CONCLUSIONS
Dans ses séances des 29 juillet et 31 octobre 1887, la Commission ecclésiastique, ayant examiné de nouveau les faits ci-dessus relatés, et pris connaissance : 1° du remar-
quable rapport de MM. les docteurs Viardin et Forest (1), où sont envisagées, avec la plus entière impartialité et sous tous les aspects, les questions médicales et scientifiques soulevées par l'enquête, à laquelle ils ont bien voulu prendre part assidûment; 2° des lettres ou notes médicales qui lui ont été adressées par deux docteurs de Lourdes, a résumé toute l'affaire en trois questions, sur lesquelles elle a donné son avis motivé, ainsi qu'il suit :
Première question: — la présence de l'aiguille dans la
MAIN DE Mlle DUBOIS PEUT-ELLE ETRE REGARDÉE COMME SUFFI- SAMMENT CONSTATÉE?
La Commission est unanime à répondre affirmativement. Le témoignage de M. le Dr Hervey, qui a constaté, à plusieurs reprises, pendant cinq ou six semaines, soit avec la main, soit avec les pinces, la présence d'un corps métallique à la base du pouce de la main gauche de Mlle Célestine Dubois, ne laisse place à aucun doute, surtout si l'on remarque qu'il est corroboré : 1° par la déclaration de Mme Hériot, qui essaya de retirer l'aiguille au moment même de l'accident, et entre les doigts de laquelle elle se cassa; 2° parle témoignage des diverses personnes qui ont constaté dans la main de Mlle Dubois la présence d'un corps étranger.
Seconde question. — la sortie de l'aiguille dans la piscine
DE LOURDES, TELLE QUE LE RACONTENT Mlles RECOING ET CORNET, PEUT-ELLE ÊTRE REGARDÉE COMME SUFFISAMMENT CONSTATÉE?
Les témoignages concordants de MIles Recoing et Cornet, qui ont vu sortir l'aiguille, qui l'ont tenue entre leurs mains dans le moment même, le grand nombre de personnes qui l'ont vue à Lourdes, la production de cette
(1) Dr Viardin, chirurgien de l'Hôtel-Dieu. — Dr Forest, médecin de l' Hôtel rDiêli.
aiguille entre les mains de la Commission, la disparition presque subite de tous les symptômes qui trahissaient sa présence, ne permettent pas de douter de sa sortie, au jour et au lieu indique's.
On s'est demandé s'il ne serait pas absolument possible que Mlle Dubois, ou toute autre, dans un but de supercherie, eût inséré subrepticement une aiguille sous l'épidémie, soit avant de plonger la main dans la piscine, soit dans la piscine même, et eût fait ensuite adroitement glisser cette aiguille le long du pouce.
Mais l'une et l'autre supposition paraissent inconciliables avec les circonstances constatées par les deux témoins, dont la sincérité est au-dessus de tout soupçon. Car, premièrement, Mlle Recoing, après la première immersion de la main dans la piscine, chercha à voir si elle apercevrait l'aiguille; mais, quoiqu'elle regardât bien au jour et très attentivement, elle ne put rien découvrir; deuxièmement, il ne paraît pas possible que Mlle Dubois, dont une des deux mains était hors de l'eau, ait pu tenir l'aiguille, la manœuvrer, l'insérer si rapidement et si secrètement sous l'épiderme et l'en faire sortir en se servant seulement de l'index et des trois autres doigts de la même main; troisièmement, quant à l'hypothèse d'une main étrangère, qui ne pourrait être que celle de Mlle Recoing, outre qu'aucune des personnes qui la connaissent ne la croient capable de tenter une pareille supercherie, opérée de complicité avec Mlle Dubois, il lui eût été impossible de l'effectuer si lestement en de pareilles conditions et sous le regard attentif de Mlle Cornet, à moins que celle-ci ne fût elle-même complice : ce qu'il serait absurde de supposer.
