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CHAPITRE II

LES PREMIÈRES GUÉRISONS {suite)

Mme veuve Rizan, paralysée depuis 25 ans. — Les maladies internes. — Les guérisons chez les hystériques. — Le Dr Vergez résume ses impressions.

Dans ces derniers temps, les applications nouvelles de l'hypnotisme, la connaissance plus approfondie des maladies nerveuses, ont ouvert devant nous des voies inexplorées. Sur ce terrain, on a cru trouver l'explication des guérisons de Lourdes. Charcot, Bernheim ont affirmé la chose d'une façon plus ou moins explicite. Et à leur suite, un grand nombre de médecins ont accepté cette thèse comme chose jugée, démontrée. Mais la démonstration n'a jamais été faite. Il y a eu souvent, à Lourdes, des observations mal interprétées et classées d'une façon hâtive. Dans une enquête aussi étendue, il ne peut en être autrement. Lorsque nous les rencontrerons, nous nous empresserons de les signaler ; mais dans les faits étudiés d'une façon méthodique, la confusion n'est pas possible. Entre les malades de Lourdes et les malades de la Salpêtrière et de Nancy, il n'y a rien de commun, il n'y a aucun point de comparaison à établir.

Dans la première enquête dirigée par Vergez, nous trouvons la guérison de la veuve Rizan de Nay, celle de Mlle Moreau, — exemples importants à retenir. C'est sous cette forme que les guérisons se produisent souvent à Lourdes ; ce sont les faits d'observation usuelle, dont l'analyse est souvent délicate. Ces guérisons portent tout le poids des objections de nos adversaires.

Nous allons résumer, d'après M. Henri Lasserre, l'histoire de la veuve Rizan (1).

Depuis 24 ou 25 ans, la vie de cette femme n'avait été qu'une longue suite de douleurs. Frappée en 1832 par le choléra, elle était demeurée paralysée de tout le côté gauche ; l'une de ses mains était entièrement atrophiée, son tempérament général ne s'était guère moins ressenti que ses membres des suites du terrible fléau ; elle était en proie à de continuels vomissements de sang. L'estomac était hors d'état de supporter les aliments. Depuis 18 mois, son état s'était aggravé; elle ne pouvait quitter le lit; elle ne pouvait même y faire un seul mouvement tant elle était infirme. On était obligé de la retourner de temps en temps et de la changer de position. Elle n'était plus qu'une masse inerte, ses membres s'étaient pour ainsi dire ramassés et repliés sur eux-mêmes. La position constante que son

(1) Notre-Dame de Lourdes, par Henri Lasserre, livre IX.

malheureux corps était obligé de garder, avait fini par produire une double plaie, l'une au creux de la poitrine l'autre à l'aine. Sur le côté, en plusieurs endroits, sa peau était usée par le long frottement du lit, et laissait voir la chair toute dénudée et sanglante. La malade ne parlait presque plus, une teinte livide se répandait sur ce visage amaigri, et, le 16 octobre, le docteur Subervielle en la quittant dit à la famille : « Elle mourra dans la nuit ou au plus tard à la naissance du jour ».

Vers minuit, au milieu d'un silence profond et qui n'était interrompu que par la respiration pénible de la malade, la mourante appelle sa fille: « Va chez notre amie Mme Nassans, demande-lui un verre d'eau de la Grotte. C'est cette eau qui doit me guérir ; la Sainte Vierge le veut.

— Ma mère, répondit la fille, il est trop tard, j'irai demain matin dès la première heure. « La malade rentra dans le silence, la nuit se passa et fut longue. Le matin l'enfant courait chez la voisine, et rapportait aussitôt une bouteille d'eau de la Grotte. Mme Rizan porta le verre à ses lèvres et en avala quelques gorgées.

