‹ LourdesChapitre 27 sur 57 · PRINCIPAUX MEDECINS TEMOINS DES GUERISONS · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX MEDECINS TEMOINS DES GUERISONS

Pendant que les premières guérisons de Lourdes soulèvent les protestations de l'école, ces mêmes guérisons sont appuyées par le témoignage des médecins qui en sont les témoins. Dès la troisième apparition, le Dr Dozous est auprès de Bernadette. Dozous est incrédule, mais de bonne foi; il veut se faire une conviction; les faits qui se produisent autour de lui ne laissent aucun doute dans son esprit»

Vergez commence sa grande enquête. Les guérisons se multiplient chaque jour; chaque malade veut prendre son médecin pour juge des résultats obtenus, et apporte le plus souvent avec lui l'observation détaillée de sa maladie.

C'est ainsi que ce grand mouvement d'information et de contrôle s'étend et se généralise dans toute la France. Les professeurs de nos écoles, les médecins de nos grands centres vont être mêlés plus ou moins directement, et souvent malgré eux, à l'étude de ces questions.

En 1873, le Dr Fabre, professeur à l'École de Marseille, constate la guérison d'une chorée des plus graves, et le médecin ordinaire de la malade, le Dr Duconte, ajoute son témoignage à celui du Dr Fabre. En 1886, le

Dr Maurel nous dit que Marie Marcelin a été guérie à Lourdes d'une énorme tumeur ovarique, et le Dr Audibert, chef de clinique adjoint des hôpitaux de Marseille, qui se trouvait à Lourdes à l'arrivée de Marie Marcelin, nous décrit avec soin le volume, le siège de cette tumeur et, quelques instants après, sa guérison, sa disparition complète. C'est sous ses yeux que la guérison s'opère.

L'École de Montpellier nous avait donné Vergez ; elle nous donne le témoignage du professeur Ghrestien et ceux des Drs Gaisso et Diffre.

A Rennes, le Dr Régnault, professeur à l'École, est appelé à constater à plusieurs reprises la guérison des malades de Lourdes ; il le fait dans les termes les plus formels.

Le Dr Petit, professeur à la même École, conduit à Lourdes, en 1883, son fils qui a une lésion profonde de la rétine, et qu'il a vainement confié aux soins d'un oculiste très connu. Cet enfant retrouve instantanément à la Grotte une vision à peu près perdue depuis de longs mois. L'année dernière, le Dr Petit nous donnait une très remarquable étude sur l'ataxie, en racontant la guérison de Delannoy.

A Nantes, nous avons, en 1873, les certificats du Dr Thibault, ceux du Dr Gharruau, des Dr8 Mahol et Thoinnet. En 1882, le Dr Jouon, notre ancien camarade d'internat, aujourd'hui maître éminent, constate

la guérison d'un cancer de la lèvre qui avait résisté à tous les traitements. A Nantes encore, le Dr Lebrun donne, en 1886, un certificat des plus concluants.

En dehors de nos Écoles, les médecins les plus distingués viennent apporter dans ce grand débat l'appui de leur autorité et de leur nom.

A Paris, au milieu d'un très grand nombre de certificats, nous pouvons remarquer les déclarations des Drs Buquoy et Constantin James.

En province, celles de Payan, d'Aix, membre de l'Académie de médecine; de Puech, de Nimes; de Cochet, d'Avranches; de Mascarel, de Châtellerault ; de Bleynie, de Limoges ; de Grimaud, de Barèges ; de Martel, de Béziers ; de Chétail, de Saint-Étienne et du Dr Hellot, de Rouen.

Parfois, deux et trois médecins se réunissent pour donner plus de poids à leurs affirmations; c'est ainsi que les Drs Ségur, Rossignol et Bernet, constatent ensemble la guérison d'un menuisier de Lavaur, et que les Drs Pomarel, Brun, Allègre, viennent affirmer, d'un commun accord, la guérison inexplicable de la baronne de Lamberterie.

Un très grand nombre de médecins étrangers, de médecins belges surtout, constatent dans les termes les plus précis que les guérisons de Lourdes échappent à toute interprétation scientifique.

C'est à chaque page que nous trouvons, dans les

Annales, les noms de nos confrères de Lôuvain, Liège, Namur ou Bruxelles.

Les professeurs les plus célèbres de nos facultés, adversaires systématiques du surnaturel et du miracle, sont mêlés eux aussi à cette grande enquête ; ils viennent apporter dans ces questions leur témoignage le plus formel.

Les malades de Lourdes appartiennent à tous les degrés de l'échelle sociale. D'après l'aveu de M. le professeur Gharcot, l'hospice de la Salpêtrière envoie chaque année un certain nombre de ses incurables. Sur ces malades on observe souvent des reprises inespérées, parfois des guérisons définitives, et cependant ces malheureuses femmes ont été soumises d'ordinaire aux traitements les plus rationnels et les plus variés, sans obtenir même une apparence d'amélioration. Les maladies nerveuses prennent chez elles des formes si graves que toutes les fonctions sont troublées, l'intelligence éteinte; il leur reste à peine l'apparence humaine. Dans ces conditions, les accidents morbides constituent une sorte d'affection organique, sont souvent le reflet de diathèses profondes et restent, dans tous les cas, audessus des efforts de la médecine.

