‹ Louisiane, Mexique, Canada [microforme]Chapitre 8 sur 53 · PTS · texte numérisé non relu

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le Mexique tient dans cette promenade échevelée et abracadabrante du niveau de la mer au plateau de la capitale, laquelle est située à deux mille sept cents mètres plus haut.

Une double machine a mugi comme un taureau pour demander la voie et, un instant après, vous fendez l'air à raison de soixante-dix kilometres à l'heure. La chaleur est accablante, soixantc-cinq degrés à l'ombre ! L’herbe des champs est roussie, la végétation est à peu près nulle, des mares stagnantes, des bêtes mortes, des vautours, par-ci par-là quelques huttes indiennes. Cela continue ainsi pendant près d’une heure, On monte à cinq cents mètres. Couvert de poussière, aveuglé par le soleil et étranglé par la soif, il est défendu au voyageur prudent de boire et même de respirer

à pleins poumons, il est toujours dans le

pays de la fièvre jaune où la plus légère imprudence peut être fatale. Pour se rafraichir un peu et prendre patience, 1l peut regarder la cime neigeuse du pic d'Orizaba vers lequel vole le train. À partir du moment où le train quitte Cameron, village illustré par la résistance héroïque d’un détachement de la Légion étrangère au temps de Ja guerre d’Intervention, le panorama se modifie radicalement et la chaleur devient moins féroce.

D'énormes cactus se dressent de chaque côté de la voie, comme des monstres rageurs à mille bras, puis des palmiers balançant de grandes feuilles élégantes et verdoyantes, des bananiers laissant tomber leurs fiers panaches sur des fruits parfumés et des cocotiers épanouis laissant voir de grosses noix réjouies : des champs entiers de pro-

duits tropicaux, les forêts vierges voilées

pudiquement de grandes herbes blanches, et des montagnes bleues, le tout inondé d'une lumière transparente dans laquelle chaque objet se détache avec netteté. Ce: forêts escaladant les flancs des montagnes où aucun homme n'a jamais pénétré, rappellent les forêts fantastiques de Gustave Doré.

Après avoir laissé la station de Paso del Macho, la végétation devient phénoménale.

Le train court pendant des heures à travers une vaste serre de plantes tropicales.

C’est une longue débauche, dans un merveilleux fouillis de cannes à sucre, d'agaves, de tabac, de maïs, de coton, de vanille, d'ananas, séparés de la voie unique par des haies de caféiers, qui vous éblouissent et vous grisent,

Dans la vallée du Chiquite, semée de cascades, de ravins et de bocages touffus,

on passe sur un pont au-dessous duquel

roule un torrent. Ce pont n'inspire qu’une confiance médiocre. D'abord c’est à peine si on le voit. Autant que l’on peut s’en rendre compte, il est composé de deux minces piles de pierres de cinquante pieds de hauteur sur lesquelles sont placées de maigres tiges «le fer ayant la même élévation. Les traverses jetées sur ces tiges sont à jour et placées de façon à ce que les voyageurs puissent avoir une vue complète de ce qui se passe sous leurs pieds ; suspendu dans ce vide, on éprouve malgré la chaleur, une légère sensation de froid dans la région de l'épine dorsale ! Mais comme l’on passe sur une vingtaine de ponts encore plus élevés et plus longs, on finit par se familiariser avec ces constructions aériennes, qui n’ont rien de commun avec Archimède.

À Orizaba, on est dans la zone tempérée.

Après les plaines brûlantes de l'Afrique, on

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