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printemps sur la Rivière Rouge m'avait frappé.
Ces inondations surprenaient autrefois
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les immenses troupeaux de buffles qui pais-
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saient dans les riches et gras pâturages arro-
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sés par cette rivière.
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Les buttles étaient balayés par centaines,
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que dis-je, par milliers ; et, dans mon esprit,
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je faisais un rapprochement avec ce qué J'avais lu des immenses dépôts d'ivoire mammouth et de squelettes d'éléphants que l’on trouve à l'embouchure des gigantesques fleuves de Sibérie.
L'origine de ces dépôts ne peut-elle pas
être de même nature ?
Des troupeaux d’'éléphants aussi nombreux que nos bisons américains ne vivaientils pas autrefois dans ces vastes plaines, sur les rives de ces puissants cours d’eau ?
Les inondations du printemps n'ont-elles pas pu en emporter des centaines, les noyer, et disperser les carcasses sur leurs rives ou dans leurs estuaires, absolument comme la Rivière Rouge a emporté ces milliers de buttles, et déposé leurs ossements sur ses bords ?
Je ne pensais jamais revoir Toronto, et] y
adressais le résultat de mes observations
AMCOUR ET PÉRIL
comme un tribut tardif payé à ses éruilits.
Nous n'avions rien à faire à Winnipeg, qu'à acheter des provisions, et bientôt nous voguâmes sur le lac du même nom, qui s'étendait au loin devant nous.
Au bout de quelque jours, notre bateau nous laissait à l'embouchure de l'immense Saskatchewan, qui se perd dans le lac à tra-
vers une immense région de marais, de
lagunes couvertes de plantes aquatiques,
dont les bas-fonds herbeux m'inspirèrent une rén.iniscence classique de ce bon Virgile exilé sur les bords du Danube,
Le poète se lanentait de l'aspect désert et glacé de son lieu d’exil, et regrettait les douceurs de Rome. Pour nous, nous ne partgions en aucune façon sa manière de voir.
Nous faisions des hécatombes de canards, de pélicans et d’outardes, Un vrai paradis !
Il était maintenant impossible de conti-