« 0 ma fille ! s'écria-t-elle, c'est la vie que je bois. Il y a la vie dans cette eau. Frotte-moi le visage, le bras, tout le corps. »

Et à mesure que l'enfant épongeait, à l'aide d'un linge mouillé, les membres paralysés et tuméfiés de la malade, elle voyait l'enflure énorme s'affaisser et

disparaître sous le mouvement rapide de sa main, et la peau, violemment tendue et luisante, reprendre son aspect naturel.

Subitement, pleinement, sans transition, la santé, la vie renaissaient sous ses doigts. Tout cela s'était accompli en un instant ; en une minute ou deux, le corps agonisant de Mme Rizan, épongé par sa fille, avait retrouvé la plénitude de ses forces. « Je suis guérie, s'écriait la bienheureuse femme » ; puis se tournant vers sa fille. « J'ai faim, dit-elle, je veux de la viande et du pain, je n'en ai pas mangé depuis 24 ans. » Il y avait là quelques viandes froides, un peu de vin. Mme Rizan but et mangea. « Et maintenant, dit-elle, je veux me lever. » Elle demanda ses vêtements. Ils étaient depuis bien des mois repliés et mis à leur place dans l'armoire d'une pièce voisine : on pensait qu'ils ne serviraient plus. La jeune fille sortit pour aller les chercher. Mais en rentrant, arrivée sur le seuil de la porte, elle aperçut sa mère qui avait sauté du lit, et était allée s'agenouiller devant une statue de la Vierge. Il était environ 7 heures du matin. Plusieurs personnes amies ou voisines entrèrent dans la maison pour soutenir ou consoler l'enfant. Et en voyant la figure de la jeune fille bouleversée : « Elle est donc morte, votre bonne mère, vous la reverrez au ciel, lui dirent-elles. — Ma mère est ressuscitée, répondit l'enfant d'une voix étranglée par une émotion indicible ; et M"" Rizan qui s'était habillée, s'avançait à son tour

en disant : Je suis guérie, remercions tous la Sainte Vierge. »p)eux jours après, son fils arrivait de Bordeaux, et sa mère courait à lui alerte et vive pour se précipiter dans ses bras quand il descendait de voiture. Le Dr Subervielle reconnut sans hésiter le caractère surnaturel et divin de cette guérison extraordinaire, et dans le rapport des médecins, nous lisons :

« Il est impossible d'échapper à cette conviction, lorsque, d'un côté, on considère la longue durée d'un mal qui remonte à 1834, la force de la cause qui l'a engendré, le choléra, l'inutilité des traitements employés, l'abaissement progressif des forces ; et que, d'un autre côté, on met en regard, l'efficacité de l'eau naturelle employée seulement une fois, et l'instantanéité du résultat obtenu ».

En résumant cette observation, nous voyons d'abord qu'il est difficile de caractériser d'un mot l'ensemble des symptômes qui forment la maladie de la veuve Rizan.

Elle a des troubles du côté des voies digestives, peut-être un ulcère à l'estomac, des paralysies partielles et incomplètes, un peu d'hydropisie dans les membres inférieurs, des plaies résultant de la faiblesse générale et de la position constante qu'elle a été obligée de garder. Chacun de ces symptômes séparés peut se rattacher à une perturbation fonctionnelle, à des troubles nerveux ; la dyspepsie et la paralysie peuvent disparaître brusquement dans certaines conditions données. Mais, si nous faisons œuvre de clinicien, pouvons-nous détacher

ainsi chaque symptôme et détruire l'entité morbide? Ne devons-nous pas conserver à ce fait sa physionomie propre, le juger dans son ensemble, pour mieux constater de quels efforts la nature est capable, pour remettre sur ses bases cette économie profondément troublée.

Voilà une femme âgée de 58 ans, dont la vie semble atteinte dans ses sources; qui, depuis 25 ans, subit une déchéance organique sans arrêt. Chez elle, la nutrition ne se fait plus ; il y a des paralysies avec atrophies» des hydropisies et des plaies. Elle garde le lit depuis des années. Elle est repliée sur elle-même au point que sa poitrine s'appuie sur ses genoux.

