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LOIS BARBARES CONTRE LES ENFANTS

cinq ans jusqu'à seize ans accomplis, seront mis entre les mains de leurs parents catholiques, s'ils en ont, ou, s'ils n'en ont pas, entre les mains de catholiques nommés par les juges, qui régleront leur pension. Si les parents sont trop pauvres pour payer une pension, les enfants seront mis dans les hôpitaux.

Imagine-t-on une loi plus odieuse et plus propre à soulever les religionnaires ? Quel père serait demeuré insensible à une ordonnance qui détruit son autorité, aboht la famille et brise sans pitié les liens les plus sacrés de la nature ? Les dragons eux-mêmes ont inspiré moins d'horreur pour le catholicisme que cet arrêt inique, dont on ne dira jamais le sombre retentissement dans le cœur des pères et des mères. A la vérité Tenquête était restée ouverte pendant plusieurs années ; on ne se dissimulait pas que par ces violences barbares on allait créer une génération d'hypocrites, mais on osait compter sur les générations futures. Les enfants seront croyants si les pères sont hypocrites, disait Madame de Maintenon. C'était l'opinion commune ; ceux qui voient le présent leur échapper se rejettent volontiers sur l'avenir. Ils oublient qu'en vertu d'une loi morale supérieure, l'iniquité a ses contre-coups dans l'avenir, et va frapper d'une conscience à l'autre, comme les vagues de la

mer naissent, grandissent, étendent leur circonférence et atteignent enfin, toujours poussées par le poids qui leur est propre, les bords les plus lointains.

D'innombrables mémoires furent écrits au sujet des enfants des nouveaux convertis. Tous, c'est honleux à dire, ont pour point de départ l'enlèvement des enfants à leurs parents; mais le mode d'exécution doit varier suivant les classes de religionnaires.

Est-il question des enfants des gentilshommes? On les mettra dans des collèges ou des communautés où ils seront instruits, préparés à la communion.

S'agit-il de filles de qualité? Il convient de les enfermer dans des communautés régulières ; celles qui n'ont point de dot seront élevées aux frais des abbayes.

Les enfants des familles qui ont « de beaux commencements, » seront placés auprès des évoques ou dans les séminaires. « Il y a plusieurs petits emplois qu'on pourrait donner à ces jeunes gens, lorsqu'ils seront instruits, afin de les tenir éloignés de leurs parents. »

Les enfants destinés au commerce seront confiés à des marchands catholiques « dans les vaisseaux desquels ils iront en mer. »

Quant aux enfants des laboureurs et autres

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