« L'examen du sillon creusé par l'aiguille nous montre qu'il se termine à cul-de-sac, qu'il n'a pas de porte d'entrée, que pur conséquent le corps étranger n'est pas venu du dehors, qu'enfin il était impossible, en présence de deux témoins désintéressés, de se livrer à une manœuvre aussi
compliquée et aussi rapide que celle du cheminement de cette aiguille.
» Vérifiée à la loupe par quatre médecins, au moment de la guérison, l'aiguille, venue des parties profondes, a suivi un trajet sous-cutané, qui n'a qu'un orifice de sortie et pas de porte d'entrée. La traînée rougeâtre est plus profonde à la base de la phalange et va insensiblement en se rapprochant de l'épiderme, qu'elle traverse au tiers inférieur de la phalangette. En ce point, à la loupe, on voit très bien l'orifice de sortie. Au contraire, à l'origine de cette traînée, au niveau de la phalange, la peau est saine, il n'y a pas de porte d'entrée, et la traînée vient parfaitement des parties profondes. D'où l'on peut conclure que l'aiguille, qui est sortie à l'extrémité du doigt, venait bien des parties profondes et n'a pu être introduite et guidée intentionnellement dans son trajet. Comment concilier cette hypothèse (celle d'après laquelle une main intelligente aurait guidé l'aiguille dans son trajet) avec l'absence d'orifice d'entrée, constatée à la loupe, et la direction de cette cicatrice, qui émerge visiblement des parties profondes? »
Dira-t-on, en désespoir de cause, que l'aiguille aurait pu, à la rigueur, être enfoncée dans le pouce, par Mlle Dubois, puis retirée par un mouvement rétrograde, et ressortir par l'orifice même par où elle était entrée, c'est-à-dire par l'extrémité de la pulpe du pouce?
Mais cette dernière hypothèse est absolument incompatible avec les faits pleinement constatés. Car : 1° d'après les quatre docteurs de Lourdes, le trajet de l'aiguille, parfaitement visible, avait une étendue de six centimètres; double, par conséquent, de la longueur de cette aiguille, réduite de moitié par sa fracture entre les mains de Mme Hériot.
2° Il faudrait que l'aiguille fût entrée par le gros bout, très fortement poussée par Mlle Dubois, qui l'aurait tenue par la pointe, sans se blesser, sans que Mlle Recoing ni Mlle Cornet se fussent aperçues de la supercherie ; et que,
poussée de la sorte, elle eût pénétré dans les chairs profondes de la phalange, sans qu'aucune goutte de sang ai jailli.
3° Mlle Dubois n'a jamais plongé dans le baquet que le main infirme, la main droite restant hors de l'eau; et dan les courts instants où l'aiguille se mit à cheminer, la mail gauche était maintenue dans l'eau par Mlle Recoing.
4° Mlle Recoing ayant retiré de l'eau, une première fois la main infirme, regarda, bien au jour, très attentivement et ne put rien découvrir; l'ayant retirée une seconde fois une minute après, l'aiguille lui apparut, dans presque tout sa longueur, sous l'épiderme de la phalange du pouce; et enfin une demi-minute après, ayant retiré, une troisième fois, 1 main de Mile Dubois, elle vit, tout à l'extrémité du pouce l'aiguille, qui sortait d'environ un centimètre, et la retira san aucun effort.
Nous sommes donc en droit de conclure, avec le Dr d Saint-Maclou, que « les témoignages formels des demoi selles Recoing et Cornet, ne permettent, en aucune façon de supposer une supercherie de la part de Mlle Célestin Dubois, dans la piscine de Lourdes. Pour élever des doute sur la réalité des phénomènes qui se sont accomplis sou les yeux de Mlles Recoing et Cornet, il faudrait admettr chez l'une et l'autre l'existence d'une même hallucination survenant au même moment : on ne le fera pas (1). »
M. le Dr Forest, après avoir pris connaissance de lalettr de Mlle Gornet et des renseignements fournis, en demie lieu, par M. le Dr Boissarie, n'hésite pas non plus à déclarei de son côté, « que toute idée de supercherie, de la par de Mlle Célestine Dubois, relativement à ce qui s'est pass dans la piscine de Lourdes, doit être écartée (2). »
(1) Lettre du Dr de Saint-Maclou, p. 1.
