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LA RÉFORME DE 1629 A

liéfU, d'être un parti politique. En voyant tomber les murs de Montauban et de la Rochelle (1629), les grands disent adieu à l'espoir de former plus longtemps un Etat dans l'Etat, et que font-ils pour la plupart? Ils se tournent vers la cour, vers qui se tourne la fortune. Richelieu, qui connaissait la puissance de la vanité sur les hommes, ne donne plus qu'aux gentilshommes catholiques les dignités de la cour et de l'armée (1). Les ministres prennent alors la conduite du parti, devenu exclusivement religieux. Une ère nouvelle commence, ère de paix et de travail (1629-1660). Dans les provinces qu'elle habite, la Réforme s'apphque à l'industrie, au commerce, aux arts, à l'agriculture; partout où elle exerce son influence, l'aisance fleurit, les mœurs s'adoucissent, l'instruction et la morahté grandissent. Elle double, elle centuple le nombre des métiers, elle multiplie les filatures et les manufactures à Sedan, à Lyon, dans le midi et dans l'ouest; c'est elle qui fabrique presque tous les velours, les soies et les tissus du royaume; elle, qui entretient le commerce français avec les étrangers. Les intendants de Louis XIV attestent que les réformés inspiraient plus de confiance que les

(1) «C'était détacher de leur croyance ceux dont la foi serait moins vive que leur ambition.» (Rulhières, Eclaircissements historiques, p. 15.)

autres dans les transactions. Ils se distinguent aussi dans les lettres et les arts libéraux; ils occupent une place respectée au barreau. Foucault attestera en 1684 que les deux tiers des avocats de Pau sont protestants.

Ce peuple industrieux, revenu des espérances de son rôle politique, occupé exclusivement de ses affaires, et ne demandant qu'à vivre en paix, à Tombre des lois, est-il capable de porter ombrage à la royauté? Non, cent fois non. Pour lui, la fidélité au roi est non-seulement un devoir, mais une condition de bien-être et de prospérité. Colbert le savait bien, lui, son protecteur, hélas! impuissant.

Mais, avant Colbert, que de témoignages rendus aux protestants! Marie de Médicis, Louis XIII, Mazarin, Anne d'Autriche et Louis XIV luimême reconnaissent en eux des citoyens dévoués et utiles au bien de l'Etat; ils protestent qu'ils maintiendront l'édit de Nantes, perpétuel et irrévocable, dans son intégrité. « Je ne me plains pas du petit troupeau, disait Mazarin; s'il broute de mauvaises herbes, du moins il ne s'écarte pas. » Au n^ilieu des périls de la Fronde, les protestants étaient demeurés paisibles ; ils en furent solen nellement remerciés. A sa majorité, Louis XIV s'empresse de confirmer l'édit de Nantes. En 1666, quand l'électeur de Brandebourg écrit au

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