TEMPLES ABATTUS
part d'entre eux avaient été jusqu'à cette heure sur le sujet de la religion... (1). »
Il y a encore des temples debout; Bâville s'applique à les faire tomber. Les années 1683 et i684 voient successivement la ruine de ceux de Cherveux, de Mouchamps, la plus importante des Eglises du bas Poitou, et de Niort. Au commencement de 1685, les rigueurs prennent une intensité nouvelle. Bâville cherche un prétexte pour lever le marteau contre les temples de Melle et de Saint-Maixent. Voici une lettre de Louvois qui laisse deviner le sens d'un rapport écrit par l'intendant , en date du 22 mars 168o:
a J'ai lu au roi la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 13 de ce mois. Sa Majesté trouve bon que vous travailliez incessamment à faire le procès aux temples de Saint-Maixant et de Mesle, et elle apprendra avec beaucoup de plaisir qu'il se soit trouvé de quoi les condamner. Sa ^lajesté vous recommande aussi de continuer à vous appliquer à diminuer le nombre (les familles religionnaires qui demeurent à Mougon, afin que, n'ayant plus le nombre des familles de ladite religion prescrite par les arrêts du conseil, F exercice y puisse cesser.
« Le roi a fort approuvé l'expédient que vous
(1) Papiers Ridhières.
proposez pour quelques familles des gentilshommes du bas Poitou à se convertir. Je vous adresserai incessamment l'arrêt nécessaire pour vous ordonner de vérifier les abus qu'il y a eu dans la dernière recherche qui a été faite de la noblesse, lequel sera général et ne fera point mention de distinction de religion, duquel néanmoins l'intention de Sa Majesté est que vous ne vous serviez qu'à l'égard de ceux de la R. P. R., ne jugeant pas à propos que vous fassiez aucune recherche contre les gentilshommes catholiques (1). »
Les troupes parcourent de nouveau la province ; à leur apparition, les conversions se multiplient. Louvois n'en peut croire les. récits de Bâville et de ses lieutenants :
« J'ai, dit-il, des lettres de Niort, qui disent qu'à l'arrivée d'une troupe qui y a passé, il y a peu de semaines, il s'est converti cent quatrevingts huguenots. Comme vous ne m'en avez point averti, j'ai de la peine à croire que cela puisse être ; mais je ne puis m'empêcher de vous supplier de me tenir exactement informé de tout ce qui se passera dans votre département. »
Louvois a peine à croire que cent cinquante personnes se soient converties d'un seul coup : n'en avait-il pas encore pris l'habitude ? Marillac
(1) D. G., mai-ô l(iS5.