Tout cela peut-il disparaître en un instant, comme ces douleurs fugaces qui disparaissent avec la rapidité de l'éclair ? Cette femme peut-elle sauter à bas de son lit et retrouver sans transition une santé qui paraissait à jamais perdue ? Pas un médecin, ayant quelque expérience de son art, ne vous répondra d'une façon affirmative.

Quant à nous parler ici des merveilles de l'hystérie ou de l'hypnotisme, l'argument n'est pas sérieux. Chaque jour il faut en rabattre de ces merveilles. Il y a quelques mois, je demandais des renseignements sur l'hypnotisme à un homme dont la parole fait autorité sur ces questions, à un des plus brillants élèves de Gharcot, au doyen d'une importante faculté de province.

« L'hypnotisme, me disait-il, a été étudié sans règle et sans me'thode par des hommes peu préparés à ce genre d'études, par des hommes de loi, par des savants étrangers à la médecine, et par des empiriques, il en est résulté des études un peu fantaisistes et des données contradictoires. Nous n'observons pas dans nos hôpitaux toutes ces merveilles que l'on nous signale comme des phénomènes d'observation usuelle. L'hypnotisme a encore du roman dans son histoire.

» Quant à ces guérisons instantanées, à ces surprises que nous réserve l'hystérie, à ces modifications à vue qui renversent toutes les lois, il faut en rabattre aussi. Nos hystériques guérissent mal et, malgré la suggestion, les aimants et toutes les ressources nouvelles, elles restent comme dans le passé longtemps dans les salles d'hôpital, elles conservent toujours ou le germe, ou les manifestations de leur diathèse. Les cures merveilleuses et les changements à vue sont une illusion ou une espérance, mais bien rarement une réalité. »

C'est néanmoins sur de pareilles données que l'on a voulu édifier toute une théorie pour expliquer les guérisons de Lourdes.

Sans doute, dans des exemples semblables à celui de la veuve Rizan, nous n'avons pas de lésion matérielle qui tombe sous les sens, comme une plaie ou une tumeur. Et encore, nous avons des plaies résultant d'un séjour trop prolongé dans le lit, Thydropisie qui s'efface à vue d'oeil, etc.. Mais, même en faisant abstraction de ces lésions secondaires, il n'y a là pour celui qui consent à étudier les faits et pour le médecin qui rencontre chaque jour des maladies semblables, qu'un problème

dont la solution lui est connue. C'est une affection dont l'issue est fatale et qui se jouera de tous nos efforts. Pour l'enrayer brusquement, il faut une puissance supérieure à la nôtre, supérieure à tous nos moyens d'action.

Ce sont là les exemples probants fournis par des guérisons que l'on critique à la légère, sans les apprécier ou sans les connaître. Le médecin seul pourtant peut leur donner leur signification véritable et il importe, pour éviter toute erreur, qu'elles ne soient pas abandonnées à l'appréciation de la foule. Elles sont alors, en effet, présentées sous de fausses couleurs, avec des traits mal agencés. Elles perdent leur caractère ou leur signification, et sont le germe, en apparence fondé, de toutes les méfiances, de tous les jugements de partipris.

Mais ce n'est pas uniquement dans les rangs des incrédules que l'on rencontre les adversaires du surnaturel ou du miracle. — Dans les rangs des catholiques, il y a de nombreux réfractaires, non pas en principe, mais en fait. Il y a des hommes qui croient que les intérêts de la religion sont compromis dans l'étude des miracles et que non seulement les malades, mais les médecins eux-mêmes, ne peuvent se prononcer avec une autorité suffisante. Et, de la sorte, ils jugent des questions qu'ils ne veulent même pas connaître.

Il importe de dissiper un malentendu dont on ne peut préciser la cause ou le sens.

