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CHAPITRE VIII

Tumeur blanche. — Encore une poitrinaire, par le Dr Lacroix, de Béziera. — Goitre exophtalmique.

Pendant le pèlerinage national de 1882, une des

guérisons les plus importantes fut celle de M. René de

Bill.

Son médecin, le Dp Leys, l'apprécie dans les termes

suivants :

Je déclare, dit-il, que j'ai donné des soins à M. de Bill, atteint d'une tumeur blanche du genou gauche compliquée d'ulcères fistuleux, de flexion de la jambe sur la cuisse. Cette maladie, qui a résisté pendant cinq ans à tous les traitements, paraissait absolument incurable. Le 13 août dernier, l'avant-veille de son départ pour Lourdes, j'ai examiné le malade et je l'ai trouvé dans le même état, toujours grave. Aujourd'hui, 3 septembre, je constate que tumeur blanche, ulcères et trajet fistuleux ont disparu, que la jambe s'est redressée, et que ce jeune homme marche sans le secours de ses béquilles. Pour moi, comme pour toute personne non prévenue, il est évident qu'une guérison si merveilleuse et si subite ne peut être attribuée qu'à un miracle.

Les indications du Dr Leys sont d'une précision telle qu'il ne peut rester aucun doute dans l'esprit. Il-voit son malade la veille de son départ pour Lourdes,

l'examine à son retour, décrit avec soin tous les changements opérés. Il soigne, en outre, ce malade depuis cinq ans ; il connaît tous les détails de sa maladie ; il est un juge aussi compétent qu'autorisé. Avec des témoignages de cette valeur, toutes les objections formulées restent sans force et sans portée. Que peuvent d'ailleurs des objections théoriques contre des faits d'une si lumineuse clarté ?

M. le Dr Lacroix, médecin en chef de l'Hôtel-Dieu de Béziers, nous dit que Mme la Comtesse de Massia présentait tous les symptômes d'une phtisie pulmonaire avancée.

Depuis près de deux ans, la voix était absolument éteinte. Des râles crépitants remplissaient le tiers du poumon gauche, expiration prolongée, crachats, fièvre presque continue, diarrhée, amaigrissement considérable.

Tous les médecins qui ont soigné Mme de Massia ont porté le même diagnostic.

Le Dr Puig, de Perpignan, écrit: « Je certifie avoir donné les soins pendant longtemps à Mr la Comtesse de Massia pour une phtisie pulmonaire et laryngée. »

C'est dans ces conditions que Mme de Massia se rendit à Lourdes et qu'elle retrouva en un instant, devant la Grotte, une santé qui paraissait à jamais perdue.

A son retour, le Dr Puig certifie qu'il l'a auscultée

avec soin et qu'il n'a plus trouvé une seule trace de sa maladie primitive.

Le Dr Lacroix donne le certificat suivant:

Je dois à la vérité de dire que j'ai été on ne peut plus étonné, en revoyant ma malade. La voix est très claire, l'embonpoint satisfaisant, et l'auscultation la plus minu tieuse ne découvre pas le moindre souffle anormal.

Voilà l'état actuel.

Je termine en déclarant que cette guérison et par la manière dont elle est survenue, et surtout parce qu'elle est survenue, déroute toutes mes idées en cette matière,

Lacroix, Médecin en chef de l'Hôtel-Dieu de Béziers.

Parlerons-nous, en terminant, de la guérison de Marie Barret, demeurant à Paris, rue de la Harpe, 49. Cette femme était atteinte, depuis huit ans, de goitre exophtalmique, d'hypertrophie du cœur, de paralysie de la jambe gauche, d'ulcère variqueux. Les archives d'ophtalmologie n° 2, janvier et février 1881, décrivent en détail sa maladie, telle qu'elle était au mois de juin 1880.

Les registres de l'Hôtel-Dieu rendent compte aussi de son triste état. Depuis huit ans, elle était à peu près aveugle, ne reconnaissait personne et pouvait à peine se conduire. Elle avait été soignée successivement par les Drs Panas, Barrault, Péan et Folin, mais sans aucun résultat. C'est dans ces conditions qu'elle partit pour Lourdes, le 17 août 1881. Durant le trajet, elle ne prit

aucune nourriture ; à Poitiers, on dut lui donner l'extrêmeonction. Le 20 août, on la porte à la piscine, évanouie, mourante. Au sortir de la piscine, elle reprend peu à peu ses sens ; la vie revient par degrés, ses yeux presque aveugles s'ouvrent à la lumière ; elle distingue les couleurs, elle peut lire. Puis elle se lève tout à coup, affirmant son entière guérison. Elle se met à courir vers la Grotte ; elle va chez les missionnaires, monte les marches du couvent, explique elle-même sa maladie et sa guérison. Elle retourne agile, leste, à l'hôpital des Sept- Douleurs. Là, celle qui était aveugle un instant auparavant, écrit à son mari une longue lettre.

« On ne saurait, dit le Dr Vergez, contester le caractère surnaturel de cette guérison. Les lésions organiques qui accompagnent cette maladie, les symptômes qui les révèlent, portent le caractère de la certitude. Les efforts les plus habiles del'art n'avaient pu en arrêterl'évolution.

» La vie était atteinte profondément dans ses sources, dans ses agents indispensables. En ce qui concerne spécialement le goitre exophtalmique, l'expression symp tomatique était si complète, si accentuée, qu'un des professeurs les plus distingués de la Faculté de Paris a cru devoir l'invoquer à l'appui de son opinion sur sa pathogénie et sur son siège. »

Dans toutes les observations que nous venons de citer, notre attention doit surtout se concentrer sur la lésion

matérielle. Quelle que soit la nature de ces lésions, la guérison des affections diathésiques exige toujours un temps considérable. La cicatrisation instantanée des plaies, ou plutôt la régénération subite de tous les éléments constitutifs du derme et de 1'épiderme, ne saurait appartenir au domaine des forces de la nature. Chaque année nous apporte ainsi le récit des guérisons extraordinaires obtenues dans cette Grotte bénie. Ne dirait-on pas que le miracle, dispensé par la Providence d'une main toujours avare, est à Lourdes d'une observation habituelle? On a pu lire les noms de maîtres bien connus au bas des procès-verbaux de guérisons ; on a vu les sommités médicales de la France et de la Belgique, constater sans réserve la maladie au départ, la guérison au retour. Les DrB Van der Gamen, lauréat de Louvain, Regnault, professeur à Rennes, Fabre à Marseille, Jouon à Nantes, et tant d'autres médecins distingués, ont apporté dans cette grande enquête l'appui de leur autorité et de leur talent.

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