(2) Supplément au rapport des Drs Viardin et Forest, 9 octobre 1887. Signé : Forest.
Troisième question. — si l'aiguille est sortie dans les conditions DÉCRITES PAR Mlle9 RECOING ET CORNET, CETTE SORTIE PEUT-ELLE ÊTRE EXPLIQUÉE D'UNE MANIÈRE NATURELLE ?
La réponse à cette question étant principalement du ressort de la médecine, la Commission a dû s'adresser à MM. les Drs Viardin et Forest.
Les deux docteurs font d'abord remarquer que la sortie d'une aiguille n'a, en soi, rien d'extraordinaire : « Non seulement, disent-ils, la sortie de l'aiguille sous la peau, à quelque profondeur qu'elle ait pénétré, est chose toute naturelle, mais elle est de règle constante; et si, dans le cas présent, il y a quelque chose d'étonnant et d'insolite, ce n'est pas la sortie de l'aiguille, mais le temps considérable qui s'est écoulé entre l'époque de sa pénétration et celle de son élimination (1). »
Mais comment cette aiguille, si solidement fixée pendant sept ans, a-t-elle pu se détacher enfin et cheminer pour sortir du pouce ? Nous sommes ici en présence de deux opinions.
D'une part, MM. les Drs Viardin et Forest pensent que, « pendant le voyage de Lourdes et par le fait de mouvements de la main plus considérables qu'en temps ordinaire, l'aiguille s'est trouvée ébranlée peu à peu et a fini, à Lourdes même, par se dégager de son point d'implantation. C'est alors qu'elle s'est mise à cheminer, comme il arrive dans les cas ordinaires quand rien ne la retient, et qu'elle est sortie à l'extrémité de la pulpe du pouce, au moment même où Mlle Dubois avait la main plongée dans l'eau de la piscine. Ceci, disent les deux docteurs, n'a rien que de très naturel et de très ordinaire (2). »
(1) Rapport médical de MM. Viardin et Forest, p. 6.
(2) Rapport médical des Drs Viardin et Forest, p. 7, 8.
D'autre part, un des quatre médecins qui ont examiné, à Lourdes, à l'époque même de la guérison, la main de Mlle Dubois, le Dr de Saint-Maclou, de l'Université catholique de Louvain,émet un avis tout contraire. «Dans le cas soumis à notre étude, dit-il, l'aiguille ne pouvait cheminer à travers les tissus que sous l'influence des contractions musculaires, la poussant en avant. Or, la route sousépidermique que l'aiguille a suivie, sur la portion de la face palmaire du pouce qui correspond à la phalangette, est trop éloignée de tout muscle pour que cette influence ou action motrice ait été possible. Il y a là, par conséquent, un effet sans cause appartenant à la physiologie humaine. Le phénomène est donc surhumain (1). »
« Il est évident, observe encore le même docteur, que les mouvements exécutés par Mlle Dubois, pendant son voyage de Troyes à Lourdes, n'ont pas créé une situation nouvelle. Depuis sept ans, l'infirme avait sans doute remué bien des fois sa main malade, et cependant l'aiguille y demeurait toujours fixée. Et voilà que, précisément à l'heure où l'on invoque la Très Sainte Vierge, dans le lieu même où tant d'infirmes sont guéris, ce corps se met en marche et apparaît au dehors. N'est-ce pas là une de ces coïncidences que la théologie aussi bien que le bon sens proclame miraculeuses (2). »
La coïncidence est, en effet, fort extraordinaire. Mais les circonstances de la sortie de l'aiguille le sont bien davantage encore : « Il y a, disent MM. les Drs Viardin et Forest, une chose qui nous déroute quelque peu et que nous ne saurions expliquer suffisamment, c'est la rapidité peu naturelle et absolument en dehors de l'ordinaire avec laquelle l'aiguille a effectué le trajet d'environ huit centi-
(1) Lettre du Dp de Saint-Maclou, 7 septembre 1887, p. 1 et 2.