Dans ces guérisons qui semblent dépasser la portée de l'esprit humain, il y a matière à de graves enseignements pour le théologien, pour le philosophe et pour le médecin ; chacun peut apprécier les faits à sa manière, mais en restant sur son terrain. — Si le théologien vient nous dire., quand nous reconnaissons une maladie nerveuse, qu'il s'agit d'une affection organique, s'il veut discuter nos appréciations et réformer nos jugements, nous lui disons : Prenez garde, vous sortez de votre domaine et vous n'avez plus grâce d'état pour parler. — A notre tour, si nous voulons affirmer un miracle, le déclarer authentique et réel de notre seule autorité, nous devenons singulièrement téméraires et notre sentence n'a ni force ni sanction.

Une pareille inversion dans nos rôles respectifs entretient des confusions regrettables et parfois des doutes invincibles. Les entraînements de la foule, les récits fantaisistes, les conclusions prématurées, voilà la justification de tous ces irréconciliables qui se sont groupés autour des événements de Lourdes.

Mais précisons davantage les points de ce débat, qui nous semble instructif entre tous.

Nous venons de voir que, parmi la multitude des faits extraordinaires qui dès les premières années avaient été signalés, les médecins avaient choisi sept cas qui leur avaient paru sortir absolument des règles établies,

être en dehors ou au-dessus de toute explication scientifique.

Il y avait des plaies guéries instantanément. Et ces premières guérisons n'ont pu être infirmées ni par les explications du Dr Diday ni par les théories de la suggestion.

Il y avait des maladies de tout l'organisme, des paralysies, des cachexies si profondes qu'elles semblaient échapper à toute action médicatrice. Moins faciles à interpréter pour le vulgaire, elles étaient pour le médecin manifestement au-dessus des ressources de l'art. En décomposant les symptômes, en les étudiant isolément, on pouvait bien démontrer que ces troubles, dans certaines conditions données, étaient susceptibles de disparaître spontanément ; mais on ne faisait pas œuvre de clinicien, on détruisait l'entité morbide, on déplaçait les termes du problème et on ne donnait pas la solution demandée.

Que de nuances distinctes et délicates dans la position de ces questions! Et par qui devaient-elles être résolues, sinon par des hommes compétents?

A l'heure où nous sommes parvenus, les médecins seuls du reste ont été appelés à se prononcer sur les premières guérisons.

Le curé de Lourdes, l'abbé Peyramale, défendait à tous ses prêtres de paraître à la Grotte et se tenait luimême dans une grande réserve. Quand il reçut, pour

la première fois, Bernadette qui l'invitait de la part de la Dame à bâtir une chapelle au lieu des apparitions: « Je ne sais, lui dit-il, qui est cette Dame et avant de m'occuper de ce qu'elle désire, je veux savoir si elle y a droit. Demande-lui de me donner quelque preuve de sa puissance. L'apparition, me racontes-tu, a sous ses pieds un rosier sauvage, un églantier, qui sort des roches, dis-lui de ma part que si elle veut la chapelle, elle fasse fleurir le rosier. » Et il congédia l'enfant.

L'évêque de Tarbes refusait aussi de se prononcer; il hésitait même à ordonner une enquête. Et plus tard, devant tant de faits éclatants, si soigneusement et si publiquement avérés, il demanda une sanction nouvelle aux guérisons, la sanction du temps.

Il laissa s'écouler trois années.

Une seconde enquête fut faite alors. Nul ne vint ni retirer son témoignage, ni contester les faits. Ce fut après cette surabondante série de démonstrations, de preuves et de certitudes, que Mgr Laurence rendit enfin le jugement qu'on attendait de lui.

Pendant que le clergé restait ainsi sur la réserve, Vergez, en présence de faits si nouveaux, si inattendus, voyait s'effondrer autour de lui, et principes reçus, et convictions assises; il ne trouvait plus ses points de repère habituels, il faisait l'aveu de l'impuissance de son art, et du bouleversement de ses lois.