Au mois d'août dernier, Céleste Mériel, pensionnaire de la Salpêtrière, arrivait à Lourdes, paralysée du côté gauche, n'entendant pas, ne parlant pas; son œil vague

et sans intelligence ne trahissait aucune impression. Trois jours après elle partait absolument guérie : elle marchait librement, s'exprimait parfaitement bien et entendait d'une façon normale. Une vie nouvelle semblait animer la physionomie de cette femme jusque-là si morne, si terne. Nous avons revu deux fois l'hiver suivant Céleste Mériel à la Salpêtrière ; sa guérison ne s'était pas démentie ; elle avait demandé une place de fille de service dans l'hôpital, alors que, depuis cinq ans, elle était couchée dans la salle des grandes infirmes.

Ces résultats sont plus sensibles encore sur les femmes du monde, qui ont pu faire appel à l'expérience, aux lumières des personnalités médicales les plus en vue; toutes les ressources de la science, tout, chez elles, a été mis en œuvre.

Dans ces conditions, l'incurabilité de la maladie est bien constatée et les données du problème à résoudre sont bien posées par des hommes dont on ne peut mettre en doute l'autorité ni suspecter les intentions.

C'est ainsi que, dans un dernier numéro des Annales, nous citions l'exemple de Mlle Blondel qui, pendant cinq ans, avait été traitée vainement par les médecins de Toulouse d'abord, par le docteur Maurice Raynaud, médecin de la Charité, par le professeur Gharcot; qui avait suivi sans résultat toutes les stations thermales et qui avait trouvé à Lourdes, le 12 juillet 1882, une guérison complète, instantanée. « Cette guérison, d'une

maladie qui avait résisté aux traitements les plus rationnels, aux efforts des hommes les plus compétents, est un fait merveilleux, dit le Dr Amalric, en dehors absolument des moyens de la science médicale. »

Tous les médecins, sans distinction d'opinion, sont ainsi plus ou moins mêlés à ces grands événements. Aux deux ou trois cents noms que nous avons relevés à la suite de certificats si explicites, nous pouvons ajouter les noms de tous les médecins consultants, professeurs, chefs d'École, qui ont été appelés à donner leurs soins à ces mêmes malades et ont pu constater sur eux l'inutilité de leurs efforts. Plus de mille médecins, nous l'avons déjà démontré, ont été les témoins ou les juges des miracles de Lourdes. Il y a loin de là à une œuvre de pur enthousiasme, sans moyens de contrôle ou de discussion.

Si le témoignage des hommes est un élément de certitude, si l'histoire entière du monde repose sur cette base, ne pourrons-nous, à notre tour, écrire l'histoire des événements contemporains avec ces mêmes éléments ?

Nous avons pour nous, et le nombre et l'autorité des témoins ; les faits que nous citons se passent sous nos yeux; la plupart des acteurs de ces événements sont encore vivants ; nous pouvons les consulter, les interroger. Quelle garantie aurions-nous à désirer encore?

Gomment se fait-il que les adversaires systématiques du surnaturel et du miracle se trouvent si rarement sur le chemin de Lourdes ? Gomment se fait-il que la parole, les affirmations de si nombreux et si éminents confrères, des professeurs de nos Écoles, ou des médecins de nos grandes villes ne puissent pas ébranler, je ne dirai pas les convictions du corps médical tout entier, mais au moins exciter sa curiosité ?

Ah ! je l'ai déjà dit : l'homme ne croit que ce qu'il veut croire. Les contempteurs de Lourdes se recruteront toujours parmi ceux qui voudront, non pas croire, malgré les meilleures raisons de le faire, mais juger sans examen, sans étude et de parti-pris, des faits dont ils n'ont pas été les témoins.

Pourtant à ceux qui récusent tous les témoignages : ceux des malades qui ont été guéris, ceux des médecins qui les ont soignés, les affirmations des parents, des amis, de toutes les personnes qui ont été mêlées à ces événements, nous pouvons dire : Il est une dernière preuve, un mode d'information direct, palpable, que vous ne saurez récuser. Vous doutez de la parole des autres, leur dirons-nous, douterez-vous aussi de vousmême, de vos yeux, de vos oreilles, de tous vos sens ?

Venez à Lourdes, pendant les grands pèlerinages, observez, étudiez ; venez au bureau des constatations, interrogez les malades ; ne craignez pas de faire part de vos hésitations ou de vos doutes : vous trouverez

des eonfrères procédant avec la méthode la plus rigoureuse, ne se prononçant qu'avec la plus grande réserve ; des confrères plus sévères que vous, peut-être, pour admettre que les lois de la nature ont été violées ou dépassées.1

Vous sortirez de ce bureau, sinon convaincu que vous avez vu ou touché le surnaturel — les miracles ne sont pas de tous les instants, et Dieu, pour laisser sans doute un plus grand mérite a notre foi, déchire rarement tous les voiles, — mais vous sortirez convaincu que vous avez rencontré des médecins aux intentions loyales, d'une sincérité égale à la vôtre, observateurs scrupuleux des règles de leur art; des médecins qui n'ont qu'un but : défendre la vérité trop souvent compromise par les entraînements de la foule, ou par les doctrines et les préjugés de l'École.

"<o~-^S'^se*>s-* »<»>■

Page 1