(2) Ibid., p. 2.
mètres, qu'elle a dû parcourir entre la base de l'émineace t-hénar et l'extrémité du pouce (1). »
« Une autre chose, ajoutent-ils, nous semble difficilement explicable, c'est le trajet absolument sous-épidermique suivi par l'aiguille dans toute la longueur de la dernière phalange du pouce. Nous comprendrions que, arrivée sous l'épiderme, au niveau de l'articulation de la première phalange avec la seconde, elle se soit dégagée et ait pu être saisie et extraite; mais ce que nous ne comprenons pas, c'est qu'elle ait continué son chemin sous l'épiderme, qu'elle s'en soit dégagée un peu plus loin, et qu'elle se soit repiquée sous l'épiderme, après un intervalle de presque un centimètre, pour sortir définitivement vers l'extrémité du pouce... Nous renonçons à donner à ce fait une explication naturelle (2). »
La Commission ecclésiastique, prenant en sérieuse considération les documents susvisés, et ne voulant pas trancher la question du miracle, croit néanmoins devoir appeler l'attention de l'autorité compétente sur la rapidité plus qu'extraordinaire avec laquelle l'aiguille est sortie; sur l'étrangeté du trajet qu'elle a suivi pour effectuer sa sortie : deux circonstances très exceptionnelles et très singulières, signalées par les Drs Viardin et Forest (3) ; et enfin, selon la remarque très sage des Drs de Saint-Maclou (4) et Boissarie (5), sur la coïncidence singulière, providentielle,
(1) Rapport médical des Drs Viardin et B'orest, p. 9.
(2) Rapport médical des Drs Viardin et Forest, p. 9 et 10.
(3) Voir ci-dessus.
(4) Voir le passage cité à la page précédente.
(5) « Il n'y a pas une guérison qui ne puisse s'effectuer avec le temps, les soins, l'aide de la nature ; mais supprimer ces trois agents et obtenir une guérison instantanée, ceci n'est pas de notre domaine et ne peut être expliqué d'une manière naturelle. (Note médicale du Dr Boissarie, p. 3.)
pour ne pas dire plus, de cette sortie avec le moment précis où Mlle Dubois, implorant sa guérison, a plongé sa main dans la piscine de Notre-Dame de Lourdes.
Troyes, les 29 juillet et 31 octobre 1887.
Robin, vicaire général; Guéneret, supérieur du Grand Séminaire ; Gh. Nioré, chanoine, secrétaire de l'Évêché.
En résumé :
Le 20 août 1886, un fragment d'aiguille, implanté depuis sept ans dans des tissus fibreux de la main, s'est dégagé brusquement et a parcouru en quelques minutes un trajet bien visible, de 8 centimètres de long.
Les demoiselles Recoing et Cornet ont vu l'aiguille sortir et ont suivi tous ses mouvements de progression.
Quelques instants après, quatre médecins présents à Lourdes ont étudié toutes les conditions anatomiques de ce trajet, ont examiné le fragment d'aiguille, ont recueilli tous les renseignements et tous les témoignages qui pouvaient donner à ce fait son caractère et sa signification exacte.
A Troyes, les médecins de l'Hôtel-Dieu ont été consultés et ont reconnu qu'ils ne pouvaient expliquer, ni la rapidité avec laquelle l'aiguille a suivi sur un si long trajet, ni son trajet épidermique, ni la persistance de la cicatrice.
Enfin, avant de publier le récit de cette guérison, j'ai demande'' de nouveaux renseignements. Après 4 ans, il
était important de savoir: 1° si les garanties morales, présentées par MUe Dubois, ne laissaient place à aucun doute ; 2° si la cicatrice persistait toujours.
Ces jours derniers je recevais de l'Évêché de Troyes, la lettre suivante :
« Mlle Dubois est très bien portante. Toujours en service dans la même maison, elle s'acquitte de toutes ses occupations sans aucune difficulté. Elle n'éprouve plus aucune souffrance. La trace que l'aiguille a laissée sur le pouce, au moment de la sortie, y est toujours. Je l'ai vue, et elle est aussi marquée et aussi profonde que le premier jour. Mlle Dubois ne s'attendait pas à me voir, et elle n'avait pu creuser ce sillon sur son pouce avant de me le montrer. Cette trace, du reste, n'est pas fraîche; elle garde une apparence ancienne, sauf quand Mlle Dubois tient longtemps ses mains à l'eau pour le blanchissage.
