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encore plus patibulaire que de coutume mais nous étions loin de prévoir ce qui allait se passer.
Tout à coup, un tison enflammé lancé d'une main sûre s’abat sur notre tente, et faisant au milieu de la toile un trou noir tombe sur nos couvertures: un des nôtres met aussitôt le nez à la fente de la tente pour voir ce qui se passe, un coup de pistolet retentit et une balle lui passe à deux pouces de la tête.
Plus de doute, on a attendu l'heure du sommeil pour nous régler notre compte et toute la bande est là, autour du feu, prête soit à nous terroriser, soit à faire plus en cas de besoin.
Je n'en demandai pas Cavantage : prenant mon couteau, je me frayai un passage dans la toile de tente du côté opposé à ce
cerele vicieux, et me sauvai à toutes jambes
dans la forêt, en suivant la voie en construction. Mes deux fidèles n'avaient imité et tapis sous un buisson nous attendimes patiemment l'aurore pour prendre une décision et une direction.
L'une et l'autre furent promptement prises ; notre seule ressource était de tendre toujours vers la Nouvelle-Orléans, vers la Terre Promise.
Nos aventures précédentes nous avaient mis au fait des difficultés que l’on éprouve à voyager gratuitement dans les chemins de fer américuins, et, de la meilleure foi du monde, il fut décidé entre nous que nous allions nous arrêter à la première section d'ouvriers que nous rencontrerions sur la voie, et que nous resterions là, Jusqu'à ce que nous eussions gagné un montant suff-
sant pour nous rendre à la Nouvelle.
Nous nous mimes en route au petit jour
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courageusement, reprenant encore une fois cette fameuse file indienne, sautillant de traverse en traverse Jusqu'à complet épuisement.
Vers le soir, nous abordâmes un de ces postes de travailleurs disséminés de loin en loin sur la ligne. Ce sont les seuls indices de la présence de l'être humain dans ces immenses solitudes, où la monotonie de la plaine n’est brisée de loin en loin que par l'effrayante sauvagerie de la cyprière repaire du crocodile et du serpent.
Ceux qui ont voyagé dans le Sud connaissent ces cabanes où s’empilent les ouvriers de section dans des compartiments superposés comme ceux des émigrants à bord des steamers. Au centre de la pièce, une table sert à tous les usages, et au pla-
fond, une lampe fumeuse éclaire ce eara-
ransérial, où se mêlent toutes les races et tous les.idiômes.
Le chef de section était un brave homme, un irlandais au bon cœur qui accepta notre offre de travail, et pendant une semaine, voulut bien nous employer à quelques travau:: pas trop au-dessus de nos forces en nous donnant le salaire réguler des hommes sous ses ordres. Ce fut un bon moment de repos dans toutes nos infortunes ; le soir nous fumions, sur le banc planté devant la cabane, de longues pipes, en devisant sur nos aventures et en songeant à ce que nous pensions devoir être bientôt leur dénouement.
Le huitième jour, nous fûmes congédiés, mais, là encore, une ervelle désillusion nous attendait ; la coupe d'amertume n’était pas encore vidée.
Nous pensions que l'argent gagné pen-
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