. Armée de pied en cape pour lutter, vous la voyez poindre aux premières neiges.
Avec son habit bleu ou blanc, Trappeur ou Canadien, son petit bonnet de laine campé sur l'oreille avec la crânerie d’une cantinière de voltigeurs, chaussée de fins mocassins, elle défie vents et tentpêtes.
Que nous sommes loin de nos patites parisiennes blêmies par le froid, se cachant le
nez et les oreilles, gémissant à chaque rafale
pé-
Sa
et rappelant ces frêles petits rosiers cravatés de mousse, emmaillottés de paille, qui, sur le Marché aux Fleurs, s'effeuillent au vent d'hiver.
Par contraste, voyez un peu un groupe de ces charmants démons : toute la fleur hivernale est réunie là et sil fallait jouer aux petits Jeux, quelle magnifique moisson pour un bouquet d'hiver.
* Depuis le perceneige au blanc calice, la bruvere aux clochettes roses, l’épine chargée de corail, le gui aux guirlandes ponctuées de grains d'argent, jusqu'aux branches de houx dont les baies éclatantes se détachent comme des gouttes de sang, chaque fleur, chaque plante trouverait son type et sa personnification.
Et maintenant, pour finir ce portrait aussi
consciencieusement tracé que possible, si
200 LA CANADIENNE vous me demandez quel est en somme mon avis, Je vous répondrai comme dans votre chant national :
Vive la Canadienne !
mon
otre
La vie du véritable mexicain, non pas du mexicain des villes, qui est un être complexe, un composé bizarre de gommeux et d'atzèque, mais du mexicain de l'intérieur, du propriétaire cultivateur, se passe constamment à cheval. Le cheval, pour, lui est le seul mode de locomotion raisonnable et
vous l’étonneriez fort, je crois, en lui disant