TR0IS MÉMOIRES
douter que tant qu'on ne s'y prendra pas de bonne façon, il n'y ait toujours une infinité d'âmes perdues par le poison mortel de l'hérésie. »
Réprimer les hérétiques, ce serait un grand bienfait. Le nom du roi y puiserait une gloire bien autrement éclatante que dans « toutes les victoires et toutes les conquêtes que Sa IMajesté peut faire par la force des armes. » Mais comment arriver à ce que l'auteur du Mémoire appelle une « réconciliation ? »
Les peuples, dit-il, méprisent leurs ministres, « parce qu'ils ne sont plus ni si habiles ni si honnêtes qu'ils étaient au commencement. » Il divise les ministres en trois classes :
1"* Ceux qui sont convaincus en leur âme et conscience de la vérité de la foi catholique et sont encore retenus par le respect humain.
2° Ceux qui, n étant pas encore si avancés que les précédents, reconnaissent néanmoins que la Réformation a été faite mal à propos, c'est-à-dire sans nécessité, et que s'il y avait des réformes à introduire dans les dogmes et le culte, il ne fallait pas pour cela se séparer de la communion romaine.
S"" Ceux qui, encore attachés à leurs croyances, demandent à Rome de se relâcher sur quelques points et de faire quelques pas vers eux,
tandis que, de leur côté, ils feraient la moitié du chemin pour aller à elle.
Enfin, l'auteur pense qu'il y a des ministres infestés « des impostures et des calomnies de Calvin, » qui tiendraient toute réconciliation pour un crime. Ceux-là, « on pourrait les faire taire ou les éloigner comme des séditieux, ennemis de la paix et de la concorde. »
L'auteur propose d'ouvrir une conférence ; on aura facilement raison de ces ministres, qui ne demandent qu'à se convertir. Mais auparavant, on en gagnerait quarante ou cinquante, dont on se servirait pour influencer les autres. Au besoin, on leur adjoindrait « les officiers du roi. » Enfin, dit-il en terminant, si des ministres tenaces refusaient d'accepter le dogme catholique en son entier, on emploierait le crédit du roi auprès du saint-père pour obtenir des dispenses, en attendant une abjuration définitive.
L'impression qui reste de la lecture de ce Mémoire, c'est que l'auteur était ou bien ignorant ou bien hardi, quand il avançait que les ministres ne demandaient qu'à revenir dans le giron de l'Eglise catholique. Les moyens qu'il propose étaient d'ailleurs de pures chimères, et il n'en fut tenu nul compte, sauf l'éloignement des ministres.
L'auteur du second ]\[émoire est un homme