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C’est ainsi que se passa notre prersière soirée, et bien d’autres encore; car nos quartiers d'hiver nous plaisaient, et nous étions loin de désirer les quitter.
L'hiver augmentait d'intensité, mais la neige était en somme peu abondante, — moins que nous le pensions et certainement moins que nous avions coutume de la voir dans notre province d'Ontario. De fait, nous ne nous étions jamais trouvés aussi bien à Toronto que dans cette zone terrible, appelée par les savants région sousarctique.
Les excursions de chasse ne manquèrent pas ; partout nous apercevions des traces de cerfs, d'orignal, de daim, qui venaient rôder autour de notre lac.
Un soir je rencontrai un brocard qui cherchait pour boire un trou sur la rive.
Il se tenait fixe, tête droite, prêtant l'oreille
au bruit qui lui avait révélé mon
proche.
Sa silhouette brune se détachait clairewent sur la neige. Je l’abattis d’un coup de carabine, et ce soir-là fut un vrai soir de gala dans notre campement, C'était un Jeune caribou, et sa chair était excellente.
Deux semaines plus tard, nous levions le camp; le froid avait augmenté et la traverse des lacs qui coupaient notre route fut assez facile,
Vers la fin d'une de nos marches nous apparut un soir la fumée bienvenue d'un campement abrité, sur la rive, par un massif de pins et de bouleaux.
Un des grands avantages du voyageur dans le Nord-Ouest canadien, c’est qu'il n’a pas, comme aux Etats-Unis, à se méfier de la réception qui l'attend de la purt des
Sauvages,
Si quelquefois il arrive des accidents, la
suite de ce récit démontre que, presque toujours, les Sauvages n'en sont pas conpables, mais bien leurs frères, les Métis, qui les ont mal conseillés.
Nous n'avions done aucune crainte d'approcher, et c'est en amis attendus que nous pénétrâmes dans le camp des Sauvages.
Leurs manières à notre égard furent celles de parents habitués à nous voir entrer et sortir,
Les anciens se turent. Les jeunes montrèerent la tête et s'approcherent pour nous regarder, et ce fut tout. Le chef était assis devant son wigwam. Il écouta nos demandes comme si nous avions été pour nous établir chez lui.
— Ukayoriw (l fait froid), dit-il, combien êtes-vous ?
—Nesho (deux seulement), fut notre
laconique réponse faite en levant deux
doigts pour rendre plus éloquente cette pre-
mière tentative de nous exprimer en langue sauvage,
Quelques instants après, comme il était nuit close :
—Nipakak, nous dit-il.
Cela voulait dire d'aller dormir. Nous installâmes notre campement, et bientôt l'ordre du chef était exécuté à la lettre .
nous dormions profondément
Le lendemain, mon compagnon s’enquit tous d’abord du moyen de retourner à Carleton ; et, sur la promesse d’une récompense, un indien s'offrit pour le guider et l'y conduire en peu de temps.
Tous les Sauvages accueillirent avec joie —apparement du moins—mon intention de rester parmi eux. La séparation entre mon ami et moi fut vraiment triste, malgré cette,
petite querelle survenue en route.
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