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prendre la route vers l'Est. Il nous fallut user du même subterfuge que précédemment pour obtenir un passage gratuit, mais cette fois il nous survint un incident comique. Nous guettions le train de marchandises, et aussitôt qu'il fut arrivé près de la gare nous escaladâmes un wagon vide.
En un ir:tant la porte fut refermée et nous étions installés tous les trois chacun dans notre coin, scrupuleusement muets etassis les genoux relevés à hauteur du nez, pour tenir moins de place. Il faisait nuit noire dans le wagon. Tout à coup, une des portes du petit côté s’entrouve et dans l'obscure clarté que produit cette ouverture nous voyons un individu se glisser avec précaution. Nous retenons tous notre souffle, et le pauvre gaillard marche sur la pointe des pieds pour
ne pas être entendu des hommes d'équipe.
Il s’avance à tâtons, les mains en avant vers
le coin occupé par un de nos compagnons de route qui ne bronche pas. Tout à coup, il pose sa main sur une tignasse crépue, pousse un cri, allume une allumette et inspecte le char : trois figures grimaçantes décorent les trois angles. C’en est trop, le pauvre nègre, car c'en était un, crut à une évocation diabolique, d’ailleurs notre accoutrement devait faciliter cette erreur, et sans mot dire il repassa par le même chemin qui l'avait amené, en ayant bien soin de fermer la porte derrière lui. Le train se mit en marche et bientôt nous éprouvions l’agréable sensation du mouvement qui indiquait nos progrès vers l'Est tant convoité. J'avouerai que je m'endormis avec délices, quoique la position prêtât peu à la béatitude et que j'eusse encore de temps
en temps la ‘désagréable sensation d’une
gnons coup, répue, te et çantes trop, erut à notre eur, et e chen soin train éprouement t tant lormis At peu temps
d'une
pluie de blocs sur les parties les plus sensibles de mon individu.
Le réveil fut très pénible. De grand matin une voix rude nous fit tressailir en agrémentant ses avis d’une pluie de jurons bien conditionnés. Nous apprîimes alors, qu'il nous fallait déguerpir pour plusieurs raisons : d'abord parceque les trains de marchandises ne transportent pas de voyageurs ; ensuite, parceque, en eussent-ils transportés, nous n'avions pas le sou pour payer notre quote-part,
Nous étions au lac Charles, sur le Bayou Calcasieu, (prononcez calcachou,) et la compagnie que nous avions ainsi frustrée de trois passages avait eu l’obligeance de nous faire dégnerpir à la tête du pont de trois milles de long qui couvre la baie Charles et le marais avoisinant,
Trois milles à faire sur un pont à claire-
er
voix, ce n'est pas une petite affaire ; j'en appelle aux chasseurs canadiens qui ont pu traverser quelques-uns des diminutifs de ces ponts immenses. Enfin, nous nous engageâmes sur cet échafaudage interminable et nous eûmes tout à coup la surprise de voir une machine de manœuvre, un passepartout, desservant les scieries de la rive droite arriver sur nous à toute vitesse :
nous étions trop avancés pour battre en retraite et il fallut prendre une décision : la voie est trop étroite pour nous permettre de rester debout, instinctivement nous eûmes tous les trois la même idée, nous ous laissâmez glisser chacun le longd'undes poteaux qui soutiennent les rails et nous nous cramponnâmes là, laissant passer le train au dessus de notre tête. Pour qui s'est jamais trouvé ainsi suspendu au - dessus de 50
pieds d’eau lorsqu'un train de dix wagons
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