Vous me demandez s'il y a lieu de parler d'hystérie. Un des médecins qui, dans la Commission épiscopale dont je faisais partie, ont examiné Mlle Dubois, avait contre elle de très profondes préventions de ce genre. Il nous a raconté diverses histoires à l'appui de son opinion ; mais je dois dire qu'il ne m'a pas persuadé.
Le maître et la maîtresse de Mlle Dubois, qui l'avaient depuis de longues années à leur service et qui avaient en elle toute confiance, ont protesté contre toutes ces accusations. Enfin, Mlle Dubois a paru, dans tous les
interrogatoires qu'elle a subis, aussi simple et naturelle qu'on pouvait le désirer.
D'ailleurs, la présence de l'aiguille avant le voyage de Lourdes, nous a été attestée par un médecin tout à fait incrédule aux miracles. La sortie de l'aiguille, telle qu'elle est racontée, nous a été attestée par Mlle Recoing, personne digne de la confiance la plus absolue, qui tenait la main de Mlle Dubois lors de la guérison, qui a constaté de visu les progrès de la marche de l'aiguille, et qui a elle-même retiré cette aiguille de l'extrémité du pouce. Je ne sais pas comment l'hystérie pourrait intervenir dans cette guérison.
J'ai longtemps hésité à croire au miracle, et dans la Commission, nous avons tout mis en œuvre pour saisir les témoins ou Mlle Dubois en défaut. Nous n'avons rien trouvé. La cicatrice du pouce nous semblait extraordinaire, et l'un des médecins (celui qui parlait d'hystérie), y voyait une fourberie de MUo Dubois. Il a voulu s'en assurer, et devant moi il a enveloppé le doigt à la cicatrice, de telle sorte qu'il fût impossible d'y toucher sans qu'il s'en aperçut. Le doigt était si serré que Mlle Dubois en a beaucoup souffert ; mais, quand huit jours après le médecin a défait soi) bandage, la cicatrice était aussi nette qu'au premier jour.
Veuillez agréer, etc..
Troyêt, le 23 septembre 1890. C. Nioré,
secrétaire de I'Evôché. »
Ainsi donc, pour le fait le plus simple, pour une guérison qui tombe sous les sens, que l'on peut interpréter sans une étude ou des connaissances spéciales, six médecins sont appelés à donner leur avis, quatre médecins à Lourdes et deux médecins de l'Hôtel-Dieu de Troyes.
Une Commission recueille et discute tous les témoignages, analyse les documents qui lui sont fournis et
publie, un an après, un rapport sérieusement motivé sur les caractères de cette guérison.
Sans vouloir trancher la question du miracle, la Commission se contente de relever les circonstances très exceptionnelles et très singulières signalées par les Drs Viardin et Forest.
Nous-mêmes, avant de publier le récit qui précède, nous avons écrit au secrétaire de l'Évêché, pour savoir si depuis cinq ans, rien n'était venu infirmer ou détruire le résultat des premières enquêtes.
Peut-on dire encore qu'il est facile de se faire l'historien et le juge des manifestations surnaturelles ? Non ! Le miracle n'est pas abandonné au jugement, à l'interprétation des foules. Dans le bureau des médecins, on prononce rarement le mot de miracle, on se contente de marquer la limite des forces naturelles. En étudiant ces guérisons extraordinaires qui se produisent autour (*e la Grotte, on réunit des documents utiles à con-
sulter, on poursuit des recherches sérieuses et bien intéressantes. On écrit une histoire qui n'a rien de commun avec la légende des ignorants ou des incrédules. Nulle part ailleurs on ne procède avec plus de prudence, plus de méthode; nulle part ailleurs on ne demande ainsi le concours des hommes spéciaux, des savants et des médecin».