Il a résumé ses premières impressions dans une page

éloquente, que nous devons reproduire ici, car jamais ces grands et difficiles problèmes n'ont été éclairés de plus vives lueurs :

« En jetant, disait-il, un coup d'oeil d'ensemble sur les sept faits de guérison qui précèdent, on est frappé tout d'abord de la facilité, de la promptitude, de l'instantanéité avec lesquelles ils sortent du sein de leur cause productive. Ne dirait-on pas une violation ouverte, un bouleversement complet des méthodes thérapeutiques, une contradiction déclarée des préceptes et des prévisions de la science? C'est avec une sorte de dédain qu'elle se joue de l'ancienneté, de la profondeur et de la résistance du mal. Ce soin caché, mais réel néanmoins, avec lequel toutes les circonstances sont arrangées et combinées, montre bien qu'il y a dans la guérison qui s'opère, un événement en dehors de l'ordre de la nature. De telsphénomènes dépassent la portée de l'esprit humain. Gomment comprendrait-il en effet de telles oppositions: la simplicité du moyen et la grandeur du résultat ; l'unité du remède et la diversité des maladies, la courte durée de l'application de l'agent curatif, et la longueur des traitements indiqués par l'art ou la science ; l'efficacité soudaine du premier, la longue inutilité des seconds, la chronicité du mal et l'instantanéité de la guérison ?

» Il y a là certainement une force contingente supérieure à celles qui ont été départies à la nature ; étrangère, par conséquent, à l'eau dont elle se sert pour manifester sa puissance. »

C'est ainsi que Vergez, surpris par ces révélations inattendues, l'esprit tout ébloui d'une lumière nouvelle, préludait à ces grands enseignements doiat il devait

conserver la direction jusqu'à la fin de sa vie ; dès les premiers jours, il marquait d'un trait ineffaçable le véritable caractère de ces événements, et vingt ans plus tard, il devait dire encore : « Si on me demande ce que j'ai vu à Lourdes, je puis répondre :

» Par l'examen des faits les plus authentiques, placés audessus du pouvoir de la science et de l'art, j'ai vu, j'ai touché l'œuvre divine, le miracle.

» J'ai vu de l'eau naturelle, dotée d'une vertu contingente, supérieure aux forces dont peut disposer la nature et d'une divergence d'action absolue. Cette eau, toujours la même, invariable, je l'ai vue produire des effets surnaturels très différents, sans analogie entre eux.

» Arracher un enfanf agonisant à la mort; rétablir la vue dans un œil insensible à la lumière par suite d'une lésion traumatique profonde ; rendre la plénitude des mouvements à des membres paralysés ; guérir un ulcère chronique, étendu, très rebelle ; telles ont été ses premières opérations.

» Celles qui les ont suivies ne sont ni moins étonnantes ni moins concluantes.

» Quelques-unes ont porté sur des maladies réputées incurables ; phtisie élevée à sa période ultime ; cancer ; ataxie locomotrice.

» La moisson a été riche, abondante et de longue durée. Elle continue, s'exécutant sous le contrôle d'un savant interprète, en résidence auprès de la Grotte. C'est toujours le miracle passé à l'état de permanence. »

L'âme du chrétien se révèle tout entière dans cette déclaration. Du reste, le Dr Vergez profitait de chaque occasion pour professer ouvertement sa foi.

Ses affirmations rencontrèrent à l'origine, des méde-

cins d'abord incrédules, hostiles, mais qui devaient bientôt s'incliner sous la logique des faits. Elles rencontrèrent aussi des négateurs obstinés, car elles froissaient trop directement les principes et les préjugés de l'école. Ces négateurs allaient nous contraindre à jalonner la route que nous devions parcourir, à donner à notre argumentation une forme plus sévère. Mais il n'y a pas d'étude sérieuse sans controverse. C'est en reprenant, sous vingt formes diverses, le récit des mêmes événements, en discutant dans tous les détails les maladies et leur guérison, c'est en faisant un faisceau de toutes les preuves que nous avons pu donner à ces faits une consécration à l'abri de toute critique.

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